Il étudia auprès d’Abû Bakr al-Qaffâl et composa un commentaire du « Kitâb al-Furûʿ » d’Ibn al-Haddâd, que son propre maître avait déjà commenté avant lui, puis, après lui, le qâḍî Abû al-Ṭayyib al-Ṭabarî (1). Abû ʿAlî al-Sinjî rédigea en outre un vaste commentaire du « Talkhîṣ » d’Ibn al-Qâṣ, et il écrivit l’ouvrage intitulé « al-Majmûʿ », dont al-Ghazâlî s’inspira dans son « al-Wasîṭ ». Ibn Khallikân (2) déclara : « Il fut le premier à réunir les deux méthodes, celle d’Irak et celle du Khurâsân. » Il s’éteignit en l’an trente-et-quelques-quatre-cents ; qu’Allâh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde (3).
[Puis débuta l’année 440 H.]
Au cours de Jumâdâ al-Ûlâ de cette année, le souverain Abû Kâlîjâr, maître de Bagdad, tomba malade alors qu’il se trouvait en rase campagne. On le saigna trois fois dans la même journée, puis on le transporta dans une litière, et il mourut dans la nuit du jeudi. Les pages pillèrent les trésors, tandis que les servantes incendièrent les tentes, à l’exception de celle où il se trouvait ainsi que la kharkâh (4) qui l’abritait. Son fils Abû Naṣr lui succéda et fut proclamé al-Malik al-Raḥîm (5). Il entra dans le Dâr al-Khilâfa lors d’une grande cérémonie ; le calife lui remit sept robes d’honneur, le ceignit d’un baudrier, lui passa un collier, et plaça sur sa tête le diadème ainsi que le turban noir « rusâfî ». Après lui avoir prodigué ses recommandations, le calife se rendit à sa demeure, et la population accourut pour le féliciter.
La même année, on bâtit une enceinte autour de Shîrâz : son périmètre atteignait douze mille coudées, sa hauteur huit coudées, son épaisseur six coudées, et elle possédait onze portes.
La même année encore, Ibrâhîm Yanal mena une expédition contre les terres byzantines ; il y captura cent mille prisonniers et quatre mille cuirasses — d’autres disent dix-neuf mille —, de sorte qu’il ne restait plus entre lui et Constantinople qu’une marche de quinze jours. Le butin obtenu fut acheminé sur dix mille chariots.
Au cours de cette année, on fit la khuṭba sur les minbars en faveur de Dakhîrat ad-Dîn Abû al-ʿAbbâs Aḥmad, fils du calife al-Qâʾim bi-Amr Allâh, le désignant comme héritier du califat après son père, et on le salua à ce titre.