Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La déclaration d’As-Suddî selon laquelle l’armée comptait quatre-vingt mille hommes est sujette à caution, car la terre de Bayt Al-Maqdis ne peut contenir une telle armée de combattants. Dieu est plus savant (1).

Dieu, exalté soit-Il, a dit : « Puis, lorsqu’il l’eut franchi, lui et ceux qui avaient cru avec lui, ils dirent : “Nous n’avons aujourd’hui aucune force contre Goliath et ses soldats.” » (2:249). Autrement dit, ils se voyaient peu nombreux et se jugeaient trop faibles pour affronter leurs ennemis, étant donné leur infériorité numérique et la supériorité numérique de l’armée adverse.

« Ceux qui pensaient qu’ils allaient rencontrer Dieu dirent : “Que de petites troupes ont vaincu de grandes troupes, par la permission de Dieu ! Et Dieu est avec ceux qui patientent.” » (2:249). Selon le commentaire, il s’agit là des preux combattants (2), c’est-à-dire les cavaliers animés par la foi et la certitude, endurants dans l’épreuve (3), la lutte et le combat.

« Et lorsqu’ils apparurent face à Goliath et ses troupes, ils dirent : “Seigneur, déverse sur nous la patience, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur le peuple mécréant !” » (2:250). Ils invoquèrent Dieu afin qu’Il fasse descendre sur eux la fermeté — c’est-à-dire qu’Il les recouvre de patience pour que leurs cœurs restent imperturbables — et qu’Il affermisse leurs pas sur le champ de bataille, là où s’affrontent les héros et où sévit le tumulte de la guerre, au moment où l’on se lance dans l’affrontement. Ils sollicitèrent donc la fermeté tant intérieure qu’extérieure, de même que la victoire sur leurs propres ennemis, qui sont aussi les ennemis de Dieu, ceux qui nient Ses signes et Ses bienfaits. Le Tout-Puissant, l’Audient, le Clairvoyant, le Sage et le parfaitement Informé, les exauça et leur accorda ce qu’ils avaient demandé. C’est pourquoi Il dit : « Ils les mirent en déroute, par la permission de Dieu » (2:251), c’est-à-dire grâce à la puissance divine et non à la leur, par Son concours et non par leur nombre, malgré la multitude de l’ennemi et son équipement considérable. De même, Il a dit : « Dieu vous a donné la victoire à Badr alors que vous étiez en état de faiblesse. Craignez donc Dieu, peut-être serez-vous reconnaissants » (Al ‘Imrân : 123).

« Et David tua Goliath. Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu’Il voulut » (2:251). Cela démontre la bravoure de David — que la paix soit sur lui — qui le mit à mort d’une manière qui abaissa et brisa son armée. Il n’existe de victoire plus éclatante qu’une bataille où le roi de l’ennemi est tué, permettant de s’emparer d’immenses richesses, de faire prisonniers les hommes les plus vaillants, et d’élever la parole de la foi au-dessus de l’idolâtrie ; ainsi, les alliés de Dieu triomphent de Ses ennemis et la religion de vérité prime sur l’erreur et ses partisans.

As-Suddî rapporte, selon sa chaîne de transmission, que David — que la paix soit sur lui — était le plus jeune des treize fils de son père. Il avait entendu Talout, le roi des Fils d’Israël, les encourager à tuer Goliath et ses soldats en disant : « Celui qui tuera Goliath, je lui donnerai ma fille en mariage et le ferai participer à mon royaume. » David — que la paix soit sur lui — maniait remarquablement bien la fronde (al-qadhdhâfa), c’est-à-dire le lance-pierre (al-miqla‘). Alors qu’il avançait avec les Fils d’Israël, une pierre l’interpella : « Prends-moi, car avec moi tu vas tuer Goliath ! » Il la ramassa. Puis une deuxième pierre l’appela de la même façon, puis une troisième. Il mit les trois dans sa sacoche. Lorsque les deux armées se firent face, Goliath s’avança… (4)

(1) Note contextuelle de l’auteur : mise en doute de la fiabilité du nombre avancé par As-Suddî.
(2) Selon le commentaire, il s’agit des vaillants parmi ceux qui croyaient fermement qu’ils allaient rencontrer Dieu.
(3) C’est-à-dire endurants dans les épreuves et la lutte.
(4) Le récit s’interrompt alors que Goliath s’avance pour le combat final face à David, que la paix soit sur lui.

