Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les présents étaient nombreux et comptaient, entre autres, plusieurs éléphants ; on y voyait aussi un oiseau ayant l’apparence d’une tourterelle : si on le déposait près du plateau où se trouvait un poison, ses yeux se mettaient à verser des larmes et de l’eau en coulait. Il y avait encore une pierre que l’on râpe ; la poudre obtenue est appliquée sur les plaies béantes, qu’elle fait se refermer, ainsi que bien d’autres merveilles. Cette année-là, les habitants de l’Irak accomplirent le ḥajj, mais ils revinrent par la route du Šām, la nécessité les y ayant contraints.

[Parmi les notables décédés au cours de la même année]

– al-Ḥasan b. al-Faḍl b. Sahlān (1), Abû Muḥammad al-Râmahurmuzî, vizir de Sulṭân al-Dawla ; il fit construire l’enceinte du Ḥāʾir, près du mausolée de l’imâm al-Ḥusayn. Il fut tué au mois de Šaʿbân de cette année.

– al-Ḥasan b. Muḥammad [b. ʿAbd Allâh], Abû ʿAbd Allâh al-Kašfalî al-Ṭabarî (2), jurisconsulte šâfiʿite. Disciple d’Abû al-Qâsim al-Dârkî, il était avisé, vertueux, pieux et ascète. Après le shaykh Abû Ḥâmid al-Isfarāyīnî, il enseigna dans sa mosquée – la mosquée de ʿAbd Allâh b. al-Mubârak à Qaṭîʿat al-Rabîʿ – où les étudiants étaient traités avec honneur.

Un jour, l’un d’eux se plaignit de son extrême besoin : la pension que son père lui envoyait tardait à arriver. Le shaykh le prit par la main, alla chez un marchand de Qaṭîʿat al-Rabîʿ et lui emprunta cinquante dinars. Le marchand dit : « Prenez d’abord quelque nourriture », fit dresser un tapis et ils mangèrent. Puis il ordonna : « Ô servante, apporte l’argent. » Elle apporta une somme dont il pesa cinquante dinars qu’il remit au shaykh.

Quand ils se levèrent, le visage du juriste s’était assombri. Al-Kašfalî lui demanda : « Qu’as-tu donc ? » Il répondit : « Mon maître, l’amour de cette servante a pris place dans mon cœur. » Le marchand revint alors avec lui en disant : « Nous voici dans une nouvelle épreuve. » – « Laquelle ? » demanda al-Kašfalî. – « Le juriste est épris de la servante. » Le marchand ordonna qu’on la fasse venir, la remit au juriste et dit : « Il se peut que son cœur à elle aussi se soit épris de lui. » Peu après, une allocation de six cents dinars parvint au juriste de la part de son père ; il remboursa au marchand le prix de la servante ainsi que le prêt, grâce à l’entremise du shaykh Abû Muḥammad al-Kašfalî. Il mourut en Rabîʿ al-Ākhir de cette année et fut inhumé au cimetière de Bâb Ḥarb. Qu’Allâh – Très-Haut – lui fasse miséricorde.

– ʿAlî b. ʿAbd Allâh b. al-Ḥasan b. Jahḍam (3), Abû al-Ḥasan al-Ṣûfî al-Makkî, auteur de « Bahjat al-Asrâr » (4). Il était le shaykh des soufis à La Mecque, où il mourut au cours de la même année.

