Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Khâṭib rapporta :
« Il arriva à Bagdad, afficha l’ascétisme, l’austérité, la piété et le détachement du bas-monde ; les gens furent séduits par lui et ses assemblées attiraient une foule considérable. Puis il se mit à accepter ce qu’on lui offrait alors qu’auparavant il le refusait(1) ; ses biens s’accrurent, il se vêtit d’étoffes douces, maints événements survinrent en sa faveur et ses partisans se multiplièrent. Il déclara vouloir partir au jihâd ; une grande foule le suivit. Il sortit hors de la ville, y campa dans un de ses faubourgs, et l’on battait pour lui le tambour aux heures de la prière. Il se dirigea ensuite vers la région de l’Azerbaïdjan ; nombre de gens s’agrégèrent à lui si bien qu’il rivalisa avec l’émir du lieu. C’est là qu’il mourut au cours de cette même année.

Le Khâṭib poursuivit :
« Il transmit des ḥadîths à Bagdad, et je n’ai consigné de lui que quelques narrations succinctes. L’un de nos compagnons m’informa d’un fait montrant sa faiblesse dans le ḥadîth. Il me récita, citant quelqu’un, ces vers :
Si tu cèdes à l’âme pour toute volupté, — A
On te jugera dépourvu de raison et de dignité. — A
Si tu réponds à l’âme pour chaque invitation, — B
Elle t’appellera vers l’odieux et l’interdiction. — B »

Muḥammad b. al-Ḥasan b. ʿUmar b. Barhān(2), Abū al-Ḥasan al-Ghazâl, reçut le ḥadîth de [Muḥammad] b. al-Muẓaffar et d’autres ; il était véridique. Qu’Allâh lui fasse miséricorde.

Muḥammad b. ʿAlî b. Ibrâhîm, Abū al-Khaṭṭâb(3) al-Jabbulî(4), le poète. De ses vers :
Tout ce qu’ordonne l’amour est exécuté sans délai, — A
Tout tort du bien-aimé demeure toléré. — A
Il aime, se plaint des langueurs et de l’affliction ; — B
Tout amour qui n’amaigrit pas le corps n’est que simulation. — B

Il voyagea au Shâm, passa par Maʿarrat al-Nuʿmân ; Abû al-ʿAlâʾ al-Maʿarrî b. Sulaymân le loua en quelques vers auxquels il répondit sur-le-champ. Il avait les yeux sains lorsqu’il partit, mais ne revint qu’aveugle, et son décès survint en Dhû al-Qaʿda de cette année. On dit qu’il était fortement râfiḍite ; Allâh est plus savant.

Le shaykh Abû ʿAlî al-Sinjî(6), al-Ḥusayn b. Shuʿayb b. Muḥammad, fut le maître des shâfiʿites de son époque.

