en plusieurs endroits de Damas la radieuse. Écoutons-le en faire la chronique dans son Histoire (tome 16, p. 457) à propos des faits de l’an 766 de l’Hégire. Il écrit : « On acheva la lecture du “Sahîh al-Bukhârî” à la Grande Mosquée omeyyade et ailleurs, en plusieurs endroits. Parmi ceux-ci figuraient six séances lues dans la même journée devant le shaykh ‘Imâd al-Dîn Ibn Kathîr. La première se tenait à la mosquée Hishâm à l’aube, avant le lever du soleil, puis sous le “Nasr” (la coupole de l’Aigle), ensuite à la madrasah al-Nûriyyah, puis après la prière de midi à la mosquée Tankiz, puis à la madrasah al-‘Azziyyah, puis au koshk de la mère de l’épouse, la dame Asmâ’ bint le ministre Ibn al-Sal‘ûs, et ce jusqu’à l’appel à la prière de l’après-midi (‘Asr). Après cela, de la prière de l’après-midi jusqu’au coucher du soleil, on poursuivait la lecture dans la demeure du “Roi des émirs”, Amîr ‘Alî, dans le quartier al-Qassâ‘în. Quant à “Sahîh Muslim”, il était récité au mihrab des Hanbalites, à l’intérieur de Bâb al-Ziyârah, après la coupole de l’Aigle et avant la madrasah al-Nûriyyah. C’est à Dieu que nous adressons notre demande, et c’est Lui qui assiste, qui facilite et qui rend les choses aisées. Cette lecture fut également accomplie de la sorte en plusieurs autres lieux, tant chez les émirs que chez d’autres, et l’on n’a pas souvenance que rien de semblable ait eu lieu les années précédentes. À Dieu reviennent donc la louange et la gratitude. »
• Son attitude vis-à-vis des “Israʾîliyyât” :
Abû al-Fidâ’ – qu’Allah lui fasse miséricorde – porta un grand intérêt aux récits israélites et annonça dès le début de son Tafsîr et de son Histoire la méthode qu’il avait adoptée à leur égard. Il se basa sur les récits du Prophète (paix et bénédiction sur lui) tels que : « Transmettez de ma part ne serait-ce qu’un verset, et rapportez les récits des Banû Isrâ’îl sans gêne. Quant à celui qui ment sciemment à mon sujet, qu’il prépare sa place en Enfer. » Il divisa ainsi (1) les informations relatives aux Banû Isrâ’îl en trois catégories :
- Les récits confirmés par le Livre et la Sunna, qui en attestent explicitement. Nous n’en avons toutefois pas besoin, “car nous nous suffisons de ce que nous possédons déjà.”
- Les récits démentis par le Livre et la Sunna, qui ne les confirment pas. “Ceux-là sont à rejeter. Il n’est pas permis de les rapporter, si ce n’est pour les dénoncer et les invalider.”
- Les récits que ni le Livre ni la Sunna ne confirment ni ne réfutent. Il est permis de les mentionner à titre d’exemple ou de réflexion, car ils peuvent “développer un résumé déjà connu de nous, ou nommer un personnage resté non identifié dans les textes révélés, alors que cela ne nous apporte aucune utilité. Nous les évoquons simplement pour l’ornement du propos, et non par nécessité ou pour nous y appuyer. En effet, notre seule base et référence demeure le Livre de Dieu et la Sunna de Son Messager – paix et salut sur lui –, dont la chaine de transmission est sûre ou au moins fiable ; quant aux récits présentant une faiblesse, je l’ai signalée.”
Nous espérons qu’Ibn Kathîr aura suivi cette démarche dès les premières pages de son ouvrage “Al-Bidâyah wa-l-Nihâyah”, en particulier dans la section traitant du commencement de la création et dans le récit des prophètes. S’il l’avait fait, il se serait épargné bien des récits israélites aberrants, relevant de la deuxième catégorie, qu’il convient de rejeter, de repousser et de dénoncer. Il n’existe en effet aucune raison valable de les consigner, si ce n’est le besoin de recenser et de transmettre, qui le poussa à les rapporter malgré tout.