Au mois de Rajab, les prix s’enflammèrent à Bagdad et dans le reste des contrées de l’Irak, et nul n’accomplit le pèlerinage depuis ces terres.
Au cours de la même année, une mortalité d’ampleur frappa l’Inde, Ghazna, le Khorâsân, Gorgân, Rayy et Ispahan ; en très peu de temps on y compta quarante mille convois funèbres. Dans les régions du Jabal, de Mossoul et de Bagdad, la part qu’en prit la variole fut notable, au point qu’aucune maison ne demeura sans malade. Le fléau persista durant Ḥazîrân, Tammûz, Âb, Aylûl, Tishrîn al-Awwal et Tishrîn ath-Thânî ; il fut plus virulent en été qu’en automne, ainsi que le rapporte Ibn al-Jawzî dans « al-Muntaẓam ».
Un homme des Ahl as-Sunnah d’Ispahan vit en songe un crieur, à la voix puissante, proclamer : « Ô gens d’Ispahan ! il se tut, il parla, il se tut, il parla. » L’homme s’éveilla, terrifié, sans que quiconque pût en donner l’interprétation. Quand on le raconta à un esprit avisé, celui-ci dit : « Prenez garde, gens d’Ispahan ; j’ai lu dans les vers d’Abû al-ʿAtâhiyah :
“Le temps se tut longtemps à leur sujet,
Puis, quand il parla, les fit pleurer de sang.”
Peu de temps après, le roi Masʿûd ibn Maḥmûd ibn Subuktikîn arriva et massacra une multitude d’entre eux, jusqu’à tuer des gens dans les mosquées et les oratoires alors qu’ils s’y étaient retirés en retraite spirituelle. – Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons. –
Cette année-là encore, le roi Abû Kâlijâr s’empara du chambellan Ṣandal et le mit à mort ; ce dernier s’était accaparé son royaume, ne lui en laissant que le titre, si bien qu’il fut délivré de sa domination.
Durant la même année mourut le grand roi des Turcs, souverain des terres d’au-delà du fleuve ; il se nommait Badr Khân – Allah, Exalté soit-Il, sait mieux ce qu’il en est.
Parmi les notables décédés cette année-là :
• Rawḥ ibn Muḥammad ibn Aḥmad, Abû Zurʿa ar-Râzî. Al-Khaṭîb rapporte : « Il entendit (le ḥadîth) de plusieurs maîtres, vint à nous en pèlerin, j’écrivis de lui. Il était véridique, perspicace, lettré, adepte du fiqh selon l’école shâfiʿite, et occupa la magistrature d’Ispahan. J’ai appris qu’il mourut à al-Karkh en 423 H. »
• ʿAlî ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn Nuʿaym ibn al-Ḥasan al-Baṣrî, connu sous le nom d’an-Nuʿaymî : ḥâfiẓ, poète, théologien et juriste shâfiʿite.