Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le jeûne de David (puisse la paix être sur lui) appartenait à Dieu : il dormait la moitié de la nuit, se levait pour un tiers et dormait un sixième. Il jeûnait un jour et rompait son jeûne le jour suivant, et ne fuyait pas au moment de la rencontre (1).

Et Sa parole (qu’Il soit exalté) : « Nous avons assujetti avec lui les montagnes qui glorifient (Dieu) le soir et au moment du lever (18), et aussi les oiseaux rassemblés, tous revenaient inlassablement vers lui », tout comme Il a dit : « Ô montagnes, chantez avec lui, et vous, oiseaux ! », c’est-à-dire : glorifiez (Dieu) avec lui. C’est l’interprétation qu’en firent Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et bien d’autres concernant ce verset : « Nous avons assujetti avec lui les montagnes qui glorifient (Dieu) le soir et au moment du lever (18). » Autrement dit, à la fin du jour comme à son commencement, car Dieu – qu’Il soit exalté – lui avait accordé une voix magnifique qu’Il n’avait donnée à personne d’autre. Ainsi, quand il entonnait la récitation de son Livre, les oiseaux s’arrêtaient dans les airs pour faire résonner son chant et glorifier (Dieu) en chœur avec lui. De même, les montagnes lui répondaient et chantaient la gloire divine à ses côtés dès qu’il se mettait à glorifier Dieu, matin et soir. Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui.

Al-Awzâ‘î (2) a rapporté, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Âmir, que David (puisse la paix être sur lui) avait reçu une beauté de voix jamais accordée à qui que ce soit. Au point que les oiseaux comme les bêtes sauvages s’attroupaient autour de lui jusqu’à mourir de soif et de faim, et même les rivières cessaient de couler. Wahb ibn Munabbih dit : « Nul n’entendait sa voix sans se mettre à sautiller (3) comme si c’était une danse. Il récitait les Psaumes d’une voix encore jamais entendue par aucune oreille, à tel point que les djinns, les humains, les oiseaux et les animaux se rassemblaient pour l’écouter, et certains d’entre eux finissaient par mourir de faim. »

Abû ‘Awâna al-Isfarayînî rapporte : « Abû Bakr ibn Abî al-Dunyâ nous a transmis, Muhammad ibn Mansûr al-Tûsî nous a dit : ‘J’ai entendu Sabîh nous informer de Barâd (4).’ (H) Abû ‘Awâna poursuivit : ‘Abû al-‘Abbâs al-Madanî m’a également rapporté : Muhammad ibn Sâliḥ al-‘Adawî nous a transmis, Siyyar (c’est Ibn Hâtim) d’après Ja‘far, d’après Mâlik, qui a dit : “Quand David (que la paix soit sur lui) commençait la récitation des Psaumes, les jeunes femmes se fendaient le cœur.”’ Ceci est étrange. »

‘Abd al-Razzâq dit, d’après Ibn Jurayj : « J’ai interrogé ‘Atâ’ à propos de la lecture (du Coran) sur un ton chanté, et il répondit : “Qu’y a-t-il de mal à cela ? J’ai entendu ‘Ubayd ibn ‘Umayr dire que David (que la paix soit sur lui) prenait un instrument à cordes, le frappait tout en lisant dessus, et sa voix lui revenait en écho. Il voulait (ainsi) pleurer et faire pleurer (5).” »

