Le maître Abû ʿUthmân as-Ṣâbûnî (1),
Ismâʿîl ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn Aḥmad ibn Ismâʿîl ibn ʿÂmir ibn ʿÂbid (2),
originaire de Neyshâbûr, fut un ḥâfiẓ, prédicateur et exégète.
Il arriva à Damas alors qu’il se rendait au Ḥajj ; il y transmit le ḥadîth et exhorta les gens.
Ibn ʿAsâkir lui a consacré une longue – et remarquable – biographie, où il a cité de belles paroles et quelques-uns de ses vers. Parmi ceux-ci :
Si je ne quémande ni vos biens ni vos largesses,
Et n’escompte de vous ni faveur ni tendresses,
Et si vous servez, tout comme moi, le Souverain Créateur,
Pour quel motif ferais-je peiner ce corps libre et vainqueur ?
Ibn ʿAsâkir (3) rapporte encore qu’Imâm al-Ḥaramayn dit : « Tandis que je me trouvais à La Mecque, hésitant entre les écoles juridiques, je vis le Prophète ﷺ, qui me dit :
“Tiens-toi à Abû ʿUthmân as-Ṣâbûnî.” »
Puis entra l’an 450 de l’Hégire.
Cette année-là éclata la sédition du scélérat al-Basâsîrî, Arslan le Turc – qu’Allah l’avilisse. En voici le déroulement :
Ibrâhîm Yanâl, frère du sultan Ṭughrul-Beg, avait quitté Mossoul – ville que son frère lui avait confiée – pour se diriger vers le Jabal. Ṭughrul le rappela, lui offrit une robe d’honneur et rétablit la concorde. Profitant de cet intervalle, al-Basâsîrî, accompagné de Quraysh ibn Badrân, émir des Arabes, entra à Mossoul, s’en empara et ruina sa citadelle.
Le sultan Ṭughrul-Beg accourut alors de Bagdad à Mossoul, la reprit, et al-Basâsîrî ainsi que Quraysh s’enfuirent devant lui. Il les poursuivit jusqu’à Nisibe ; là, son frère Ibrâhîm se détacha de lui, se révolta et gagna Hamadhân – sur l’instigation même d’al-Basâsîrî. Le sultan se lança à la poursuite de son frère, laissant derrière lui des contingents qui se dispersèrent, si bien que peu le rejoignirent. Son épouse, la khâtûn, et son vizir al-Kundurî regagnèrent Bagdad.
Bientôt parvint la nouvelle qu’Ibrâhîm avait pris le dessus et que Ṭughrul-Beg se trouvait assiégé à Hamadhân. Les esprits s’en émurent ; Bagdad fut en proie au trouble et l’on colporta qu’al-Basâsîrî marchait sur la ville et n’était plus qu’aux environs d’al-Anbâr.
Le vizir al-Kundurî résolut alors de demeurer à Bagdad. La khâtûn voulut le faire arrêter ; il se réfugia sur la rive occidentale, sa demeure fut mise à sac et l’on coupa le pont reliant les deux berges. La khâtûn monta à cheval, escortée de la plus grande partie de l’armée, et se rendit à Hamadhân pour secourir son époux. De son côté, al-Kundurî, accompagné d’Anūshīrwân ibn Tūmān, de sa mère – la khâtûn susmentionnée – et du reste des troupes, se dirigea vers les régions de