En s’adressant à lui avec humilité – que les prières et la paix de Dieu soient sur lui –. Dieu, Exalté soit-Il, a dit : « Nous avons accordé à Dâoûd le Zabour » (al-Isrâ’ : 55). Le Zabour est un livre bien connu. Nous avons mentionné, dans le « Tafsîr », le hadith rapporté par Ahmad et d’autres indiquant qu’il fut révélé durant le mois de Ramadan. Il renferme des exhortations et des sagesses évidentes pour quiconque l’examine.
Et Sa parole : « Et Nous avons raffermi sa royauté, et Nous lui avons donné la sagesse et le discernement dans la manière de juger » signifie que Nous lui avons accordé un immense royaume et un jugement irrévocable. Ibn Jarîr (1) et Ibn Abî Hâtim rapportent d’après Ibn ‘Abbâs qu’un jour, deux hommes vinrent plaider devant Dâoûd (que la paix soit sur lui) au sujet de vaches : l’un accusait l’autre de les lui avoir usurpées, mais ce dernier niait. Dâoûd ajourna leur affaire jusqu’au soir. Dans la nuit, Dieu lui révéla d’exécuter l’accusateur. Au matin, Dâoûd lui annonça : « Dieu – Exalté soit-Il – m’a révélé qu’il me faut te tuer, je n’ai pas d’autre choix. Dis-moi donc quelle est la vérité à propos de ton accusation. » L’homme répondit : « Par Dieu, ô Prophète de Dieu, j’ai effectivement raison dans ce que je disais, mais j’ai auparavant tué son père. » Dâoûd ordonna donc qu’il fût mis à mort ; son prestige s’en trouva considérablement grandi parmi les Enfants d’Israël, et ils se soumirent à lui avec une grande vénération. Ibn ‘Abbâs expliqua que c’est ce que signifie la parole du Très-Haut : « Et Nous avons raffermi sa royauté ».
En outre, Sa parole : « et Nous lui avons donné la sagesse » désigne la prophétie, et « le discernement dans la manière de juger » (Fasl al-Khitâb). Selon Shurayh, al-Sha‘bî, Qatâda, Abou ‘Abd al-Rahmân al-Sulamî et d’autres encore, il s’agit des témoignages et des serments, autrement dit la preuve incombe au plaignant et le serment à celui qui nie (2). Mujâhid et al-Suddî ont dit qu’il s’agit de rendre un jugement correct et de le comprendre (3). Mujâhid a également expliqué que c’est le fait de trancher aussi bien dans le discours que dans le règlement des litiges, interprétation que privilégie Ibn Jarîr (4). Cela ne contredit pas ce qui est rapporté d’après Abou Mûsâ, selon qui c’est l’expression « Ammâ ba‘d ».
Wahb ibn Munabbih raconta que, lorsque se multiplièrent le mal et les faux témoignages parmi les Enfants d’Israël, Dieu accorda à Dâoûd une chaîne reliant le ciel au Rocher de la Maison Sacrée (Bayt al-Maqdis) et faite d’or. Lorsque deux hommes se disputaient un droit, le véritable détenteur du droit pouvait saisir la chaîne, tandis que l’autre ne pouvait y parvenir. La chaîne demeura ainsi jusqu’au jour où un homme confia une perle à un autre, lequel la nia et la cacha dans une canne. Quand on se présenta devant la chaîne, le plaignant put l’atteindre. Puis on demanda à l’autre de la saisir. Celui-ci s’empara de la canne, la remit à l’accusateur en s’écriant : « Ô Dieu, Tu sais que je la lui ai rendue ! » Ensuite, il toucha la chaîne et parvint à la saisir, si bien que l’affaire se compliqua aux yeux des Enfants d’Israël. Aussitôt, la chaîne fut retirée d’entre eux. Plusieurs exégètes l’ont relaté en ce sens. Ishâq ibn Bishr l’a également rapporté d’après Idrîs ibn Sinân, qui le tenait de Wahb, avec un contenu équivalent.
« Est-ce que l’histoire des plaideurs t’est parvenue, quand ils escaladèrent l’oratoire (21), quand ils pénétrèrent auprès de Dâoûd et qu’il en fut effrayé ? Ils dirent : “N’aie pas peur, nous sommes deux plaideurs. L’un de nous a fait tort à l’autre. Juge donc entre nous avec justice, sans excès, et guide-nous vers la voie du salut (22). Celui-ci est mon frère : il a quatre-vingt-dix-neuf brebis, et moi je n’en ai qu’une seule. Il m’a dit : ‘Confie-la-moi…’” »