Le détenteur de la Thora, Moïse, s’avança
et jeta dans la perdition quiconque l’avait forgée.
Ses partisans dirent : « Une révélation lui est parvenue »,
tandis que les observateurs répliquèrent : « Il l’a plutôt inventée. »
Que vaut donc mon pèlerinage vers les pierres d’une Maison
au sommet de laquelle on boit des coupes de vin ? (1)
Lorsque l’homme pondéré revient à sa raison,
il se moque des doctrines et les méprise.
Il dit encore :
L’orthodoxie (2) a bredouillé, les Nazaréens n’ont point trouvé la voie (3),
les Juifs ont dévié et les Mazdéens sont égarés.
Deux catégories composent les habitants de la terre :
l’une est douée de raison sans religion,
l’autre se réclame d’une religion (4) privée de raison.
Il déclare aussi :
Ne crois pas que la parole des Messagers soit vérité ;
c’est plutôt mensonge qu’ils ont couché par écrit.
Les hommes vivaient dans une aisance bienheureuse ;
ils y ont mêlé l’impossible et l’ont troublée.
Et moi, je répliquai à ces propos :
Ne pense pas que la parole des Messagers soit mensonge (5) ;
c’est au contraire la vérité qu’ils ont transmise.
Les hommes se trouvaient dans une ignorance profonde ;
ils vinrent avec la clarté et l’ont dissipée (6).
Il dit encore :
Les législations révélées ont semé entre nous la rancœur
et nous ont légué maintes formes d’hostilités.
Les femmes des Byzantins ont-elles été rendues licites aux Arabes, pour l’honneur (7),
autrement que par les décrets de la prophétie ?
[Il a dit également :
« Pourquoi louer Adam ou ses fils ?
Je témoigne que tous sont vils. »]
Il déclara encore :