Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le verdict de la Mort s’impose à la création tout entière ;
Ce monde n’est point demeure stable ni résidence dernière.

Je plains mes envieux : le feu de leur rancœur les dévore encore ;
Ils contemplent la grâce qu’Allah me dispense, yeux en jardin, cœurs en brasier qui brûle fort.

Le monde fut pétri dans la turbidité(1), et toi tu le voudrais(2) pur, sans aucune fange(3) ni brouillard ;
Qui force les jours à trahir leur nature cherche dans l’eau placide l’étincelle d’un tison hagard.

Et si tu mets ton espoir dans l’impossible, tu dresses ta confiance sur un bord d’abîme sans service ;
J’habite parmi mes ennemis, lui séjourne près de son Seigneur : quelle distance entre son hospice et mon hospice !

Ibn Khallikān(4) rapporte qu’un homme le vit en songe dans un état fort louable ; l’un de ses compagnons lui demanda : « Par quoi as-tu mérité cela ? » — « Par ce vers, » répondit-il. Il décéda, cette année-là, dans la prison de la Khazānat al-Banūd du Caire. Qu’Allah, Exalté, lui fasse miséricorde.

[Commence ensuite l’année 417 de l’Hégire]

Le 20 de Muḥarram, une violente sédition éclata entre les Asfahsalarīya(5) et les ʿAyyārūn ; les Turcs s’y précipitèrent, tambours de guerre battants, incendièrent de nombreuses portes des maisons où les ʿAyyārūn s’étaient retranchés, mirent le feu à une grande partie du quartier de Karkh, pillèrent ses habitants, et le pillage s’étendit à d’autres quartiers. Ce fut une émeute terrible et hideuse ; elle s’apaisa dès le lendemain. On infligea aux habitants de Karkh une amende de cent mille dinars [confisqués] pour avoir fomenté troubles et désordres.

Au mois de Rabīʿ ath-Thānī, Abū ʿAbd Allāh al-Ḥusayn b. ʿAlī aṣ-Ṣaymarī vint témoigner devant le qāḍī al-quḍāt Ibn Abī ash-Shawārib, lequel, après l’avoir appelé au repentir, lui pardonna ce qu’on avait rapporté de son inclination pour l’Iʿtizāl.

En Ramaḍān, un astre se détacha, accompagné d’un fracas semblable au tonnerre ; le dernier jour de Shawwāl, il tomba une grêle sans précédent, et le phénomène persista jusqu’au 20 de Dhū l-Ḥijja. L’eau demeura gelée tout ce temps, jusque sur les rives du Tigre et des grands fleuves. Les gens endurèrent alors une épreuve très rude : la pluie se fit attendre, le niveau du Tigre baissa, la récolte fut maigre, et nombre de

(1) Dans la variante (ṭ): جبلت (Jabalat). (2) Dans la variante (ṭ): ترومها (Turūmihā). (3) Dans al-Wafayāt : الأقذاء (al-Aqdhāʼ). (4) Dans Wafayāt al-Aʿyān (3/381). (5) Dans al-Muntaẓim (8/24) : الإصفهسلارية (al-Iṣfahsālīyah).
حكمُ المنيَّةِ في البريَّةِ جَارِي … ما هذهِ الدُّنيا بدارِ قَرَارِ إنِّي لأرْحَمُ حَاسِديَّ لحرِّ ما … ضمَّتْ صُدُورُهُم مِنَ الأوْغَارِ نظروا صَنِيعَ اللَّهِ بي فعيونُهم … في جَنَّةٍ، وقُلُوبُهم في نَارِ ومنها في ذمّ الدنيا، وكلّ هذه القصيدة مليح مختار: طبعتْ (١) على كدرٍ وأنتَ تريدُها (٢) … صَفْوًا من الأقذار (٣) والأكْدَارِ ومكلّف الأيام ضدَّ طباعِها … متطلِّبٌ في الماءِ جذوةَ نارِ واذا رجوتَ المستحيلَ فإنَّما … تَبني الرجاءَ على شفيرٍ هارِ ومنها قوله في ولده [بعد موته] : جاورتُ أعدائي وجاورَ رَبَّهُ … شَتَّان بينَ جِوارِهِ وجِوَارِي وقد ذكر ابن خلِّكان (٤) : أن بعضهم رآه في النوم بأيَّهةٍ حسنةٍ فقال [له بعض أصحابه] : بِمَ نلت ذلك؟ فقال: بهذا البيت، توفي بحبس خزانة البنود من القاهرة في هذه السنة، رحمه اللَّه تعالى. [ثم دخلت سنة سبع عشرة وأربعمئة] في العشرين من المحرّم، وقعت فتنة عظيمة بين الأسفهسلاريّة (٥) وبين العيَّارين، وركبت إليهم الأتراك بالدَّبادب كما يُفعل في الحرب، وأحرقت أبواب كثيرة من الدور التي احتمى فيها العيَّارون، وأحرق من الكرخ جانب كبير، ونُهب أهله، وتعدَّى النهب إلى غيره أيضًا، وكانت فتنةً هائلةً شنيعةً، ثمّ خمدت في اليوم الثاني، وقُرّر على أهل الكرخ مئة ألف دينار [مصادرة] لإثارتهم الفتن والشرور. وفي شهر ربيع الآخر منها شهد أبو عبد اللَّه الحسين بن علي الصيمري عند قاضي القضاة ابن أبي الشوارب بعدما كان استتابه عفا ذُكر عنه من الاعتزال. وفي رمضان انقضَّ كوكب سُمع له دويّ كدويّ الرَّعد، ووقع في سلخ شوال بَرَدٌ لم يُعهد مثله، واستمر ذلك إلى العشرين من ذي الحجّة، وجمد الماء طول هذه المدّة، حتى حافات دجلة والأنهار الكبار، وقاسى الناس شدّة عظيمة، وتأخّر المطر، وزيادة دجلة، وقلّة الزراعة، وامتنع كثير من
(١) في (ط): جبلت. (٢) في (ط): ترومها. (٣) في الوفيات: الأقذاء. (٤) وفيات الأعيان (٣/ ٣٨١). (٥) في المنتظم (٨/ ٢٤): الإصفهسلارية.

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