Puis vint l’an quatre-cent-seize de l’Hégire.
Au cours de cette année :
Le pouvoir des ʿayyārīn se renforça à Bagdad ; ils pillèrent les demeures au grand jour et tournèrent en dérision l’autorité du sultan.
Au mois de Rabîʿ al-awwal de ladite année :
Sharaf ad-Dawla b. Bûyah ad-Daylamî, maître de Bagdad, de l’Irak et d’autres territoires, décéda. Les troubles se multiplièrent alors à Bagdad, les trésors furent pillés et l’on se mit d’accord pour investir Jalâl ad-Dawla Abû Ṭâhir ; la khuṭba fut prononcée pour lui sur les chaires tandis qu’il se trouvait, [à ce moment-là], à Baṣra. Une khilʿa fut remise à Sharaf al-Mulk Abû Saʿîd b. Mâ Kûlâ, son vizir, et on le gratifia des titres de ʿAlam ad-Dîn, Saʿd ad-Dawla, Amîn al-Milla, Sharaf al-Mulk ; il fut le premier à porter autant de laqabs. Il demanda ensuite au calife de conférer la bayʿa à Abû Kâlîjâr, héritier désigné par son père Sulṭân ad-Dawla, lui-même institué par Bahâʾ ad-Dawla. Le calife hésita, puis se rallia à leur volonté et la khuṭba fut célébrée au nom du roi Abû Kâlîjâr le vendredi 16 Shawwâl de cette même année.
Par la suite, la situation créée par les ʿayyārīn s’aggrava à Bagdad : ils faisaient irruption dans les maisons nuit et jour, frappaient leurs habitants comme on frappe les débiteurs mis en accusation ; quiconque appelait à l’aide n’en recevait aucune. L’état des choses devint critique ; la police s’enfuit de Bagdad et les Turcs ne furent d’aucun secours. Des postes de garde (1) furent installés à l’entrée des ruelles, sans résultat. La demeure du sharîf al-Murtaḍâ fut incendiée et il dut se reloger ailleurs. Les prix montèrent également en flèche à Bagdad, et nul, parmi les gens d’[Irak] et du Khorâsân, n’effectua le Ḥajj cette année-là. Allâh est plus savant de ce qui est juste.
[Parmi les notables décédés au cours de cette année] :
Sâbûr b. Ardashîr (2), qui fut à trois reprises vizir de Bahâʾ ad-Dawla Abû Naṣr b. ʿAḍud ad-Dawla et aussi vizir de Sharaf ad-Dawla. Il était un scribe émérite, intègre vis-à-vis des biens, très charitable et d’un cœur sain ; lorsque le muʾadhdhin lançait l’appel, rien ne le détournait de la prière. En 381 H, il consacra une maison à la science, y déposa un très grand nombre d’ouvrages et dota