[Puis entra l’année trente et quatre cents]
Au cours de cette année, le roi Masʿūd ibn Maḥmūd ibn Subuktikīn rencontra le roi seljouqide Ṭughrul-Bak, accompagné de son frère Dāwūd, au mois de Shaʿbān ; Masʿūd les mit en déroute et fit périr un grand nombre de leurs compagnons.
Dans cette même année :
— Shabīb ibn Waththāb (1) fit prononcer la khuṭbah pour al-Qāʾim bi-Amr Allāh à Ḥarrān et ar-Raqqah (2), mettant fin à la khuṭbah en faveur d’al-Mustanṣir l’ʿUbaydī.
— Abū Manṣūr ibn Jalāl ad-Dawlah reçut le titre de « al-Malik al-ʿAzīz » alors qu’il résidait à Wāsiṭ. Cet ʿAzīz fut le dernier des Banū Būyah à régner à Bagdad ; lorsque ces derniers transgressèrent, se montrèrent injustes, se rebellèrent et s’arrogèrent le nom de « Malik al-Amlāk — Roi des rois », appellation qu’Allah — exalté soit-Il — déteste, Il leur retira les faveurs dont Il les avait comblés et confia la royauté à d’autres. Allah — Très-Haut — dit :
« En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes ; et quand Allah veut un mal pour un peuple, nul ne peut l’en détourner ; ils n’ont, en dehors de Lui, aucun protecteur. » [ar-Raʿd : 11]
— Le Calife revêtit le juge des juges, Abū ʿAbd Allāh ibn Mākūlā, d’une robe d’honneur.
— Une neige abondante tomba sur Bagdad : elle atteignit l’épaisseur d’une palme sur les terrasses, au point que les habitants durent l’en débarrasser.
Ibn al-Jawzī (3) rapporte : « Au cours de Jumādā al-Ākhirah, les Banū Saljūq s’emparèrent du Khurāsān et du Jabal, puis se partagèrent les confins ; ce fut le premier pouvoir seljouqide. »
Personne, cette année-là, ne se rendit au pèlerinage parmi les gens d’Irak et du Khurāsān, ni parmi ceux du Shām et de l’Égypte, sauf un petit nombre.
[Parmi ceux qui décédèrent au cours de cette année] :
— Le ḥāfiẓ Abū Nuʿaym al-Iṣbahānī (4), Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Aḥmad ibn Isḥāq ibn Mūsā ibn Mihrān, éminent ḥāfiẓ, auteur de nombreux ouvrages célèbres. Parmi ceux-ci : « Ḥilyat al-Awliyāʾ », vaste composition en plusieurs volumes, qui témoigne de l’étendue de ses auditions, de la multitude de ses maîtres et de sa profonde connaissance des origines des ḥadiths et de la complexité de leurs chaînes. Il composa également un « Muʿjam… »