afin de renouveler la bayʿa (l’allégeance) en faveur de Sharaf ad-Dawla. Lorsque cette nouvelle parvint au calife, celui-ci s’imagina que cette bayʿa recelait à son encontre une intention pernicieuse ; il envoya donc au qâḍî et aux dignitaires l’ordre de ne pas se présenter auprès d’eux. Les avis se divisèrent alors entre le calife et Sharaf ad-Dawla ; puis ils se réconcilièrent, s’apaisèrent et chacun renouvela la bayʿa à l’autre.
Cette année-là, nul pèlerin venu d’Irak ni du Khurâsân ne se rendit au Ḥaǧǧ.
Il advint qu’un des émirs relevant de Maḥmûd b. Subuktagîn assista au Pèlerinage cette année-là. Le souverain d’Égypte lui fit parvenir de somptueuses robes d’honneur afin qu’il les remît à Maḥmûd b. Subuktagîn ; lorsque l’émir revint avec ces présents auprès de son maître, le roi Maḥmûd les expédia à Bagdad, où elles furent brûlées à la Porte du Nubien, en hommage au calife abbasside al-Qâdir bi-Llāh – qu’Allâh lui fasse miséricorde et le récompense pour son intention et pour sa noble conduite.
Parmi les notables décédés au cours de cette année :
– Aḥmad b. Maḥmûd b. ʿUmar b. al-Ḥasan b. ʿUbayd b. ʿAmr b. Khâlid (1) Abû al-Faraj al-Muʿaddal, plus connu sous le nom d’Ibn al-Muslima (2). Né en 337 de l’Hégire, il entendit des ḥadîths de son père, d’Aḥmad b. Kâmil, d’an-Nakhkhâd, d’al-Khuṭabî (3), de Dalaj b. Aḥmad et d’autres encore. Digne de confiance, il résidait dans la partie orientale de Bagdad et, au début de chaque année, dictait un majlis durant le mois de Muḥarram. Doué de raison, vertueux et très charitable, sa demeure était le refuge des gens de savoir. Il avait étudié le fiqh auprès d’Abû Bakr ar-Râzî, jeûnait continuellement, récitait chaque jour un septième (4) du Coran qu’il répétait ensuite, de ses propres yeux, durant sa prière nocturne. Il s’éteignit en Dhû al-Qaʿda de la présente année. Qu’Allâh le Très-Haut lui fasse miséricorde.
– Aḥmad b. Muḥammad (5) b. Aḥmad b. al-Qâsim b. Ismâʿîl b. Muḥammad b. Ismâʿîl b. Saʿîd b. Abân aḍ-Ḍabbî, Abû al-Ḥasan al-Maḥâmalî – ainsi nommé parce qu’il faisait le commerce des maḥâmil [ces litières sur lesquelles on se fait porter en voyage].