Par Lui, j’espère remporter le succès dans l’ultime séjour,
Qui réjouit les regards des hôtes comblés de ce séjour. (1)
Jamais Allah n’unira les gens du reniement, ennemis de la foi,
À ceux qui professent, avec certitude, la lumineuse foi.
L’un sera sauvé par sa foi : bienheureux est son destin,
Tandis que l’autre retournera à la perdition : tel est son destin.
Celui-ci goûtera, au Jardin, d’ineffables délices,
Et celui-là, dans l’abîme du Feu, sera privé de ces délices. (2)
Parmi les vers d’Abû ʿAbd Allâh al-Ṣûrî – qu’Allah lui fasse miséricorde – :
Dis à celui qui s’oppose au ḥadîth et s’emploie à le dénigrer,
Diffamant ses adeptes et quiconque s’en réclame, pour mieux le dénigrer.
Par science avances-tu ces propos ? Expose-les donc, ô sot,
Ou bien par pure ignorance, car l’ignorance est l’apanage du sot.
Blâme-t-on ceux qui ont sauvegardé la religion de toute souillure,
La protégeant des billevesées et de la trompeuse souillure ?
Vers leurs dires, vers ce qu’ils ont transmis, tout savant vient se référer,
Et tout juriste avisé sait qu’à leur tradition il lui faut se référer.
La cause de son décès, – qu’Allah lui fasse miséricorde – fut qu’il se fit pratiquer une saignée ; sa main enfla, car, dit-on, la lancette du cuppeur avait été empoisonnée pour un autre. Par erreur, il l’utilisa sur lui ; ce fut, par la permission d’Allah et selon Son décret, la cause de sa mort. On le transporta au bîmâristân, où il décéda le mercredi, dernier jour de Jumâdâ al-Âkhira de cette même année. Il fut inhumé dans le cimetière de la grande mosquée de la ville ; il avait dépassé soixante ans. Je demande à Allah, le Très-Haut, de nous accorder, à nous et à lui, Sa miséricorde, par Sa grâce et Sa munificence.
[Puis débuta l’an quatre cent quarante-deux.]
Durant cette année :
– Le sultan Ṭughril-Beg conquit Ispahan après un siège d’un an ; il y transféra ses trésors depuis Rayy et en fit sa résidence. Il fit démolir une portion des remparts et déclara : « Seuls les faibles ont besoin d’une muraille ; ma forteresse, à moi, c’est mon armée et mon épée. » Séjournait alors dans la ville Abû Manṣûr Qarâmarz (3), fils de ʿAlâʾ ad-Dawla Abû Jaʿfar b. Kâkûya ; il le chassa de la cité, tout en lui concédant une partie de ses territoires.
– Le malik ar-Raḥîm se rendit à al-Ahwâz ; l’armée de Fârs se soumit à lui et il s’empara dʿAskar Mukram (4).
– Les Khâridjites s’emparèrent dʿOmân, détruisirent la résidence du gouverneur et firent prisonnier Abû al-Muẓaffar b. Abî Kâlījâr.
– Avec l’autorisation du calife fâtimide al-Mustanṣir, des tribus arabes pénétrèrent en Ifrîqiya ; de longues guerres les opposèrent à al-Muʿizz b. Bâdis, et ils ravagèrent le pays plusieurs années durant.