Décembre. Il se trouva que l’exécution d’al-Basâsîrî eut lieu le mardi dix-huit décembre, exactement une année solaire plus tard ; l’événement se situa durant Dhû al-Hijja de cette même année.
Al-Ḥasan ibn Abî al-Faḍl (1), Abû ʿAlî al-Sharmaqânî, pédagogue, récitateur, ḥâfiẓ du Coran et spécialiste des différentes lectures.
Il vivait dans la gêne. Un jour, son maître Ibn al-ʿAllâf le surprit en train de ramasser des feuilles de laitue dans le Tigre pour les manger. Il informa alors Ibn al-Muslima de sa situation. Celui-ci ordonna à un de ses serviteurs de se rendre au réduit attenant à sa mosquée, d’en faire fabriquer une clef distincte, puis d’y déposer chaque jour trois ratls de pain de semoule, un poulet et une douceur au sucre. Abû ʿAlî al-Sharmaqânî pensa qu’il s’agissait d’une karâma qu’Allah lui avait accordée et que cette nourriture provenait du Paradis ; il garda donc le secret quelque temps.
Il récitait souvent :
« Quiconque, mis dans la confidence, la révèle,
Ne sera plus jamais digne d’un secret tant qu’il vivra.
[Écarté, il ne goûtera point leur proximité ;
Remplacé, une ancienne intimité devient froideur.] »
Un certain jour, Ibn al-ʿAllâf revint sur la question et lui dit, entre autres : « Je te vois engraissé ; comment se fait-il, alors que tu es un homme pauvre ? » Al-Sharmaqânî se mit à parler par allusions, sans rien dévoiler clairement. Comme son maître insista, il finit par avouer qu’il trouvait chaque jour dans son réduit de quoi se nourrir, nourriture paradisiaque, signe d’une karâma divine. Ibn al-ʿAllâf lui répondit : « Invoque Allah en faveur d’Ibn al-Muslima ; c’est lui qui agit ainsi à ton égard. » Il lui expliqua la réalité de la situation ; al-Sharmaqânî en fut peiné et cela ne lui plut guère.
ʿAlî ibn Maḥmûd ibn Ibrâhîm (2) ibn Mâḥurra (3), Abû al-Ḥasan al-Rawzanî.
Shaykh des soufis, à qui est attribué le ribâṭ al-Rawzanî, initialement construit pour son maître Abû al-Ḥasan al-Ḥuṣrî. Il eut également pour compagnon Abû ʿAbd ar-Raḥmân as-Sulamî.
Il déclarait : « J’ai côtoyé mille shaykhs et je conserve de chacun une anecdote. » Il mourut au mois de Ramaḍân, âgé de quatre-vingt-cinq ans.
Muḥammad ibn ʿAlî ibn al-Fatḥ ibn Muḥammad ibn ʿAlî (4), Abû Ṭâlib al-Ḥarbî, connu sous le nom de al-ʿUshârî ; on le surnomma ainsi en raison de la haute stature de son grand-père (5).