Ibn al-Jawzî dit :
Il se consacrait aux récits des soufis ; il leur composa un Tafsîr [selon leur méthode], un recueil de Sunan, une chronique, ainsi qu’un ouvrage rassemblant des shuyûkh, des notices biographiques et des chapitres. À Nishâbûr, il possédait une maison connue sous son nom, où résidaient des soufis, et c’est là que se trouve sa tombe. Ibn al-Jawzî rapporta ensuite les propos de ceux qui l’avaient jugé faible comme transmetteur ; il cita, d’après al-Khaṭîb, par l’intermédiaire de Muḥammad b. Yûsuf al-Qaṭṭân : « Il n’était pas digne de confiance ; il n’avait guère entendu [grand-chose] d’al-Aṣamm. Lorsque al-Ḥâkim mourut, il rapporta pourtant de lui quantité de récits, et il fabriquait pour les soufis des ḥadiths. » [Ibn al-Jawzî ajoute : « Il mourut le troisième Shaʿbân de la même année. »] (1)
Abû ʿAlî al-Ḥasan b. ʿAlî ad-Daqqâq an-Naysâbûrî (2)
Il prêchait aux gens et s’exprimait sur les états spirituels et la gnose. Parmi ses paroles :
« Quiconque s’humilie devant quelqu’un pour la vie d’ici-bas perd les deux tiers de sa religion, car il s’est abaissé devant lui de sa langue et de ses membres ; s’il s’y abaissait aussi de son cœur, il perdrait toute sa religion. »
Commentant la parole d’Allah : « Rappelez-vous de Moi, Je Me souviendrai de vous » (al-Baqarah, 152), il disait : « Rappelez-vous de Moi tandis que vous vivez ; Je Me souviendrai de vous lorsque vous serez sous la poussière. »
Il disait encore : « La plus grande épreuve est que tu veuilles sans être voulu, que tu t’approches et qu’on te renvoie vers [l’expulsion et] l’éloignement. »
À propos du verset : « Il se détourna d’eux et dit : “Hélas pour Joseph !” » (Yûsuf, 84), il récita :
Nous sommes fous de Laylâ, et Laylâ d’un autre est possédée ;
Une autre est folle de nous, mais nous ne la voulons, dédaignée.
Et au sujet de la parole du Prophète ﷺ : « Le Paradis est entouré de difficultés » (3), il disait : « Si l’on n’atteint même une créature qu’en supportant les peines, que penser alors du Créateur ? » Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Ṣarîʿ ad-Dilâʾ (4) [le poète], Qatîl al-Ghawâshî (5), Dhû ar-Riqʿatayn, Abû l-Ḥasan ʿAlî b. ʿAbd al-Wâḥid, faqîh bagdadien et poète libertin : il composa une qaṣîda maqṣûra burlesque en réponse à la pièce d’Abû Bakr Ibn Durayd. On y lit, entre autres :
Mille ballots de biens pudiquement cachés,
Sont pour le pauvre plus utiles que ramasser des noyaux éparpillés.