la prédication, l’incitation au bien et la réprobation du mal ; l’on recueillit la signature des assistants, attestant leur adhésion à ce qu’ils venaient d’entendre.
Le lundi, premier jour de Dhû l-Qaʿda, tous furent de nouveau rassemblés et l’on leur donna lecture d’une seconde lettre, fort longue, exposant la Sunna, réfutant les innovateurs, rapportant la controverse entre Bishr al-Marîsî et al-Kinânî, ordonnant le bien et interdisant le mal, exaltant les Compagnons et mentionnant les mérites d’Abû Bakr, ʿUmar et ʿUthmân – qu’Allah les agrée. La séance ne prit fin qu’après la prière de la nuit ; on recueillit alors leurs signatures entérinant ce qu’ils avaient entendu. Les prêcheurs chiites furent relevés de leurs fonctions et remplacés par d’autres, issus des gens de la Sunna. Une grave sédition éclata dans la mosquée de Barâthâ : on frappa le prédicateur sunnite à coups de briques, au point de lui briser le nez et de lui démettre l’épaule. Le calife prit sa défense, humilia les chiites et les rabaissa, si bien qu’ils vinrent présenter des excuses, affirmant que seuls leurs écervelés et leurs vauriens avaient commis ces actes. Cette année-là, nul habitant de l’Irak ni du Khurâsân ne put accomplir le pèlerinage – et Allah est plus savant.
Parmi les notables décédés au cours de cette année :
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Al-Ḥasan b. Abî al-ʿÎs, Abû ʿAlî al-Zāhid. Compté parmi les dévots dotés d’états spirituels, il se présenta un jour devant un ministre qui lui baisa la main. On blâma le ministre, mais il répondit : « Comment ne pas embrasser une main qui ne s’est jamais tendue qu’en direction d’Allah, exalté soit-Il ? »
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ʿAlî b. ʿĪsā b. al-Faraj b. Ṣāliḥ, Abû l-Ḥasan ar-Rabaʿî. Il étudia la langue arabe auprès d’Abû Saʿîd as-Sîrâfî, puis d’Abû ʿAlî al-Fârisî, dont il suivit l’enseignement vingt ans durant, à tel point que ce dernier disait : « Dites-lui que, dût-il voyager de l’Orient à l’Occident, il ne trouverait personne ayant une meilleure connaissance de la grammaire que lui. »
Un jour, alors qu’il se promenait sur la rive du Tigre, il aperçut les deux sharîfs – ar-Raḍî et al-Murtadâ – dans une barque, accompagnés de ʿUthmân b. Jinnî. Il les taquina en leur lançant : « Quelle chose étonnante : ʿUthmân est avec vous, tandis qu’ʿAlî, loin de vous, marche sur la rive du Tigre ! » Ils éclatèrent de rire et répondirent : « Au nom d’Allah ! »
Il mourut en Muḥarram de cette année, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, et fut inhumé à Bāb ad-Dayr. On rapporte que seuls trois hommes accompagnèrent son convoi funèbre.