Abû Dâwud (1) rapporte :
« Aḥmad ibn Ṣāliḥ nous a relaté, Ibn Wahb nous a relaté, ʿAmr ibn al-Ḥârith m’a informé, d’après Saʿîd ibn Abî Hilâl, d’après ʿIyâḍ ibn ʿAbd Allâh ibn Saʿd ibn Abî Sarḥ, d’après Abû Saʿîd al-Khudrî : Le Messager d’Allâh ﷺ, alors qu’il se tenait sur la chaire, récita la sourate Ṣād ; lorsqu’il parvint au verset de prosternation, il descendit et se prosterna, et les gens se prosternèrent avec lui. Un autre jour, il la récita de nouveau ; arrivé au même verset, les gens se préparèrent aussitôt à se prosterner (2). Il déclara alors : « Il ne s’agit que du repentir d’un Prophète ; mais je vous ai vus vous empresser. » Puis il descendit et se prosterna. Seul Abû Dâwud a transmis ce ḥadith, et sa chaîne répond aux critères du Ṣaḥîḥ.
L’imâm Aḥmad (3) dit :
« ʿAffân nous a relaté, Yazîd ibn Zurayʿ nous a relaté, Ḥumayd nous a relaté, Bakr – c’est-à-dire Ibn ʿUmar – ainsi qu’Abû aṣ-Ṣiddîq an-Nâjî (4) m’ont rapporté qu’Abû Saʿîd al-Khudrî fit un rêve : il écrivait la sourate Ṣād, et lorsqu’il atteignit le passage où l’on se prosterne, il vit l’encrier, le calame et tout ce qui se trouvait devant lui se renverser en prosternation. Il en fit le récit au Prophète ﷺ ; depuis ce jour, celui-ci ne cessa plus de se prosterner à ce verset. » Ce ḥadith est propre à Aḥmad.
At-Tirmidhî (5) et Ibn Mâjah (6) ont rapporté, par la voie de Muḥammad ibn Yazîd ibn Khunays, d’après al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn ʿUbayd (7) Allâh ibn Abî Yazîd, lequel dit : Ibn Jurayj m’a raconté : « Ton grand-père ʿUbayd Allâh ibn Abî Yazîd m’a transmis, d’après Ibn ʿAbbâs : Un homme vint trouver le Prophète ﷺ et dit : “Ô Messager d’Allâh, j’ai vu en rêve que je priais derrière un arbre ; lorsque j’ai récité le verset de prosternation, je me suis prosterné et l’arbre s’est prosterné avec moi. Je l’ai entendu dire dans sa prosternation : ‘Seigneur, inscris-moi par elle une récompense auprès de Toi, fais-en pour moi un trésor auprès de Toi, allège-moi d’un fardeau par elle et agrée-la de moi comme Tu l’as agréée de Ton serviteur Dâwud.’” » Ibn ʿAbbâs poursuit : « J’ai alors vu le Prophète se lever, réciter le verset de prosternation, puis se prosterner ; prosterné, il répétait exactement les paroles rapportées par cet homme au sujet de l’arbre. » At-Tirmidhî conclut : « Singulier (gharîb) : nous ne le connaissons que par cette chaîne. »
Certains exégètes rapportent qu’il (paix sur lui) demeura prosterné quarante jours ; c’est aussi l’avis de Mujâhid, d’al-Ḥasan et d’autres. Un ḥadith marfûʿ a certes été cité à ce propos, mais il passe par Yazîd ar-Raqâshî, un transmetteur faible, abandonné en matière de ḥadith (8). Il a dit