(1) Rapporté par al-Bukhârî : n° (3420), dans « Les Prophètes », chapitre « La prière la plus aimée d’Allah est la prière de Dâwûd », sans la mention « et il ne fuit pas lorsqu’il rencontre » ; et par Muslim n° (1159) (189‑190) dans « Le jeûne », chapitre « L’interdiction de jeûner continuellement pour celui qui en souffre ou qui en aurait à juste titre manqué ». Dans sa version, on trouve aussi une variation dans l’ordre des mots. (2) Al-Awzâʿî est ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAmr ibn Yuḥmad, cheikh de l’islâm et savant de la région du Châm. Il résidait dans le quartier d’al-Awzāʿ, qui est l’actuelle ʿAqība, dans la partie extérieure de Bab al-Farâdīs, aujourd’hui Bab al-ʿImāra ; puis il s’est déplacé à Beyrouth où il mena une vie de recluse jusqu’à sa mort en l’an 157 de l’Hégire. Voir Siyar Aʿlām an-Nubalâʾ (7/107) ainsi que les sources de sa biographie. (3) Al-Ḥajl : consiste à soulever un homme et à sauter par-dessus un autre en signe de joie. (4) Dans certaines copies : « J’ai entendu Ṣubayḥan Abû Ṭurâb ». (5) Dans la copie B, c’est corrigé en : « il pleure et fait pleurer ».
إلى اللهِ صِيَامُ دَاودَ، كان ينام نصفَ الليل، ويقوم ثُلُثه. وينامُ سُدُسَه، وكان يصوم يومًا ويفطر يومًا، ولا يفِرُّ إذا لاقى" (١) . وقوله: ﴿إِنَّا سَخَّرْنَا الْجِبَالَ مَعَهُ يُسَبِّحْنَ بِالْعَشِيِّ وَالْإِشْرَاقِ (١٨) وَالطَّيْرَ مَحْشُورَةً كُلٌّ لَهُ أَوَّابٌ﴾، كما قال: ﴿يَاجِبَالُ أَوِّبِي مَعَهُ وَالطَّيْرَ﴾ أي: سبّحي معه. قاله ابن عباس ومجاهد وغير واحد في تفسير هذه الآية ﴿إِنَّا سَخَّرْنَا الْجِبَالَ مَعَهُ يُسَبِّحْنَ بِالْعَشِيِّ وَالْإِشْرَاقِ﴾ أي: عند آخر النهار وأوّله، وذلك أنه كان الله تعالى قد وهبه من الصوت العظيم ما لم يعطه أحدًا، بحيث إنه كان إذا ترنَّم بقراءة كتابه يقف الطير في الهواء يُرجِّع بترجيعه ويسبح بتسبيحه، وكذلك الجبال تجيبه وتُسبِّح معه كلما سبَّح بُكرَةً وعَشِيًا، صلوات الله وسلامه عليه. وقال الأَوزاعي (٢) : حدّثني عبد الله بن عامر قال: أُعطي داود من حسن الصوت ما لم يُعْطَ أحدٌ قَطّ، حتى أن كان الطير والوحش ينعكف حوله حتى يموت عطشًا وجوعًا، وحتى أن الأنهار لتقف. وفال وهب بن منبه: كان لا يسمعه أحد إلا حَجَل (٣) كهيئة الرقص، وكان يقرأ الزبور بصوت لم تسمع الآذان بمثله، فيعكف الجن والإنس والطير والدواب على صوته حتى يهلك بعضها جوعًا. وقال أبو عوانة الإسفراييني: حدّثنا أبو بكر بن أبي الدنيا، حدّثنا محمد بن منصور الطوسي، سمعت صبيحًا أنبأنا براد (٤) . (ح) قال أبو عوانة: وحدّثني أبو العباس المدني، حدّثنا محمد بن صالح العدوي، حدّثنا سيَّار -هو ابن حاتم- عن جعفر، عن مالك قال: كان داود (عليه السلام) إذا أخذ في قراءة الزبور تفتقت العذارى. وهذا غريب. وقال عبد الرزاق، عن ابن جريج: سألت عطاء عن القراءة على الغناء فقال: وما بأس بذلك، سمعت عبيد بن عُمير يقول: كان داود (عليه السلام) يأخذ المِعزَفة فيضرب بها فيقرأ عليها، فترد عليه صوته. يريد بذلك أن يبكي وتبكي (٥) .
(١) أخرجه البخاري: رقم (٣٤٢٠)، في الأنبياء، باب أحب الصلاة إلى الله صلاة داود، وليس فيه: "ولا يفر إذا لاقى"، ومسلم رقم (١١٥٩) (١٨٩ - ١٩٠) في الصيام، باب النهي عن صوم الدهر لمن تضرر به أو فوّت به حقًا. وفي لفظه تقديم وتأخير. (٢) الأوزاعي هو عبد الرحمن بن عمرو بن يُحمد، شيخ الإسلام، وعالم أهل الشام. كان يسكن بمحلة الأوزاع -وهي العقيبة الآن- ظاهر باب الفراديس -وهو باب العمارة اليوم- ثم تحول إلى بيروت مرابطًا بها إلى أن مات (رحمه الله) سنة (١٥٧ هـ) في سير أعلام النبلاء (٧/ ١٠٧) ومصادر ترجمته ثمة. (٣) الحَجْل: أن يرفع رجلًا ويقفز على الأخرى من الفرح. (٤) في بعض النسخ: سمعت صبيحًا أبا تراب. (٥) ضبطت في ب: أن يَبكي ويُبكي.

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