Reprenez vos esprits, reprenez vos esprits, ô égarés ;
vos religions ne sont qu’un stratagème ourdi par les Anciens. (1)
Parmi ses paroles, il déclara également :
La versatilité du temps, qui sépare deux intimes ;
juger, ô mon Dieu, entre cela et moi.
Tu m’as interdit (2) de faire périr les âmes sciemment,
mais Toi, Tu as envoyé pour les saisir (3) deux Anges.
Tu prétends encore qu’elles connaîtront un second retour ;
comme elles se seraient bien passées de l’un et l’autre états.
Il dit encore :
Nous avons ri, et notre rire fut pure folie ;
il convient aux habitants de la terre de pleurer.
Les jours nous brisent au point que nous devenons
pareils à du verre qu’on ne refond (4) jamais.
Il ajouta également :
Des affaires dont se moquent des esprits avisés ;
et nul jeune homme ne sait pour qui sonnera la ruine.
Le Livre de Muḥammad, le Livre de Moïse,
l’Évangile du fils de Marie et les Psaumes.
Il déclara encore :
« Certains ont dit : “Votre Dieu n’a pas envoyé
à la création ni votre ʿĪsâ ni Moïse.
Ils ont simplement fait du Tout-Miséricordieux une pitance
et ont réduit Sa religion, parmi les hommes, à une pure ruse.” »
Ibn al-Jawzī et d’autres ont rapporté, parmi ses poèmes, bien d’autres passages ; chacune de ces pièces atteste son impiété, sa dissolution, son irréligion et son égarement. On raconte encore qu’il recommanda qu’on inscrivît sur sa tombe :
« Tel est le crime que mon père commit contre moi ;
je n’ai commis de crime contre personne. »
Il voulait dire par là que son père, en épousant sa mère, l’avait fait venir dans cette demeure, de sorte qu’il en est arrivé à ce qu’il est devenu, tandis que lui-même n’a lésé personne par un tel forfait. Tout cela constitue mécréance et impiété ; qu’Allah le flétrisse.
D’aucuns ont néanmoins prétendu qu’il s’était détourné de tout cela, qu’il s’en était repenti et qu’il avait composé un poème pour s’en excuser et s’en disculper, poème qui commence ainsi :
« Ô Toi qui vois l’essor de l’aile du moustique
dans l’obscurité de la nuit sombre et impénétrable… »