Puis entra l’année quatre cent quarante-six de l’Hégire.
Au cours de celle-ci :
— Le roi Ṭughrulbek mena une expédition contre les territoires des Rûm après avoir conquis l’Azerbaïdjan ; il en rapporta du butin, fit des prisonniers et accomplit diverses actions louables, puis rentra sain et sauf en Azerbaïdjan où il demeura une année.
— Qurayš ibn Badrân s’empara d’al-Anbâr ; il y fit prononcer le khuṭba, ainsi qu’à Mossoul, au nom du sultan Ṭughrulbek, et en expulsa les représentants d’al-Basâsîrî.
— Abû al-Ḥârith al-Muẓaffar al-Basâsîrî entra à Bagdad avec les Banû Khafâja, de retour de la bataille ; l’on décelait chez lui une certaine défiance envers le califat. Le calife lui écrivit afin de l’apaiser(1). En dhû al-ḥijja, il se rendit à al-Anbâr, qu’il prit, accompagné de Dubays ibn ʿAlî ibn Mazīd ; il dévasta certains endroits et en incendia d’autres. Le calife l’autorisa ensuite à pénétrer dans le Bayt an-Nawba pour le revêtir de la robe d’honneur ; il s’avança jusqu’à se trouver vis-à-vis du Bayt an-Nawba, baisa le sol, se mit au service puis se retira sans franchir le seuil, si bien que la mésentente s’accrut.
— Cette année encore, nul habitant d’Irak ne partit en pèlerinage ; Allah est le plus Savant.
Parmi les notables décédés au cours de cette année :
– al-Ḥusayn ibn Jaʿfar ibn Muḥammad ibn Dâwûd(2), Abû ʿAbd Allâh as-Salamâsî. Il avait entendu (des ḥadiths) d’Ibn Shâhîn, d’Ibn Ḥayyûyah et d’ad-Dâraqutnî. Digne de confiance et sûr, il était connu pour son assistance au bien, ses œuvres charitables, son souci des pauvres et l’abondance de ses aumônes. On voulut l’investir de la fonction de témoin assermenté, mais il s’y refusa. Chaque mois, il consacrait dix dînârs à l’entretien de sa famille.
– ʿAbd Allâh ibn Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmân, Abû ʿAbd Allâh al-Aṣbahânî(3), connu sous le nom d’Ibn al-Labbân. Élève du shaykh Abû Ḥâmid al-Isfarâyinî, il tint la qâḍâʾ d’Īdhaj(4). Il dirigeait la prière de tarâwîḥ pour les fidèles, puis demeurait debout après eux en prière jusqu’à l’apparition de l’aube ; il arrivait que le mois s’écoulât sans qu’il ait posé son flanc sur la terre. Qu’Allah, Très-Haut, lui fasse miséricorde.