Elle est descendue vers toi du séjour (1) le plus élevé,
Tourterelle altière, fière de sa réserve consacrée ;
Voilée à tout regard pénétrant qui l’eût recherchée,
C’est pourtant elle qui se leva sans jamais se voiler.
À regret elle parvint jusqu’à toi – que d’angoisse éprouvée ! –
Peut-être haïssait-elle de te quitter, le cœur plein de plaies.
Il s’agit là d’une longue qaṣîda.
Il dit encore :
Fais qu’un seul repas suffise à ton corps chaque journée,
Redoute tout aliment avant le précédent digéré ;
Garde ta semence autant qu’il t’est possible – prends garde avec piété –
Car c’est l’eau de la vie qui, dans les matrices, vient à se verser.
On rapporte qu’il mourut d’une colique à Hamadhân ;
d’aucuns disent à Iṣfahân – le premier avis est plus fondé –,
un vendredi du mois de Ramaḍān en l’an quatre cent vingt-huit, âgé de cinquante-huit ans.
Al-Ghazzâlî (2) lui consacra un exposé dans « Les Intentions des philosophes »,
puis le réfuta dans « L’Incohérence des philosophes » en vingt questions (3),
le déclarant mécréant sur trois d’entre elles : l’éternité du monde,
le refus de la résurrection corporelle et l’idée qu’Allah ne connaît pas les particularités ;
il le déclara hérétique pour le reste.
On dit qu’il se repentit à l’approche de la mort – Allah – glorifié et exalté soit-Il – est le plus Savant.
[Puis commença l’année quatre cent vingt-neuf]
Durant celle-ci : ce fut le début de la domination des Seldjoukides (4).
Cette année-là, Rukn ad-Dawla Abû Tâlib Ṭughrulbak Muḥammad ibn Mīkāʾīl ibn Saljûq s’empara de Nîsâbûr, s’assit sur le trône de la royauté, envoya son frère Dâwud dans toutes les contrées du Khurâsân ; celui-ci les conquit et les arracha aux représentants du roi Masʿûd ibn Maḥmûd ibn Subuktikîn.
La même année, l’armée des Égyptiens tua le maître d’Alep, Shibl ad-Dawla Naṣr ibn Ṣâliḥ ibn Mirdâs, et s’empara d’Alep et de ses dépendances.
La même année encore, Jalâl ad-Dawla demanda au calife le titre de « Malik ad-Dawla » (5), et le reçut après quelque réticence.
La même année enfin, le calife al-Qâʾim bi-Amr Allah convoqua les juges et les juristes et fit comparaître le Catholicos des chrétiens,