Après l’avoir traîné dans la honte, il le fit ensuite crucifier, suspendu par les commissures de la bouche, comme nous l’avons déjà rapporté. [Il était alors âgé de cinquante-deux ans et cinq mois] (1).
ʿAbd Allâh b. Aḥmad b. Shiṭṭâ (2), dépositaire (musnid) du ḥadîth.
Il jouissait d’une parfaite fiabilité, était pénétrant dans la langue arabe, les différentes modalités de récitation et les écoles des lecteurs. Il atteignit l’âge de quatre-vingts ans. Il composa un ouvrage de tajwîd. Qu’Allâh, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
Manṣûr b. al-Ḥusayn Abû al-Fawâris al-Asadî (3), seigneur de la Jazîra.
Il mourut au cours de cette même année, et la tribu se réunit pour installer son fils Ṣadaqa à sa suite. Allâh sait mieux ce qu’il en est.
[Puis arriva l’an quatre-cent-cinquante-et-un.]
L’année s’ouvrit alors que Bagdad était entre les mains d’al-Basâsîrî, qui y faisait prononcer la khuṭba au nom d’al-Mustanṣir le Fâṭimide [souverain d’Égypte], tandis qu’al-Qâʾim [le calife abbasside] se trouvait à Ḥadîtha ʿÂna.
Le lundi douze Ṣafar, al-Basâsîrî convoqua le qâḍî al-quḍât Abû ʿAbd Allâh ad-Dâmghânî ainsi qu’un groupe de notables ʿalides et abbassides, et il leur fit prêter serment d’allégeance à al-Mustanṣir le Fâṭimide [souverain d’Égypte].
Il pénétra ensuite dans la Dâr al-Khilâfa accompagné de ces personnages et ordonna de démonter la couronne qui surmontait le palais ; quelques créneaux furent ainsi abattus, puis on lui dit : « La laideur d’un tel acte l’emporte sur son utilité » ; il y renonça donc. Il se rendit ensuite visiter le mausolée de Kūfa (4) et résolut de creuser un canal qui amènerait l’eau jusqu’au Ḥâʾir (5), afin d’acquitter un vœu qu’il avait contracté.
Il ordonna que la dépouille d’Ibn al-Muslima fût transportée à proximité du ḥarîm ṭâhiride et dressée sur la rive du Tigre.
La mère du calife – une vieille femme de soixante-dix ans (6) – se tenait cachée en quelque lieu ; elle écrivit à al-Basâsîrî pour se plaindre de son indigence, de sa pauvreté et de l’étroitesse de sa situation. Il la fit alors venir, la transféra dans le ḥarîm, mit à son service deux esclaves et lui assigna chaque jour douze râtls de pain et quatre râtls de viande ; et cela ne représente pas même un qîrâṭ de ce qu’il fit subir à son fils et aux gens de la Sunna.