[Puis entra l’année 428 de l’Hégire]
Au cours de celle-ci :
Le Calife fit revêtir Abū Tammām Muḥammad ibn Muḥammad ibn ʿAlī az-Zaynabī de la robe d’honneur et lui remit les charges qui avaient été celles de son père : la dignité de naqīb des ʿAbbāsides et la direction de la prière.
Durant la même année :
Une scission survint entre les troupes et Jalāl ad-Dawla ; on supprima son nom, ainsi que celui du roi Abū Kālijār, de la khuṭba, puis on le rétablit. La situation de Jalāl ad-Dawla se rétablit ; le Calife lui prêta serment, démit son vizir Ibn Mākūlā et nomma vizir Abū al-Maʿālī ibn ʿAbd ar-Raḥīm. Jalāl ad-Dawla avait réuni une armée nombreuse, où se trouvaient notamment al-Basāsīrī, Dubays ibn ʿAlī ibn Mazīd et Qarwāsh ibn Muqallad al-ʿUqaylī ; il assiégea Bagdad par son côté occidental jusqu’à la prendre d’assaut. Par la médiation du Qāḍī al-Quḍāt al-Māwardī, il conclut la paix avec Abū Kālijār. Abū Manṣūr, fils d’Abū Kālijār, épousa la fille de Jalāl ad-Dawla contre une dot de cinquante mille dinars ; leurs positions s’harmonisèrent et la situation de l’État comme celle des administrés s’améliora.
Dans le courant de cette année encore :
Une pluie tomba dans le pays de Famm aṣ-Ṣulaʿ(1), mêlée de poissons dont chacun pesait un ou deux raṭls(2).
De même :
Le souverain d’Égypte envoya une somme destinée à être dépensée pour un canal à Kūfa, pour peu que le Calife ʿabbāside y consentît. Al-Qāʾim bi-Llāh convoqua les juristes, les consulta au sujet de cet argent ; ceux-ci rendirent une fatwā affirmant qu’il s’agissait d’un fayʾ des musulmans devant être affecté à leurs intérêts. Il autorisa donc qu’il fût dépensé pour le bien des musulmans.
Cette année encore :
Les ʿayyārūn se soulevèrent dans la ville ; ils ouvrirent la prison du côté oriental, en firent sortir des détenus, tuèrent dix-sept hommes parmi la police, et les troubles ainsi que les méfaits se répandirent considérablement dans la cité.
Au cours de la même année :
ʿAbd Allāh ibn al-Ḥusayn ibn Salāmah reçut le gouvernement du Tihāma après son père.
De même, ʿAmān fut confiée à al-Qāsim ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn Mukram à la suite du décès de celui-ci.
Aucun habitant de l’Irak [ni du Khurāsān] ne se rendit en pèlerinage cette année-là, en raison de la corruption des contrées et de la dissension générale.
[Parmi ceux qui décédèrent durant cette année]
al-Qudūrī le ḥanafite(3), Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Jaʿfar, Abū al-Ḥasan al-Qudūrī [al-Baghdādī].