(1) Pour al-Ṭabarī, il y a un avis concernant ceux qui ont franchi la rivière avec Ṭālūt (2/394). (2) Dans la version « B » : cela signifie les braves parmi eux. (3) Dans la version « B » : le jihad. Et « al-jallād » : le coup d'épée au combat. (4) Dans la version « B » : « et les braves et les héros sont faits prisonniers ». Dans la version « Ṭ » : « et les héros, les braves et leurs pairs sont faits prisonniers ».
وقول السدّي إن عدة الجيش كانوا ثمانين ألفًا، فيه نظر، لأن أرض بيت المقدس لا تحتمل أن يجتمع فيها جيش مقاتلة يبلغون ثمانين ألفًا. والله أعلم (١) . قال الله تعالى: ﴿فَلَمَّا جَاوَزَهُ هُوَ وَالَّذِينَ آمَنُوا مَعَهُ قَالُوا لَا طَاقَةَ لَنَا الْيَوْمَ بِجَالُوتَ وَجُنُودِهِ﴾ أي: استقلّوا أنفسَهم واستضعفُوها عن مقاومة أعدائهم بالنسبة إلى قلّتهم وكثرة عدد عدوهم. ﴿قَالَ الَّذِينَ يَظُنُّونَ أَنَّهُمْ مُلَاقُو اللَّهِ كَمْ مِنْ فِئَةٍ قَلِيلَةٍ غَلَبَتْ فِئَةً كَثِيرَةً بِإِذْنِ اللَّهِ وَاللَّهُ مَعَ الصَّابِرِينَ﴾ يعني بها: الفرسان منهم (٢) . والفرسان أهل الإيمان والإيقان الصابرون على الجِلَاد (٣) والجدال والطِّعان. ﴿وَلَمَّا بَرَزُوا لِجَالُوتَ وَجُنُودِهِ قَالُوا رَبَّنَا أَفْرِغْ عَلَيْنَا صَبْرًا وَثَبِّتْ أَقْدَامَنَا وَانْصُرْنَا عَلَى الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ﴾ طلبوا من الله أن يُفرغ عليهم الصبرَ، أي: يغمُرُهم به من فوقهم فتستقر قلوبهم ولا تقلق، وأن يثبِّت أقدامهم في مجال الحرب ومعترك الأبطال وحَومة الوغى، والدعاء إلى النِّزال، فسألوا التثبّت الظاهرَ والباطنَ، وأن يُنزل عليهم النصر على أعدائهم، وأعدائه من الكافرين الجاحدين بآياته وآلائه، فأجابهم العظيم الفدير السميع البصير الحكيم الخبير إلى ما سألوا، وأنالهم ما إليه فيه رغبوا، ولهذا قال: ﴿فَهَزَمُوهُمْ بِإِذْنِ اللَّهِ﴾ أي: بحول الله لا بحولهم، وبقوة الله ونصره لا بقوتهم وعددهم مع كثرة أعدائهم وكمال عددهم، كما قال تعالى: ﴿وَلَقَدْ نَصَرَكُمُ اللَّهُ بِبَدْرٍ وَأَنْتُمْ أَذِلَّةٌ فَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ﴾ [آل عمران: ١٢٣] . وقوله تعالى: ﴿وَقَتَلَ دَاوُودُ جَالُوتَ وَآتَاهُ اللَّهُ الْمُلْكَ وَالْحِكْمَةَ وَعَلَّمَهُ مِمَّا يَشَاءُ﴾ فيه دلالة على شجاعة داود (عليه السلام) ، وأنه قتله قتلًا أَذَلّ به جُنْدَهُ وكسره، ولا أعظم من غزوة يُقتَل مَلِكُ عدوّها فَيُغْنَمُ بسبب ذلك الأموال الجزيلة، ويُؤسَر الشجعان والأقران (٤) ، وتعلو كلمة الإيمان على الأوثان، ويُدالُ أولياء الله على أعدائه، ويظهر الدين الحق على الباطل وأوليائه. وقد ذكر السُّدّي فيما يرويه أن داود (عليه السلام) كان أصغر أولاد أبيه، وكانوا ثلاثة عشر ذكرًا، وكان سمع طالوتَ ملك بني إسرائيل وهو يُحرّض بني إسرائيل على قتل جالوت وجنوده وهو يقول: من قتل جالوت زَوّجْتُه بابنتي، وأشركته في ملكي، وكان داود (عليه السلام) يرمى بالقَذَّافة، وهو المقلاع، رميًا عظيمًا، فبينا هو سائر مع بني إسرائيل إذ ناداه حَجَر أن خُذني فإنّ بي تَقْتل جالوتَ، فأخذه. ثم حجر آخر كذلك، ثم آخر كذلك. فأخذ الثلاثة في مِخْلاته. فلما تواجه الصفّان برز جالوتُ ودعا إلى نفسه، فتقَّدم
(١) للطبري رأي في من جاوز مع طالوت النهر (٢/ ٣٩٤). (٢) في ب: يعني بهم الشجعان منهم. (٣) في ب: الجهاد. والجلاد: الضرب بالسيف في القتال. (٤) في ب: ويؤسر الشجعان والأبطال. وفي ط: ويأسر الأبطال والشجعان والأقران.

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