Le Calife dit alors au chef des chefs : « Dis-lui :
Le Commandeur des croyants loue tes efforts, remercie tes actes, se réjouit de ta proximité. Il t’a confié tout ce qu’Allâh – Très-haut – lui a confié de Ses contrées. Crains donc Allâh dans ce qui t’a été confié ; efforce-toi de reconstruire les pays, d’améliorer l’état des serviteurs, de répandre la justice et de repousser l’injustice. »
Son vizir ʿAmīd ad-Dawlah lui traduisit ces paroles. Il se leva alors, baisa la terre et déclara : « Je suis le serviteur et l’esclave du Commandeur des croyants ; je n’agis qu’en exécution de ses ordres et interdictions ; je m’honore de ce [pour quoi Il m’a jugé digne et] m’a employé. D’Allâh je sollicite aide et réussite. »
Le calife l’autorisa ensuite à se rendre à la salle des robes d’honneur ; il entra dans une pièce du palais où l’on répandit sur lui sept robes d’honneur et un diadème. Il revint ensuite s’asseoir sur le trône, après avoir baisé la main du calife ; il voulut baiser la terre, mais le diadème l’en empêcha. Le calife tira alors un sabre, le lui ceignit, et l’appela « roi de l’Orient et de l’Occident ». Il fit apporter trois étendards ; de sa propre main, le calife attacha l’un d’eux, appelé « étendard de la Louange ». Puis il présenta le diplôme d’investiture, le remit au roi et l’exhorta, dans ce document, à la crainte d’Allâh – Très-haut –, à l’accomplissement de la vérité [et à la justice envers les sujets]. On en fit la lecture devant le calife, en présence du roi.
Le roi se leva alors, baisa la main du calife et la porta à ses yeux ; puis il sortit, avec un appareil grandiose, [jusqu’à sa demeure], précédé des chambellans et de l’armée au complet. Les gens vinrent lui présenter leurs salutations et leurs félicitations. Il envoya au calife de somptueux présents : cinquante mille dīnār, cinquante jeunes esclaves turcs avec leurs montures, leurs armes et leurs ceintures, cinq cents vêtements de diverses sortes. Il donna au chef des chefs cinq mille dīnār, cinquante pièces d’étoffe [et d’autres choses encore].
Au cours de cette même année, le souverain d’Égypte fit arrêter son vizir Abū Muḥammad al-Ḥasan b. ʿAbd ar-Raḥmān al-Bāzūrī (1) et lui fit signer un engagement de trois millions de dīnār ; les biens de quatre-vingts de ses collaborateurs furent saisis. Ce vizir, de madhhab ḥanafī, faisait le bien aux gens de science et aux habitants des Deux Sanctuaires ; le shaykh Abū Yūsuf al-Qazwīnī le louait et faisait son éloge.
[Parmi ceux qui moururent cette année-là] figure Aḥmad b. ʿAbd Allâh b. Sulaymān (2) b. Muḥammad b. Sulaymān b. Aḥmad b. Sulaymān b. Dāwūd b. al-Muṭahhir b. Ziyād b. Rabīʿah b. al-Ḥārith b. Rabīʿah b. Anwar b. Asḥam b. Arqam b. an-Nuʿmān b. ʿAdī b. Ghaṭafān b. ʿAmr b. Barīḥ b. Jadhīmah b. Taym Allāh b. Asad b. Wabarah b. Thaʿlabah b. ʿAlwān (3) b. ʿImrān b. al-Ḥāf b. Quḍāʿah.