Ô gens de la poésie, je vous ai prodigué conseil,
Je n’ai d’artifice, hormis celui du loyal conseil.
Le temps a emporté les nobles, ces modèles disparus ;
Et l’on pourrait discourir longtemps encore sur ces faits disparus.
Vous réclamez (1) la largesse d’un homme foncièrement avare ;
Son âme, dès l’origine, s’est coulée tout entière dans l’avare.
Et vous (2) vantez, sous prétexte de grâce et de beauté, des visages d’extrême laideur ;
C’est pourquoi votre subsistance vous échappe : vous louez dans un mensonge de laideur.
Sauvegardez les rimes : je ne vois personne dont l’espoir recueille faveur (3) ;
Si vous doutez de mon propos, démentez-moi donc par l’exemple d’un seul homme de faveur.
Hibat Allāh ibn ʿAlī ibn Jaʿfar (4), Abū al-Qāsim Ibn Mākūlā, fut à plusieurs reprises vizir de Jalāl ad-Dawlah. Il connaissait par cœur le Coran et excellait dans la poésie comme dans les récits. Il fut étranglé à Hīt, au cours de Jumādā al-Ākhirah de cette année.
Abū Zayd ad-Dabūsī (5), ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn ʿĪsā, jurisconsulte ḥanafite, est – selon Ibn Khallikān (6) – le premier à avoir élaboré la science du khilāf et à l’avoir portée à l’existence. On citait son nom en exemple; la nisba « ad-Dabūsī » renvoie à un village relevant de la région de Boukhara. Il est l’auteur d’al-Asrār, de at-Taqwīm li-l-Adillah, ainsi que de plusieurs autres ouvrages et commentaires.
On rapporte qu’il débattit avec les fuqahāʾ : certains restèrent confondus, et chaque fois qu’Abū Zayd les acculait par un raisonnement contraignant, l’un d’eux se contentait de sourire ou de rire. Abū Zayd déclama alors :
Pourquoi donc, lorsque je l’enchaîne par un argument clair,
Me répond-il aussitôt par un éclat de rire bien clair ?
Si le rire d’un homme est mesure de sa science,
L’ours du désert possède alors toute la science. (7)
Al-Ḥūfī, auteur de l’« Iʿrāb al-Qurʾān », Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Ibrāhīm ibn Saʿīd ibn Yūsuf [al-Ḥūfī], le grammairien (8).