C’était l’un des maîtres du ḥadith ; il avait beaucoup reçu et il était digne de confiance, véridique. Un jour, un jeune étranger vint le trouver et lui dit : « J’ai vu le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — en rêve. Il m’a dit : “Va auprès d’Abû ʿAlî ibn Shâdhân, renseigne-toi sur lui et transmets-lui mon salâm.” » Puis le jeune homme s’en alla. Le shaykh se mit à pleurer et déclara : « Je ne connais aucune œuvre qui me vaille un tel honneur, sinon ma patience à faire entendre le ḥadith et ma prière sur le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — chaque fois qu’il est mentionné. » Il mourut deux ou trois mois après cette vision, au mois de Muḥarram de cette année (1), à l’âge de quatre-vingt-sept ans, et fut enterré à Bâb ad-Dayr. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Al-Ḥasan (2) ibn ʿUthmân ibn Aḥmad ibn al-Ḥusayn ibn Ṣûrah (3), Abû ʿUmar l’exhortateur, connu sous le nom d’Ibn al-Falû, reçut le ḥadith de plusieurs shuyûkh. Ibn al-Jawzî dit de lui : « Il prêchait avec éloquence, faisait preuve de magnanimité, était digne de confiance, ordonnait le bien et interdisait le mal. » De ses vers :
Je suis entré chez le sultan, dans son palais d’honneur … Pauvre, sans cheval, sans escorte, sans faveur ;
Et je dis : « Voyez l’abîme entre ma misère et votre splendeur … Tel l’écart qui sépare l’investiture de la perte de grandeur. »
Il mourut en Ṣafar, sur le seuil de ses quatre-vingts ans, et fut enterré au cimetière de Bâb Ḥarb, à côté d’Ibn as-Samâk — qu’Allah leur fasse miséricorde.
[Puis commença l’année 427 H.]
Au mois de Muḥarram, on acheva la reconstruction du pont dʿĪsā, qui s’était effondré ; le shaykh Abû al-Ḥasan al-Qudûrî, hanafite, en supervisait les dépenses.
Durant cette même année, puis par la suite, le trouble causé par les ʿayyârîn s’aggrava : ils investissaient les maisons, et leurs exactions, ainsi que leurs violences, ne cessèrent de croître.
Au cours de cette année encore, mourut le souverain d’Égypte Ẓâhir li-Iʿzâz Dîn Allâh, Abû al-Ḥasan ʿAlî ibn al-Ḥâkim ibn al-ʿAzîz ibn al-Maʿr le Fâṭimide, âgé de trente-trois ans et quelques mois. Son règne avait duré seize ans et neuf mois, et sa conduite fut jugée louable. Lui succéda son fils al-Mustanṣir, âgé de sept ans, nommé Maʿadd et connu sous la kunya Abû Tamîm. L’Afdal, Amîr al-Juyûsh, Badr ibn ʿAbd Allâh al-Jamâlî, prit alors en main les rênes du royaume. Le Ẓâhir, susmentionné, avait auparavant nommé comme vizir le Ṣâḥib Abû al-Qāsim al-Jarjarâʾî, lequel était amputé des deux bras jusqu’aux coudes en