Il naquit en l’an trois cent cinquante-cinq de l’Hégire. Il écouta le Musnad de l’imâm Aḥmad auprès d’Abū Bakr ibn Mālik al-Qaṭīʿī, transmis par ʿAbd Allāh, fils de l’imâm Aḥmad, d’après son père. Il recueillit encore les ḥadiths auprès d’Abū Muḥammad ibn Māsī, d’Ibn Shāhīn, d’ad-Dāraqutnī et de nombreux autres. Il était pieux et vertueux.
Al-Khaṭīb (1) rapporte qu’il avait, de façon certaine, entendu le Musnad d’Aḥmad d’al-Qaṭīʿī, mais qu’il avait ajouté son nom dans quelques fascicules.
Ibn al-Jawzī dit : « Cela ne constitue pas une critique [de son audition], car, dès lors que l’on est convaincu qu’il a réellement entendu l’ouvrage, il lui est permis d’y faire figurer son nom, omis par le copiste. Il est étonnant qu’on tolère qu’un shaykh dise : “Untel m’a rapporté” sans l’avoir entendu de lui, et qu’on ne lui permette pas d’inscrire son nom à un livre qu’il a bel et bien entendu. Al-Khaṭīb lui a imputé bien des choses inutiles. Qu’Allah lui fasse miséricorde ! (2) »
ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn Muḥammad Abū al-Ḥasan, surnommé ash-Shāshī (3) le Bagdadien, séjourna à Baṣra ; lui et son oncle s’en rendirent maîtres, ainsi que de ses habitants. Par maints artifices, il laissa croire qu’il appartenait aux gens des états spirituels et des dévoilements ; en réalité, c’était un menteur pervers — qu’Allah le défigure, lui et son oncle ! De plus, il était un Râfiḍite infect, un Qarmaṭî — qu’Allah ne multiplie point ses semblables parmi les mondes. Il mourut cette année-là ; louange à Allah.
Le qâḍî Abū Jaʿfar as-Simnānī (4), Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad al-Qâḍî, faisait partie des théologiens suivant la voie de Shaykh Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī. Il avait reçu les ḥadiths d’ad-Dāraqutnī et d’autres. Savant, vertueux et généreux, il exerça la magistrature à Mossoul, où il tenait dans sa demeure une assemblée de débats. Devenu aveugle, il mourut à Mossoul — alors qu’il en était le juge — durant Rabīʿ al-Awwal de cette année, âgé de quatre-vingt-cinq ans.
[Commence ensuite l’année quatre cent quarante-cinq.]
Au cours de celle-ci :
– le mal, les combats et les incendies reprirent entre les Râfiḍites et les Sunnites, et la situation s’aggrava considérablement ;
– on apprit que l’imâm al-Muʿizz le Fâṭimide projetait de se diriger vers l’Irak ;
– on rapporta au roi Ṭughrul-Bek que le shaykh Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī aurait professé telles et telles choses, évoquant plusieurs points que le roi réprouva [car ils ne conviennent ni à la religion ni à la Sunnah]. Il ordonna donc qu’on le maudît, et les habitants de Naysâbûr déclarèrent explicitement mécréant quiconque affirme