Il était le shaykh de la mosquée al-Ḥarbī et suivait l’école juridique shaféite ; il fut tué à Bagdad lors de la sédition d’al-Basâsîrî et fut enseveli le vendredi, jour de ʿArafah, de cette même année — qu’Allah lui fasse miséricorde.
Dâwûd, le frère aîné de Ṭughrul-Beg (1), résidait à Balkh, face aux fils de Maḥmûd ibn Subuktegîn. Il mourut cette année, et ses fils lui succédèrent dans le pouvoir.
Tâhir ibn ʿAbd Allâh ibn Tâhir ibn ʿUmar, Abû al-Ṭayyib al-Ṭabarî (2), le juriste, doyen des shaféites,
naquit à Âmul, au Ṭabaristân, en 348. Il entendit le ḥadîth à Jurjân auprès d’Abû Aḥmad al-Ghitrîfî, puis à Nîshâbûr auprès d’Abû al-Ḥasan al-Mâsarjisy, sous la direction duquel il étudia le fiqh. Il reçut également l’enseignement d’Abû ʿAlî al-Zajjâjî et d’Abû al-Qâsim ibn Kajj; par la suite, il se rendit à Bagdad, où il poursuivit ses études auprès du shaykh Abû Ḥâmid al-Isfarâʾînî. Il commenta le « Mukhtaṣar » et les « Furûʿ » d’Ibn al-Ḥaddâd, rédigea des ouvrages d’uṣûl, de dialectique et d’autres sciences nombreuses et profitables; il transmit à Bagdad les ḥadîths d’al-Dâraqutnî et d’autres. Après la mort d’Abû ʿAbd Allâh al-Ṣaymarî, il fut nommé qâḍî du quart d’al-Karkh. Homme fiable et pieux, il maîtrisait à la perfection les fondements et les ramifications du fiqh; il laissa des œuvres remarquables en ces domaines, [d’un excellent caractère], au cœur pur, assidu à l’enseignement du savoir nuit et jour. J’ai exposé sa biographie dans les « Ṭabaqât » (3) de façon suffisante.
Le shaykh Abû Isḥâq ash-Shîrâzî (4) — son propre maître, qui l’installa ensuite à sa place dans le cercle d’enseignement — rapporta à son sujet que [Abû al-Ṭayyib] avait confié l’une de ses sandales — [lui qui menait une vie frugale et pauvre] — à un savetier pour la réparer, mais celui-ci tarda. Chaque fois qu’il passait devant l’atelier, le savetier plongeait la sandale dans l’eau en disant : « Ô shaykh ! Tout de suite, tout de suite, je la répare. » Le shaykh lui répondit : « Je te l’ai donnée pour que tu la répares, non pour que tu lui apprennes à nager. »
Ibn Khallikân (5) rapporte encore qu’il ne possédait, avec son frère, qu’un seul turban et une seule tunique ; lorsque l’un les portait, l’autre restait à la maison, et, lorsqu’ils les lavaient, ils demeuraient chez eux jusqu’à ce qu’ils sèchent. À ce sujet, le qâḍî Abû al-Ṭayyib a dit :