Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Avec lui se trouvaient les enfants d’al-Basâsîrî et leur mère ; les Bédouins les avaient complètement dépouillés, ne leur laissant absolument rien. Ils parvinrent donc à al-Baṭîḥa, ruinés et accablés de tristesse. Par la suite, Ibn Mazîd obtint du Sultan un sauf-conduit et entra avec lui à Bagdad. Les troupes sultaniennes avaient pillé tout ce qui se trouvait entre Wâsit, Baṣra et Ahwâz, tant l’armée était nombreuse, largement déployée et compacte.

Quant au Calife, lorsqu’il regagna la Dâr al-Khilâfa, il fit vœu devant Allah de ne plus dormir sur un lit confortable, de ne laisser personne lui apporter sa nourriture lorsqu’il jeûnait, et de ne se faire servir par personne pour ses ablutions mineures ou majeures ; il assuma tout cela personnellement. Il prit aussi l’engagement, devant Allah, de ne pas nuire à ceux qui l’avaient offensé et de pardonner à quiconque l’avait lésé. Il disait : « Je n’ai jamais châtié celui qui a désobéi à Allah à mon encontre par une chose plus grande que d’obéir à Allah à son égard. »

Au cours de la même année, le pouvoir sur le Khurâsân fut confié à l’émir Alp Arslân ibn Dâwud Jaghri Beg ibn Mikâʾîl ibn Saljûq(1), après le décès de son père, sur décision de son oncle, le roi Ṭughrulbeg. Il avait trois frères : Sulaymân, Qârûn et Yâqût(2). Ṭughrulbeg épousa la mère de ce Sulaymân et recommanda que le royaume revienne à ce dernier après lui.

Cette année-là, à La Mecque, les denrées atteignirent un bas prix sans précédent : on vendait deux cents ratls de blé ou de dattes pour un seul dinar. Aucun habitant d’Irak n’accomplit le ḥajj cette année-là.

Parmi les notables et personnalités éminentes décédés durant l’année :

Arslân Abû al-Hârith al-Basâsîrî, le Turc(3). Il fut d’abord un mamlûk de Bahâʾ al-Dawla ibn ʿAḍud al-Dawla ; au début, il appartenait à un habitant de la ville de Basâ, d’où son surnom al-Basâsîrî et son laqab « al-Muẓaffar » — « le Victorieux ». Il devint ensuite un grand commandant auprès du Calife al-Qâʾim bi-Amr Allâh, qui ne tranchait aucune affaire sans lui, et la khuṭba fut prononcée en son nom sur tous les pulpits d’Irak. Puis il se montra tyrannique, rebelle et hautain ; il se souleva contre le Calife, et même contre les musulmans, appelant à la souveraineté des Fâṭimides. Il obtint alors ce qu’il recherchait de cet espoir corrupteur, avant d’être peu à peu attiré vers sa perte(4). Son terme arriva cette année-là, ainsi que nous l’avons relaté — louange à Allah. Son entrée, avec sa famille, à Bagdad eut lieu le six de Dhû al-Qaʿda 450 H ; leur départ advint le six de Dhû al-Qaʿda 451 H, soit exactement un an lunaire plus tard. Le départ du Calife de Bagdad eut ensuite lieu le mardi dix-huit

(1) Dans l'édition imprimée : Harran. Erreur. (2) Dans l'édition imprimée : Qarūt et Yāqūtī. (3) Al-Muntaẓam (8/212), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (9/555) et les suivants, Wafayāt al-A‘yān (1/192), Siyar A‘lām al-Nubalā’ (18/132), Al-Wāfī bil-Wafayāt (8/340), Shadhārāt al-Dhahab (3/387). Al-Dhahabī a dit : « Al-Basāsirī : ce nom vient d’un marchand qui l’a vendu parmi les gens de Fasā. La correction est Faswī, et ce nom a été formé de façon irregulière, comme c’est l’usage chez les non-Arabes. » (4) De son dire : « Mais aussi pour les musulmans... » jusqu’ici est omis dans l’édition imprimée.
معه أولاد البساسيري وأُمُّهم، وقد سلبتهم الأعراب، فلم يتركوا لهم شيئًا؛ فوردوا البطيحة مسلوبين محزونين، ثمّ استُؤمن لابن مَزْيَد من السلطان، ودخل معه بغداد، وقد نهبت العساكر السلطانية ما بين واسط والبصرة والأهواز، وذلك لكثرة الجيش، وانتشاره وكثافته. وأمّا الخليفة فإنّه لما عاد إلى دار الخلافة جعل للَّه عليه عهدًا أن لا ينام على وطأ، ولا يأتيه أحد بطعامه إذا كان صائمًا، ولا يخدمه في وضوئه وغسله [أحد] ، بل يتولّى ذلك بنفسه لنفسه، وعاهد اللَّه أن لا يؤذي أحدًا ممن آذاه، وأن يصفح عمن ظلمه، وكان يقول: ما عاقبت من عصى اللَّه فيك بأكثر من أن تطيع اللَّه فيه. وفيها: ولي الملك ألب أرْسَلان بن داود جَغْريبَك بن ميكائيل بن سُلجوق بلاد خراسان (١) بعد وفاة أبيه بتقرير عمه الملك طُغْرُلْبَك، وكان له من الإخوة ثلاثة: سليمان، وقارون، وياقوت (٢) ، فتزوّج طُغْرُلْبَك بام سليمان هذا، وأوصى له بالملك من بعده. وكان في هذه السنّة بمكة رخص لم يسمع بمثله، إذ بيع البرّ والتمر كلّ مئتي رطل بدينار. ولم يحجّ أحد من أهل العراق في هذه السنة. [وممن توفي فيها من الأعيان والمشاهير] أرْسلان، أبو الحارث البَسَاسِيريّ التركي (٣) كان من مماليك بهاء الدولة بن عَضُدِ الدولة، وكان أولًا مملوكًا لرجل من أهل مدينة بسا فنسب إليه، فقيل له البساسيري ويلقب بالمظفَّر، ثمّ كان مقدّمًا كبيرًا عند الخليفة القائم بأمر اللَّه، لا يقطع أمرًا دونه، وخطب له على منابر العراق كلّها، ثمّ طغى وبغى وتمرّد وعتا، وخرج على الخليفة بل وعلى المسلمين، ودعا إلى خلافة الفاطميين، فتمّ له ما رامه من الأمل الفاسد، واستدرج (٤) ، ثمَّ كان أجله في هذه السنة، على ما ذكرنا، وللَّه الحمد. كان دخوله بأهله إلى بغداد في سادس ذي القعدة من سنة خمسين وأربعمئة، ثمّ اتفق خروجهم منها في سادس ذي القعدة من سنة إحدى وخمسين بعد سنة هلالية كاملة. ثمّ كان خروج الخليفة من بغداد في يوم الثلاثاء الثامن عشر من
(١) في (ط): حران. خطأ. (٢) في (ط): قاروت وياقوتي. (٣) المنتظم (٨/ ٢١٢)، الكامل في التاريخ (٩/ ٥٥٥) وما بعدها، وفيات الأعيان (١/ ١٩٢)، سير أعلام النبلاء (١٨/ ١٣٢)، الوافي بالوفيات (٨/ ٣٤٠)، شذرات الذهب (٣/ ٣٨٧). قال الذهبي: البساسيري: نسبة إلى تاجر باعه من أهل فَسَا، والصواب: فسوي، فقيلت على غير قياس كعادة العجم. (٤) من قوله: بل وعلى المسلمين. . إلى هنا ساقط من (ط).

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