L’imam Aḥmad a dit : « ʿAbd al-Razzāq nous a rapporté, Maʿmar nous a rapporté, d’après al-Zuhrī, d’après ʿUrwa, d’après ʿĀʾisha, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) entendit la voix d’Abū Mūsā al-Ashʿarī pendant sa lecture. Il déclara : ‘Abū Mūsā a reçu [quelque chose] des instruments (mazāmīr) de la famille de Dāwūd.’” » (1) Ce hadith répond aux conditions des deux Shaykhs (al-Bukhārī et Muslim), bien qu’ils ne l’aient pas rapporté par cette même chaîne de transmission.
Aḥmad a également dit (2) : « Ḥasan (3) nous a rapporté, Ḥammād ibn Salama nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abū Salama, d’après Abū Hurayra, que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : “Abū Mūsā a réellement reçu [quelque chose] des instruments (mazāmīr) de Dāwūd.” » Ce hadith est conforme aux conditions de Muslim.
Nous avons aussi rapporté, d’après Abū ʿUthmān al-Nahdī (4), qu’il disait : « J’ai entendu le barbaṭ (5) et le mizmar, mais je n’ai jamais entendu de voix plus belle que celle d’Abū Mūsā al-Ashʿarī. »
Ce dernier possédait non seulement cette voix mélodieuse, mais aussi la rapidité dans la récitation de son Livre, le Zabūr, comme l’a rapporté l’imam Aḥmad (6) : « ʿAbd al-Razzāq nous a rapporté, Maʿmar nous a rapporté, d’après Hammām, d’après Abū Hurayra, qui a déclaré que le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a dit : “On a allégé la récitation à Dāwūd ; il ordonnait que sa monture fût sellée, et il récitait le ‘Qurʾān’ avant qu’on ait fini de la seller. Il ne se nourrissait que du travail de ses propres mains.” »
Al-Bukhārī (7) le rapporte également en s’appuyant sur la chaîne de ʿAbd Allāh ibn Muḥammad, d’après ʿAbd al-Razzāq, avec le même contenu, où il est dit : « La récitation fut facilitée pour Dāwūd ; il ordonnait que ses montures soient sellées, puis récitait le ‘Qurʾān’ avant qu’elles ne le soient entièrement. Et il ne se nourrissait que du travail de ses propres mains » (8).
Al-Bukhārī ajouta ensuite : « Mūsā ibn ʿUqba l’a également rapporté, d’après Ṣafwān – c’est-à-dire Ibn Sulaym –, d’après ʿAṭāʾ ibn Yasār, d’après Abū Hurayra, du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). »
Ibn ʿAsākir a transmis ce hadith en retraçant la biographie de Dāwūd (que la paix soit sur lui) dans son “Tārīkh”, en passant par plusieurs voies, notamment celle d’Ibrāhīm ibn Ṭahmān, lui-même la tenant de Mūsā ibn ʿUqba, et par une autre voie d’Abū ʿĀṣim, d’après Abū Bakr al-Sabrī, d’après Ṣafwān ibn Sulaym (9).
Ce que l’on appelle ici “Qurʾān” renvoie en réalité au Zabūr qui lui fut révélé et inspiré. On rapporte une version plus précise qui semble être bien conservée : en tant que roi, ayant des partisans, Dāwūd récitait le Zabūr en un temps équivalent à celui nécessaire pour seller les montures. Il s’agit là d’une récitation rapide, tout en comportant méditation, mélodie et chant modulé.