Ibn al-Jawzî a dit :

(1) Dans (B) : « al-Husayn », qui est une altération, contrairement à ce que nous avons établi dans (T), ainsi que dans al-Muntaẓam (8/13) et dans Tārīkh al-Islām par al-Dhahabī (9/233) (Bashār). (2) Al-Muntaẓam (8/13), al-Kāmil fī al-Tārīkh (9/334). (3) Al-Muntaẓam (8/14), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (17/275), Shudhūr al-Dhahab (3/200). (4) Dans le Kitāb Bahjat al-Asrār, l’auteur a mentionné les récits des soufis, précisant qu’il a rapporté des merveilles et des histoires dont l’invalidité ne fait aucun doute.
كثيرة، فيها فيول عديدة، منها طائر على هيئة القُمري، إذا وضع عند الخوان وفيه سُمّ دمعت عيناه وجرى منها ماءٌ، ومنها حجر يحكّ ويؤخذ ما يحصل منه فيطلى به الجراحات ذوات الأفواه الواسعة فيلحمها، وغير ذلك. وحجّ أهل العراق في هذه السنة، ولكن رجعوا على طريق الشام لاحتياجهم إلى ذلك. [وممن توفي فيها من الأعيان] الحَسَن بن الفضل بن سهلان (١) أبو محمد الرّامَهرمُزي، وزير سلطان الدولة، وهو الذي بنى سور الحائر عند مشهد الحسين، قُتِلَ في شعبان من هذه السنة. الحسن بن محمد [بن عبد اللَّه] أبو عبد اللَّه الكَشْفَلي الطبري (٢) ، الفقيه الشافعي. تفقّه على أبي القاسم الداركي، وكان فهمًا، فاضلًا، صالحًا زاهدًا، وهو الذي درّس بعد الشيخ أبي حامد الإسفراييني في مسجده، مسجد عبد اللَّه بن المبارك في قطيعة الربيع، وكانت الطَّلبة عنده مكرَّمين، اشتكى بعضهم إليه حاجة، وأنه قد تأخرت عنه نفقته التي ترد عليه من أبيه، فأخذ بيده وذهب إلى بعض التجار بقطيعة الربيع، فاستقرض له منه خمسين دينارًا، فقال [التاجر] : حتى تأكل شيئًا، ومدَّ سماطًا فأكلوا، ثمّ قال: يا جارية هاتي المال، فأحضرت شيئًا من المال، فوزن منه خمسين دينارًا، ودفعها إلى الشيخ، فلمّا قاما إذا بوجه الفقيه قد تغيّر، فقال له الكَشفَلي: ما لك؟ فقال: يا سيدي قد سكن في قلبي حبّ هذه الجارية، فرجع به التاجر فقال: وقد وقعنا في فتنة أخرى، قال: وما هي؟ قال: إنّ الفقيه قد هوي الجارية. فأمر التاجر أن تخرج، فسلّمها إليه وقال: ربّما يكون قد وقع في قلبها منه مثل الذي وقع في قلبه منها، فلمّا كان من قريب قدمت على الفقيه نفقة من أبيه ستمئة دينار فوفّى التاجر ما كان له عليه من ثمن الجارية والقرض، وذلك بسفارة الشيخ أبي محمد الكَشْفَلي. وكانت وفاته في ربيع الآخر من هذه السنة، ودفن بمقبرة باب حرب، رحمه اللَّه تعالى. علي بن عبد اللَّه بن الحَسَن بن جَهْضَم (٣) أبو الحسن الصوفيّ المكّي صاحب "بهجة الأسرار" (٤) . وكان شيخ الصوفيّة بمكّة، وبها توفي في هذه السنة. قال ابن الجوزي:
(١) في (ب): "الحسين"، وهو تحريف، وما أثبتناه من (ط)، والمنتظم (٨/ ١٣)، وتاريخ الإسلام بخط الذهبي (٩/ ٢٣٣) (بشار). (٢) المنتظم (٨/ ١٣)، الكامل في التاريخ (٩/ ٣٣٤). (٣) المنتظم (٨/ ١٤)، سير أعلام النبلاء (١٧/ ٢٧٥)، شذرات الذهب (٣/ ٢٠٠). (٤) كتاب بهجة الأسرار ذكر فيه المؤلف أخبار الصوفية، وقد ذكر أنه أتى بعجائب وقصص لا يشك في بطلانها.

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