Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il avait, alors qu’il était encore dans l’incrédulité, entendu nombre de shaykhs, car il se rendait régulièrement auprès d’eux pour rechercher le savoir et la bonne tenue. Lorsqu’il embrassa l’islam, cet acquis lui fut profitable, et ce fut [précisément] la cause de sa conversion, ainsi que le rapporte Ibn al-Jawzī dans son « Muntaẓam »(1) avec sa chaîne de transmission [détaillée] : il vit à plusieurs reprises le Messager d’Allāh ﷺ en songe, l’appelant vers Allāh – Exalté soit-Il –, lui ordonnant d’entrer en islam et lui disant : « Tu es un homme doué de raison ; pourquoi délaisserais-tu la religion de l’islam, laquelle est établie par des preuves manifestes ? » Le Prophète lui montra, dans le rêve, des signes qu’il constata ensuite à l’état d’éveil. Parmi ceux-ci, il lui annonça : « Ta femme est enceinte d’un garçon ; nomme-le Muḥammad. » [Elle mit effectivement au monde un garçon, qu’il nomma Muḥammad] et il lui donna la kunya Abû l-Ḥasan. Ibn al-Jawzī a longuement énuméré bien d’autres faits du même ordre. Il se convertit donc, et sa conversion fut excellente ; il était véridique – qu’Allāh – Très-Haut – lui fasse miséricorde. Il mourut cette année-là à l’âge de quatre-vingt-dix ans, dont un peu plus de quarante passés dans l’islam. Qu’Allāh l’enveloppe de Sa miséricorde.

[Au début de l’an 449 H] survinrent les faits suivants : la cherté extrême et la mortalité continuèrent à Bagdad et dans d’autres contrées, au point que [la plupart] des maisons furent vidées de leurs habitants ; on en mura les portes sur les morts qui s’y trouvaient [avec leurs biens]. Le passant, dans la rue, ne rencontrait plus qu’une personne isolée après l’autre. Faute de nourriture, les gens mangèrent des charognes et des bêtes mortes ; on trouva chez une femme une cuisse de chien déjà verdie et infecte. Un homme fit rôtir dans un four(2) une fillette et la mangea ; il fut exécuté. [On rapporte qu’]un oiseau mort tomba d’un toit ; cinq personnes se jetèrent dessus, se le partagèrent et le mangèrent.

Une lettre venue de Boukhârâ faisait état de dix-huit mille décès en un seul jour dans la ville et sa région. Le nombre des morts de cette épidémie, jusqu’à la date de rédaction de cette lettre – provenant de Boukhârâ –, s’élevait à un million six cent cinquante mille. Les voyageurs qui traversaient ces pays ne voyaient plus que des marchés déserts, des routes vides et des portes closes. Tel est le récit qu’en fait Ibn al-Jawzī(3). Il ajoute : la nouvelle parvint d’Azerbaïdjan et des contrées voisines d’une grande peste qui n’épargna qu’un très petit nombre de personnes. Il poursuit : une épidémie frappa Ahwâz et ses districts, Wâsit, le Nil (d’Irak) et Kûfa, et se répandit sur toute la contrée. La principale cause en était la famine ; les pauvres faisaient rôtir des chiens, ouvraient les tombes, faisaient rôtir les cadavres et les mangeaient. Les gens n’avaient d’autre occupation, de jour comme de nuit, que de laver les morts, de les préparer et de les enterrer. On creusait une fosse où l’on ensevelissait vingt ou trente personnes à la fois. Il arrivait qu’un homme, assis, sente son cœur se fendre ; une goutte de sang vital montait alors jusqu’à sa bouche(4) et il mourait. Les gens se repentirent et firent l’aumône de la majeure partie de leurs biens, [mais ils ne trouvaient personne pour les accepter, et le pauvre se présentait…]

(1) Al-Muntaẓam (8/177). (2) "Al-ʾAttūn" : le grand foyer, comme celui du bain. (3) Al-Muntaẓam (8/177). (4) Dans (A) : le cœur.
كان سمع في حال كفره من جماعة المشايخ، وذلك أنَّه كان يتردد إليهم يطلب العلم والأدب، فلمّا أسلم نفعه ذلك، وكان [ذلك] سبب إسلامه على ما ذكره ابن الجوزي في "منتظمه" (١) ، بسنده [مطولًا] أنه رأى رسول اللَّه ﷺ في المنام مرارًا يدعوه إلى اللَّه (عز وجل) ، ويأمره بالدخول في الإسلام، ويقول له: أنت رجل عاقل، فَلِمَ تدَع دين الإسلام الذي قامت عليه الدلائل؟ وأراه آيات في المنام شاهدها في اليقظة، فمن ذلك أنه قال له: إن امرأتك حامل [بولد] ذكر، فسمّه محمّدًا، [فولدت ذكرًا، فسماه محمدًا] ، وكنّاه أبا الحسن، في أشياء كثيرة سردها ابن الجوزي مطوّلة، فأسلم وحسن إسلامه، وكان صدوقًا، رحمه اللَّه تعالى. توفي في هذه السنة وله تسعون سنة، منها في الإسلام نيّف وأربعون سنة، تغمّده اللَّه برحمته. [ثم دخلت سنة تسع وأربعين وأربعمئة] فيها: كان الغلاء والفناء مستمرَّين ببغداد وغيرها من البلاد، بحيث خلت [أكثر] الدور، وسُدّت على أهلها [أبوابها بما فيها وأهلها] فيها موتى، وصار المارّ في الطريق لا يلقى إلَّا الواحد بعد الواحد، وأكل الناس الجِيف والميتات من قلّة الطعام، ووجد مع امرأة فخذ كلب قد اخضرّ، وأروح. وشوى رجل صَبِيَّة في الأتُّون (٢) وأكلها، فقتل، و [قيل] سقط طائر ميت من سطح، فاحتوشه خمسة أنفس فاقتسموه، وأكلوه. وورد كتاب من بخارى أنّه مات في يوم واحد منها ومن معاملتها، ثمانية عشر ألف إنسان، وأحصي من مات في هذا الوباء إلى يوم كتابة هذا الكتاب -يعني الوارد من بخارى- بألف ألف وستمئة ألف وخمسون ألفًا، والناس يمرّون في هذه البلاد فلا يرون إلا أسواقًا فارغة وطرقات خالية، وأبوابًا مغلقة، حكاه ابن الجوزي (٣) قال: وجاء الخبر من أذربيجان وتلك البلاد بالوباء العظيم، وأنّه لم يسلم إلا العدد القليل، قال: ووقع وباء بالأهواز وأعمالها، وبواسط، والنيل، والكوفة، وطبق الأرض، وكان أكثر سبب ذلك الجوع حتى كان الفقراء يشوون الكلاب، وينبسون القبور، ويشوون الموتى ويأكلونهم، وليس للناس شغل في الليل والنهار إلا غسل الأموات وتجهيزهم ودفنهم، وقد كانت تحفر الحفيرة فيدفن فيها العشرون، والثلاثون، وكان الإنسان يكون قاعدًا فينشقّ قلبه عن دم المهجة فيخرج إلى الفم (٤) منه قطرة فيموت، وتاب الناس، وتصدّقوا بأكثر أموالهم [فلم يجدوا أحدًا يقبل منهم، وكان الفقير تعرض
(١) المنتظم (٨/ ١٧٧). (٢) "الأتُّون": الموقد الكبير، كموقد الحمّام. (٣) المنتظم (٨/ ١٧٧). (٤) في (أ): القلب.

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