« Qui fait cuire un coq sans d’abord le saigner,
Le verra, de la marmite, soudain s’envoler.
À qui l’on enfonce (1) une alêne dans l’œil,
Demande aussitôt ce que c’est que d’être aveugle.
La barbe est le poil qui, sur le visage, a poussé (2),
Tandis que le chignon (3) se noue (4) derrière la nuque (5).
Celui qui mange la panse sans l’avoir lavée
Voit sur sa barbe couler une ordure (6) mal-aimée. »
Il poursuivit jusqu’à réciter le vers que l’on lui envia :
« Celui que la science a fui et que la richesse a manqué
N’est pas mieux loti qu’un chien, l’un et l’autre sont égalés. »
Il arriva en Égypte en l’an 412 de l’Hégire, y loua le calife al-Ẓāhir li-Iʿzāz Dīn Allāh, fils d’al-Ḥākim, et y mourut au mois de Rajab de cette même année. Qu’Allāh lui fasse miséricorde.
[Puis vint l’année treize et quatre-cents.]
Durant celle-ci eut lieu un événement étrange et une calamité d’ampleur [générale] : un Égyptien, partisan d’al-Ḥākim, s’entendit avec un groupe de pèlerins de son pays pour une entreprise monstrueuse. [Ainsi], le vendredi, premier jour du Nafr, il fit le tawāf autour de la Maison ; lorsqu’il atteignit la Pierre Noire, il voulut l’embrasser, puis la frappa trois fois de la massue qu’il portait, en disant : « Jusqu’à quand adorera-t-on cette pierre ? Ni Muḥammad ni ʿAlī ne m’empêcheront de faire ce que je veux ; aujourd’hui, je détruirai cette Maison. » Pris de tremblements, la plupart des présents l’évitèrent et s’écartèrent, car c’était un homme grand, robuste, à la peau rougeâtre et aux cheveux blonds. À la porte de la Mosquée se tenaient des cavaliers chargés de le protéger [de quiconque tenterait de l’arrêter ou voudrait lui nuire]. Un Yéménite s’avança, armé d’un poignard, et le poignarda ; la foule se jeta alors sur lui, le tua, le découpa et le brûla [au feu]. On pourchassa ses complices et plusieurs furent tués. Les habitants de La Mecque pillèrent la caravane égyptienne, et le pillage s’étendit à d’autres encore. Il s’ensuivit un tumulte énorme et une très grande sédition, puis la situation se calma après que l’on eut traqué les conspirateurs qui avaient osé l’impiété dans la plus noble des contrées, mais il se détacha de la Pierre trois fragments