Il composa un vaste ouvrage de grammaire, ainsi que son « Iʿrāb al-Qurʾān » en dix volumes ; il rédigea aussi un « Tafsīr du Coran ». Il fut un imâm dans la langue arabe, [la grammaire] et les belles-lettres, et laissa de nombreux écrits dont les hommes tirèrent profit.
Ibn Khallikān a dit (1) : « Al-Ḥūfī est une nisba renvoyant à une contrée d’Égypte appelée la Šarqiyya, dont la capitale est Bilbays. La campagne qui en dépend est dénommée ḥawf, et l’on qualifie d’ḥūfī celui qui en est originaire. Il venait d’un village nommé Šubrā al-Lanja (2), dépendant du territoire de la Šarqiyya susmentionnée. »
Puis commença l’année trente-et-un et quatre-cents [431 H].
Cette année-là, le Tigre eut une crue prodigieuse : il emporta le pont avec ceux qui s’y trouvaient, les rejeta en aval de la ville, et ils s’en tirèrent indemnes.
Au cours de la même année, un tumulte éclata entre les troupes et Jalāl ad-Dawla ; un grand nombre de personnes des deux camps furent tuées, de longs désordres suivirent, une corruption généralisée se répandit, et la brèche devint trop large pour le raccommodeur. Les Turcs pillèrent les demeures ; le souverain ne conserva auprès d’eux ni respect ni autorité, et les prix flambèrent à Bagdad.
Cette année encore, le roi Abū Kālijār envoya son ministre al-ʿĀdil Ibn Māfanna à Baṣra et celui-ci s’en empara pour lui.
La même année, le roi Abū Ṭāhir visita le mausolée de ʿAlī et celui d’al-Ḥusayn, marchant pieds nus lors de certaines de ces visites ; aucun habitant de l’Irak n’accomplit le ḥajj cette année-là.
Parmi les notables décédés au cours de cette année se trouvait Ismāʿīl ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh, Abū ʿAbd ar-Raḥmān al-Ḍarīr al-Ḥīrī (3), originaire de Nīshāpūr. Il comptait parmi les hommes éminents, intelligents et d’une parfaite fiabilité. Il se rendit à Bagdad en pèlerin en 423 H, et al-Khaṭīb al-Baghdādī lui récita l’intégralité du Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī en trois séances, selon sa chaîne de transmission passant par Abū l-Haytham al-Kušmihīnī, al-Firabrī, jusqu’à al-Bukhārī. Il mourut cette année-là (4), alors qu’il approchait de soixante-dix ans. Qu’Allāh, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.