Au cours de cette même année :
la discorde éclata entre les Ashʿarites et les Hanbalites. Le parti des Hanbalites fut si puissant qu’il empêcha nombre d’Ashʿarites d’assister à la prière du vendredi et aux prières en congrégation, ainsi que le rapporte Ibn al-Jawzî dans son « Al-Muntaẓam » (1).
Parmi les notables décédés au cours de cette année, l’on compte al-Ḥusayn (2) ibn ʿAlî ibn Jaʿfar ibn ʿAllakân (3) ibn Muḥammad ibn Dulaf ibn Abî Dulaf al-ʿUjlî (4), Qâḍî al-Quḍât, Abû ʿAbd Allâh, plus connu sous le nom d’Ibn Mâkûlâ, de rite shâfiʿite.
Originaire de Jarbādhqān (5), il fut d’abord nommé juge à Baṣra, puis le calife al-Qâdir billâh lui confia, en 420/1029, la fonction de juge suprême à Bagdad ; son fils al-Qâʾim bi-Amrillâh le maintint à ce poste jusqu’à son décès, survenu cette année-là à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Il exerça la magistrature durant vingt-sept ans, menant une vie pudique et pieuse : il n’acceptait aucun présent, pas même de la part du calife, et rapportait avoir reçu (des ḥadîths) d’Abû ʿAbd Allâh Ibn Mandah.
Il laissa également de beaux vers, dont ceux-ci :
Il voulut rajeunir alors que ses cheveux avaient blanchi,
Mais le retour en jeunesse ne sert de rien à qui a blanchi.
Il noircit ses favoris d’un artifice de teint,
Mais l’ombre de la teinture ne lui valut nul surcroît de teint.
Il prodigua pour les siens la plus tendre des prévenances,
Et n’en reçut pour tout retour qu’une accrue de distance.
Que la paix d’Allah renaisse, rappel des jours de jeunesse,
Sur les heures florissantes où rayonnait la jeunesse.
Il s’en est allé sans blâme, laissant sous mon voile,
Dans mon cœur une douleur que dissimule le voile. (8)
ʿAlî ibn al-Muḥassin ibn ʿAlî ibn Muḥammad ibn Abî al-Fahm, Abû al-Qâsim at-Tanûkhî (9).
Ibn al-Jawzî précise : « Tanûkh est le nom d’un ensemble de tribus qui se réunirent au Bahreïn et conclurent un pacte d’entraide et de soutien mutuel. »