Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Reprenez vos esprits, reprenez vos esprits, ô égarés ;
vos religions ne sont qu’un stratagème ourdi par les Anciens. (1)

Parmi ses paroles, il déclara également :

La versatilité du temps, qui sépare deux intimes ;
juger, ô mon Dieu, entre cela et moi.

Tu m’as interdit (2) de faire périr les âmes sciemment,
mais Toi, Tu as envoyé pour les saisir (3) deux Anges.

Tu prétends encore qu’elles connaîtront un second retour ;
comme elles se seraient bien passées de l’un et l’autre états.

Il dit encore :

Nous avons ri, et notre rire fut pure folie ;
il convient aux habitants de la terre de pleurer.

Les jours nous brisent au point que nous devenons
pareils à du verre qu’on ne refond (4) jamais.

Il ajouta également :

Des affaires dont se moquent des esprits avisés ;
et nul jeune homme ne sait pour qui sonnera la ruine.

Le Livre de Muḥammad, le Livre de Moïse,
l’Évangile du fils de Marie et les Psaumes.

Il déclara encore :

« Certains ont dit : “Votre Dieu n’a pas envoyé
à la création ni votre ʿĪsâ ni Moïse.

Ils ont simplement fait du Tout-Miséricordieux une pitance
et ont réduit Sa religion, parmi les hommes, à une pure ruse.” »

Ibn al-Jawzī et d’autres ont rapporté, parmi ses poèmes, bien d’autres passages ; chacune de ces pièces atteste son impiété, sa dissolution, son irréligion et son égarement. On raconte encore qu’il recommanda qu’on inscrivît sur sa tombe :

« Tel est le crime que mon père commit contre moi ;
je n’ai commis de crime contre personne. »

Il voulait dire par là que son père, en épousant sa mère, l’avait fait venir dans cette demeure, de sorte qu’il en est arrivé à ce qu’il est devenu, tandis que lui-même n’a lésé personne par un tel forfait. Tout cela constitue mécréance et impiété ; qu’Allah le flétrisse.

D’aucuns ont néanmoins prétendu qu’il s’était détourné de tout cela, qu’il s’en était repenti et qu’il avait composé un poème pour s’en excuser et s’en disculper, poème qui commence ainsi :

« Ô Toi qui vois l’essor de l’aile du moustique
dans l’obscurité de la nuit sombre et impénétrable… »

(1) Dans l’édition annotée : « mukran » selon les anciens. (2) Dans l’édition annotée : « nahbat ». (3) Dans l’édition annotée : « tuqbiduha maʿa ». (4) Dans l’édition annotée : « lā yaʿūdu lahu », et dans al-Muntaẓam (8/187) : « zujāj lā yuʿād lanā as-sabk ».
أفيقُوا، أفيقُوا يا غُواةُ فإنَّما … دياناتُكُم مَكرٌ من القدماءِ (١) ومن ذلك أيضًا قوله: صرفُ الزَّمانِ مُفرِّقِ الإلفَينِ … فاحْكُمْ إلهي بينَ ذاكَ وبَيْني أنهيْت (٢) عَنْ قَتْلِ النُّفوسِ تَعمُّدًا … وبَعَثْتَ أنتَ لِقَبضِها (٣) مَلَكينِ وزَعمْتَ أن لها مَعادًا ثانِيًا … ما كانَ أغناهَا عن الحالَيْنِ ومن ذلك أيضًا قوله: ضَحِكْنا وكانَ الضَّحكُ منّا سَفاهةً … وحَقَّ لسكّانِ البسيطةَ أنْ يَبكُوا تُحطِّمنَا الأيّامُ حتى كأنَّنا … زُجاجٌ ولكنْ لا يُعاد (٤) لنا سَبْكُ ومن ذلك أيضًا قوله: أمورٌ تَستخِفُّ بها حُلومٌ … وما يَدْرِي الفَتى لِمنِ الثُّبورُ كتابُ محمّدٍ وكتابُ موسى … وإنجيلُ ابنِ مريمَ والزّبورُ وقال: قالتْ معاشرُ لم يبعثْ إلهكمُ … إلى الريّةِ عِيسَاهَا ولا مُوسى وإنما جَعلوا الرحمنَ مأكلةً … وصيّرُوا دينَهُمْ في الناسِ نَامُوسا وذكر [ابن الجوزي وغيره] أشياء غير ذلك، [من شعره] وكل قطعة من هذه تدلّ على كفره، وانحلاله، وزندقته، وضلاله، [ويقال: إنه أوصى أن يكتب على قبره: هذا جَناهُ أبي عَليَّ … وما جَنَيْتُ على أحَد معناه: أن أباه بتزوجه لأمِّه أوقعه في هذه الدّار، حتى صار بسبب ذلك إلى ما إليه صار، وهو لم يجن على أحد بهذه الجناية، وهذا كلّه كفر وإلحاد، قبَّحه اللَّه]. وقد زعم بعضهم أنه أقلع عن هذا كلِّه، وتاب منه، وأنّه قال قصيدة يعتذر من هذا كلّه، ويتنصّل فيه، وهي التي يقول فيها: يا مَنْ يَرى مَدَّ البعوض جَناحَهَا … في ظلمةِ اللَّيلِ البهيمِ الألْيَلِ
(١) في (ط): مكرًا من القدماء. (٢) في (ط): نهبت. (٣) في (ط): تقبضها مع. (٤) في (ط): لا يعود له، وفي المنتظم (٨/ ١٨٧): زجاج لا يعاد لنا السبك.

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