ʿAlî ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlî ibn Abî Ṭâlib, qu’Allâh l’agrée, le noble al-Mûsawî surnommé al-Murtadâ, « possesseur des deux gloires ».
Il était plus âgé que son frère al-Raḍî, « possesseur des deux noblesses », naqîb des Ṭâlibites. Poète de talent, il était une référence dans la doctrine des Imâmiyyah et du muʿtazilisme, qu’il défendait dans les joutes oratoires. Tous les adeptes des diverses écoles venaient débattre chez lui. Il a laissé des ouvrages chiites, en usûl comme en furûʿ.
Ibn al-Jawzî rapporte dans sa biographie plusieurs opinions particulières aux chiites. Ainsi, la prosternation, selon lui, n’est valide que sur la terre ou ce qui en est de même nature ; l’istijmâr ne suffit qu’après la défécation et non après l’urine ; les femmes des Gens du Livre sont illicites, de même que les bêtes abattues par eux, ainsi que toute nourriture qu’eux ou les autres mécréants ont préparée ; le divorce n’est valable qu’en présence de deux témoins, et le divorce conditionnel ne prend pas effet même si la condition se réalise ; quiconque s’endort avant de prier al-ʿIshâ jusqu’à minuit doit rattraper la prière et jeûner le lendemain matin en expiation ; si une femme se coupe les cheveux, elle doit s’acquitter de l’expiation prévue pour l’homicide involontaire ; celui qui déchire son vêtement lors d’un deuil doit payer l’expiation d’un serment ; celui qui épouse une femme déjà mariée sans le savoir doit donner cinq dirhams en aumône ; enfin, la main du voleur doit être amputée à la racine des doigts. Ibn al-Jawzî dit (1) : « Je l’ai copié de la propre main d’Abû al-Wafâʾ ibn ʿAqîl », puis il ajoute : « Voilà des doctrines singulières qui contreviennent au consensus, et plus singulier encore est son dénigrement des Compagnons, qu’Allâh les agrée. »
Il cite ensuite de ses propos une ignominie par laquelle il déclare mécréants ʿUmar [ibn al-Khaṭṭâb], ʿUthmân, ʿÂʾisha et Ḥafṣa, qu’Allâh les agrée. – Qu’Allâh le couvre d’opprobre, lui et ses semblables, ces impuretés immondes, gens du refus et de la régression – à moins qu’il ne se soit repenti. Ibn al-Jawzî rapporte encore : « Ibn Nâṣir nous informa, d’après Abû al-Ḥusayn ibn al-Ṭayûrî, lequel dit : J’ai entendu Abû al-Qâsim ibn Barhân dire : “Je suis entré chez le sharîf al-Murtadâ Abû al-Qâsim al-ʿAlawî durant sa maladie ; il avait tourné son visage vers le mur et je l’ai entendu dire : ‘Abû Bakr et ʿUmar furent investis, et ils furent équitables ; on implora la miséricorde pour eux et ils furent traités avec miséricorde. Pour ma part, j’affirme qu’ils apostasièrent après avoir embrassé l’Islam.’” » Il ajoute : « Je me levai, et je n’avais pas encore franchi le seuil que j’entendis les cris ; il venait de décéder cette année-là, à l’âge de quatre-vingt-un ans. »
Ibn Khallikân (2) le mentionna, le « polissant » (3) – selon son habitude lorsqu’il loue les poètes –, cita quelques-uns de ses vers délicats et déclara : « On dit que c’est lui qui compila le Nahj al-Balâghah. Qu’Allâh lui pardonne et lui fasse miséricorde. »