Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

ainsi que l’argent, les vêtements, le mobilier, les montures et tout ce qu’il serait impossible de dénombrer ou de décrire.

Puis al-Basâsîrî et Quraysh ibn Badrân tombèrent d’accord pour faire sortir le calife de Bagdad et le livrer à l’émir de Ḥadîthat ʿÂnah (1), Muhârish ibn Mujallî al-Badawî, parent de Quraysh ibn Badrân. Cet homme était pieux, doué de religion et de noblesse d’âme. Lorsque la nouvelle en parvint au calife, il supplia Quraysh de ne pas le faire quitter Bagdad, mais rien n’y fit : on le conduisit, lui et les siens, dans un howdaj jusqu’à Ḥadîthat ʿÂnah, où il demeura auprès de l’émir Muhârish une année entière, séparé de toute sa famille.

On rapporte du calife al-Qâʾim bi-Amrillâh qu’il déclara :
« Alors que je me trouvais à Ḥadîthat ʿÂnah, je me levai une nuit pour la prière et je ressentis dans mon cœur la douceur de la confidence intime. J’invoquai ensuite Allah – selon ce qu’Il m’inspira – puis je dis :

Ô Allah, ramène-moi dans ma patrie, réunis-moi à ma famille et à mes enfants, facilite nos retrouvailles ; fais refleurir le jardin de la convivialité, repeuple la demeure de la proximité, car la consolation s’est faite rare et l’exil est devenu pénible.

Je fus alors témoin d’une voix, sur la rive de l’Euphrate, disant : “Oui, oui.”
Je pensai : “C’est un homme qui parle à un autre”, puis je repris ma supplique et mes implorations. J’entendis de nouveau ce même crieur proclamer : “Dans l’année, dans l’année.” Je compris qu’il s’agissait d’un être invisible qu’Allah faisait parler pour annoncer ce qui devait arriver ; et tel fut bien le destin : je sortis du Palais califal en Dhû al-Qaʿdah de cette année-là et j’y retournai en Dhû al-Qaʿdah de l’année suivante.

Durant son séjour à Ḥadîthah, le calife composa des vers où il décrivit son état ; il dit notamment :

Mes espoirs ont failli ceux où reposait mon cœur, (A)
Et nul souvenir des miens ne quitte encor mon cœur. (A)
Tous ont tiré leçon des revers du temps trompeur, (B)
Pourtant je ne vois personne incliner vers son frère, en douceur. (B)

Il dit encore :

Des jours qui me restent, un seul rendez-vous fait ma loi ; (A)
Quand verrai-je l’heure promise où s’accomplira ma joie ? (A)
Chaque jour s’écoule, et sitôt qu’il s’achève je crois (B)
Pouvoir bercer mon âme en remettant l’espoir à demain, chaque fois. (B)

Quant à al-Basâsîrî et à ce qu’il entreprit à Bagdad, il sortit le Jour du Sacrifice, vêtit de blanc les imams du khuṭbah et les muezzins – lui-même et ses partisans portaient aussi le blanc – et l’on dressa au-dessus de sa tête les étendards al-Mustanṣiriyyah ainsi que les enseignes égyptiennes. Il fit prononcer la khuṭbah au nom d’al-Mustanṣir le Fâṭimide, souverain d’Égypte. Les Râfidites exultaient, et l’adhân fut proclamé dans tout l’Irak avec la formule ḥayya ʿalâ khayri l-ʿamal. Al-Basâsîrî se vengea cruellement de nombreux notables de Bagdad : il fit noyer quantité de ceux qui lui étaient hostiles, tandis qu’il accorda soldes et largesses à d’autres – ses amis et partisans – et il afficha une justice apparente.

(1) Ḥadîthat ʿÂnah : localité sur l’Euphrate, en amont d’al-Anbâr.

(1) Une ville située dans la haute vallée de l'Euphrate, peuplée jusqu'à aujourd'hui. (2) Dans (ṭ) : « Elle est devenue mauvaise ». (3) Dans al-Muntaẓam (8/196) : « Yakhb ». (4) Dans (ṭ) : « Laide ».
والفضة] والثياب والأثاث [والدواب] وغير ذلك مما لا يحدّ ولا يوصف. ثمّ اتفق رأي البساسيري وقريش بن بدران على تسيير الخليفة من بغداد وتسليمه إلى أمير حديثة عانة (١) ، وهو مُهارش بن مجلّي البدوي، وهو من بني عم قريش بن بدران. وكان رجلًا صالحًا [فيه دين ومروءة] ، فلمّا بلغ ذلك الخليفة دخل على قريش أن لا يخرج من بغداد، فلم يفد ذلك شيئًا، وسيَّروه مع أصحابهما في هودج إلى حديثة عانة، فكان عند مهارش أميرها حولًا كاملًا وليس معه أحد من أهله. فحكي عن الخليفة القائم بأمر اللَّه أنّه قال: لما كنت بحديثة عانة قمت ليلة إلى الصلاة فوجدت في قلبي حلاوة المناجاة، ثمّ دعوت اللَّه تعالى، بما سنح لي، ثمّ قلت: اللهمّ أعدني إلى وطني، واجمع بيني وبين أهلي وولدي، ويسّر اجتماعنا، وأعدْ رَوض الأنس زاهرًا، وربع القرب عامرًا، فقد قلّ العزاء، وبرح الخفاء. قال: فسمعت قائلًا على شاطئ الفرات يقول: نعم، نعم. فقلت: هذا رجل يخاطب آخر، ثمّ أخذت في السؤال والابتهال، فسمعت ذلك الصائح يقول: إلى الحول، إلى الحول. فعلمت أنَّه هاتف أنطقه اللَّه بما جرى الأمر عليه، وكان كذلك. خرج من دار الخلافة في ذي القعدة من هذه السنة ورجع إليها في ذي القعدة من السنة المقبلة. وقد قال الخليفة في مقامه بالحديثة شعرًا يذكر فيه حاله، فمنه قوله: خَابت (٢) ظنُوني فيمنْ كنتُ آملُهُ … ولم يجلُ (٣) ذِكرُ من واليتُ في خَلَدِي تَعلّموا من صروفِ الدهرِ كلّهمُ … فما أرى أحدًا يحنو على أحد ومن ذلك أيضًا قوله: ما لي مِنَ الأيامِ إلا موعدٌ … فمتى أرى ظَفَرًا بذاكَ الموعدِ يومي يمرُّ وكلَّما قضَّيته … علّلت نفسي بالحديثِ إلى غدِ أحيا (٤) بنفسٍ تستريحُ إلى المُنى … وعلى مطامِعِها تروحُ وتغتَدِي وأمّا البساسيري، وما اعتمده في بغداد؛ فإنَّه ركب يوم الأضحى، وألبس الخطباء والمؤذِّنين البياض، وعليه هو وأصحابه كذلك، وعلى رأسه الألوية المستنصرية والمطارد المصريّة، وخطب للمستنصر الفاطمي صاحب مصر. والروافض في غاية السرور، والأذان في سائر بلاد العراق بحيّ على خير العمل، وانتقم البساسيري من أعيان أهل بغداد انتقامًا عظيمًا، وغرّق خلقًا ممن كان يعاديه، وبسط على آخرين الأرزاق والعطايا [ممن كان يحبّه ويواليه] وأظهر العدل.
(١) مدينة في أعلى حديثة على الفرات، عامرة إلى اليوم. (٢) في (ط): ساءت. (٣) في المنتظم (٨/ ١٩٦): يخب. (٤) في (ط): أقبح.

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