« Gens qui, lorsqu’ils mettent leur linge à laver, /
Revêtent leurs maisons jusqu’à ce que le laveur ait terminé » (1)
Il avait alors atteint l’âge de cent-deux ans, tout en conservant la plénitude de son intellect, de sa compréhension et de ses membres ; il continua à délivrer des fatwâ et à se consacrer aux sciences jusqu’à ce qu’il mourût au cours de cette même année – qu’Allah Très-Haut lui fasse miséricorde.
[Un jour, il monta sur un bateau ; à sa descente, il fit un bond qu’aucun jeune homme n’aurait pu accomplir. On lui demanda : « Qu’est-ce donc, ô Abû al-Ṭayyib ? » Il répondit : « Ce sont des membres que nous avons préservés dans notre jeunesse ; ils nous sont profitables dans la vieillesse. »]
(2) Le qâḍî al-Mâwardî, auteur du « al-Ḥâwî al-Kabîr » : ʿAlî b. Muḥammad b. Ḥabîb, Abû al-Ḥasan al-Mâwardî al-Baṣrî, shaykh des shâfiʿites, prolifique auteur en uṣûl, furûʿ, tafsîr, aḥkâm sulṭâniyya et « Adab ad-dîn wa-d-dunyâ ». Il disait : « J’ai déployé le fiqh en quatre mille feuillets » – il s’agit du « al-Ḥâwî al-Kabîr » – « et je l’ai résumé en quarante feuillets » – c’est « al-Iqnâʿ ». Il exerça la magistrature dans de nombreux pays ; patient, vénérable et lettré, ses compagnons n’aperçurent jamais son avant-bras, tant sa réserve et son décorum étaient grands. J’ai exposé sa biographie en détail dans les « Ṭabaqât ». Il mourut cette année, à l’âge de quatre-vingt-six ans, et fut inhumé à Bâb Ḥarb.
Ibn Khallikân a cité de ses vers, entre autres :
A1 : Le calame du destin a tracé ce qui doit venir ;
A2 : Remuer ou demeurer n’y saurait rien servir.
B1 : Folie que de courir après sa subsistance ;
B2 : Le fœtus, dans son voile, en reçoit la délivrance. (3)
(4) Raʾīs ar-Ruʾasâʾ Abû al-Qâsim b. al-Muslima : ʿAlî b. al-Ḥasan b. Aḥmad b. Muḥammad b. ʿUmar, Abû al-Qâsim, ministre du calife al-Qâʾim bi-Amrillâh. Il avait d’abord entendu le ḥadîth auprès d’Abû Aḥmad al-Faradî et d’autres, fut ensuite l’un des experts-certificateurs, puis al-Qâʾim le nomma secrétaire, avant de l’élever au vizirat et de le gratifier du titre de « Raʾīs ar-Ruʾasâʾ, honneur des vizirs, parure de la création ». Il était versé dans diverses sciences, doué d’un jugement sûr et d’une intelligence abondante ; il demeura douze ans et un mois à la tête du vizirat, jusqu’à ce que le Basâsîrî le fît périr.