Suite à cela, le shaykh Abû al-Qâsim ʿAbd al-Karîm ibn Hawâzin al-Qushayrî (1) éleva de vives protestations et rédigea une épître qu’il intitula : « Plainte des Gens de la Sunnah au sujet de l’épreuve qui les a frappés ».
Le sultan convoqua alors plusieurs notables ashʿarites, parmi lesquels al-Qushayrî, et les interrogea sur ce qui lui avait été rapporté. Ils nièrent que l’imâm al-Ashʿarî eût jamais tenu de tels propos. Le souverain déclara : « Nous n’avons maudit que ceux qui professent ces paroles. » De grandes et longues discordes s’ensuivirent.
Au cours de la même année, le roi Fulâsûn (2) Abû Manṣûr, fils du roi Abû Kâlîjâr, s’empara de Shîrâz, dont son frère Abû Saʿîd (3) se retira.
En Shaʿbân ou en Shawwâl, al-Basâsîrî marcha contre des Kurdes et des Bédouins qui semaient le désordre à al-Bawâzîj (4) ; il les mit en déroute et s’empara de leurs biens.
Cette année-là, aucun habitant de l’Irak n’accomplit le pèlerinage.
Parmi les notables décédés durant cette année :
Aḥmad ibn ʿUmar ibn Rûḥ (5), Abû al-Ḥusayn (6) an-Nahrawânî. Il présidait au contrôle du poids des monnaies à la Maison de la frappe, et composait de beaux vers. Il raconta :
« Un jour, alors que je me trouvais sur la berge du Nahrawân, j’entendis un homme, dans une barque descendant le fleuve, chanter ces vers :
Ils n’ont voulu que ma mort ;
Aussi m’est légère leur mort.
Pour m’ôter enfin la vie,
Leur froideur mit fin à ma vie. » (7)