Quant au ḥâfiẓ Abû ʿAbd Allâh al-Ṣûrî (1), il laissa ses ouvrages – douze fardeaux en tout – déposés chez son frère ; lorsque al-Khaṭîb se rendit au Shâm, il gratifia ce dernier de quelque argent, prit une partie de ces livres et les incorpora à ses propres écrits.
Parmi les vers composés par Abû ʿAbd Allâh al-Ṣûrî :
La jeunesse s’est enfuie au comble de ses splendeurs,
La vieillesse est survenue, porteuse de maintes douleurs.
Mon cœur, pour cette perte, est transpercé de peine,
Pourtant elle a surgi, fidèle à son heure, sans peine.
Elle n’est venue que pour sonner l’instant du départ,
Hélas ! que m’apportera l’approche si proche de ce départ ?
Sans mes iniquités, je n’eusse redouté ce fardeau,
Mais mon dos ploie sous ce qu’a semé ma jeunesse en fardeau.
Qu’il pleure, qui regrette un printemps à jamais passé,
Quant à moi, je ne pleure point la simple perte du passé.
C’est pour le mal qu’il m’a valu, par satanique tourment,
Que mon âme se consume et sanglote dans son tourment.
Malheur à moi, si mon Roi ne m’accorde Son pardon,
Et ne recouvre mes péchés de l’immensité de Son pardon.
Qu’Il fasse aboutir mon sort au Jardin promis à Ses proches,
Car nul espoir ne me reste, hormis Sa grâce pour Ses proches.
Je n’ai pour viatique que ma confiance en Sa Puissance,
Et je proclame Son Unicité, certain de Sa haute Puissance.
Ainsi je m’oppose aux négateurs noyés dans l’errance,
Et aux fauteurs de débauche, d’injustice et d’errance.