(1) Dans l'édition: «Puis, après un certain temps, la chose lui est présentée et il l’accepte», ce que nous avons confirmé par les manuscrits, ce qui concorde avec ce qui est dans l’Histoire d’al-Khatīb dont Bachar se réfère. (2) Al-Muntaẓam (8/135). (3) Tārīkh Baghdād (3/101), al-Muntaẓam (8/135). (4) Dans l'édition: «Al-Ḥanbalī» est une erreur. Nous avons établi la forme correcte dans les manuscrits de l’Histoire d’al-Khatīb (4/170 selon notre vérification), et dans la calligraphie d’al-Dhahabī dans Tārīkh al-Islām (9/585). Or, il était un rafḍī (chiite) fervent, alors comment pourrait-il être Ḥanbalī ? (Bachar). (5) Dans al-Muntaẓam : aṣ-Ṣubā. (6) Wafayāt al-Aʿyān (2/135), Siyar Aʿlām an-Nubalāʾ (17/526), al-Wāfī bil-Wafayāt (12/378), Ṭabaqāt as-Subkī (4/344). Ibn Khallikān a dit : «As-Sinjī», avec un «sīn» marqué d’un kasra (i), suivi d’un «nūn» sukun et d’un «jīm», est attribué à Sanj, un grand village parmi les localités de Merv.
قال الخطيب: قدم بغداد وأظهر الزهد، والتقشّف، والورع، وعزوف النفس عن الدنيا، فافتتن الناس به، وكان يحضر مجلسه خلق كثير، ثم إنه قبل ما كان يُعرض عليه فيأبى قبوله (١) ، فكثرت أمواله، ولبس الثِّياب الناعمة، وجرت له أمور كثيرة، وكثرت أتباعه، وأظهر أنه يريد الغزو فاتبعه خلق كثير، فبرز ظاهر البلد ناحيةً منها، وكان يضرب له الطبل في أوقات الصلوات، وسار إلى ناحية بلاد أذربيجان، فالتفّ عليه خلق كثير، وضاهى أمير تلك الناحية، فكانت وفاته هناك في هذه السنة. قال الخطيب: وقد حدّث ببغداد، وكتبت عنه أحاديث يسيرة، وحدثني بعض أصحابنا بشيء يدلّ على ضعفه في الحديث، وأنشدني هو لبعضهم: إذَا ما أطَعْتَ النَّفْسَ في كُلِّ لَذَّةٍ … نُسبْتَ إلى غَيْرِ الحِجَى وَالتَّكَرُّمِ إذَا ما أجَبْتَ النَّفْسَ في كُلِّ دَعْوَةٍ … دَعَتْكَ إلى الأَمْرِ القَبِيحِ المُحَرَّمِ محمد بن الحسن بن عمر بن بَرْهان (٢) أبو الحسن الغزال، سمع [محمّد] بن المظفر وغيره، وكان صدوقًا، رحمه اللَّه تعالى. محمد بن علي بن إبراهيم أبو الخطّاب (٣) الجَبُّلي (٤) الشاعر، فمن شعره قوله: مَا حَكَمَ الحُبُّ فَهُوَ مُمْتَثَلٌ … وَمَا جَنَاهُ الحَبِيْبُ مُحْتَمَلُ يَهْوَى وَيَشْكُو الضّنى (٥) وَكُل هَوًى … لا يُنْحِلُ الجِسْم فَهْوَ مُنْتَحَلُ وقد سافر إلى الشام فاجتاز بمعرّة النعمان، فامتدحه أبو العلاء المعري بن سليمان بأبيات فأجابه مرتجلًا عنها، وقد كان حسن العينين حين سافر، فما عاد إلا وهو أعمى، وكانت وفاته في ذي القعدة من هذه السنة، ويقال: إنّه كان شديد الرفض، واللَّه أعلم. الشيخ أبو علي السِّنْجِيّ (٦) الحسين بن شُعَيب بن محمد شيخ الشافعيّة في زمانه.
(١) في ط: "ثم إنه بعد حين كان يعرض عليه الشيء فيقبله"، وما أثبتناه من النسخ، وهو الموافق لما في تاريخ الخطيب الذي ينقل منه (بشار). (٢) المنتظم (٨/ ١٣٥). (٣) تاريخ بغداد (٣/ ١٠١)، المنتظم (٨/ ١٣٥). (٤) في (ط): "الحنبلي" محرف، وما أثبتناه مجود في نسخ تاريخ الخطيب (٤/ ١٧٠ بتحقيقنا)، وبخط الذهبي في تاريخ الإسلام (٩/ ٥٨٥)، وهو رافضي جلد فكيف يكون حنبليًا؟ (بشار). (٥) في المنتظم: الصبا. (٦) وفيات الأعيان (٢/ ١٣٥)، سير أعلام النبلاء (١٧/ ٥٢٦)، الوافي بالوفيات (١٢/ ٣٧٨)، طبقات السبكي (٤/ ٣٤٤). قال ابن خلكان: والسِّنجي، بكسر السين المهملة وسكون النون بعدها جيم نسبة إلى سنج، وهي قرية كبيرة من قرى مرو.

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