À la mi-jumādā al-ūlā de cette même année, les eaux de la mer salée débordèrent, atteignirent al-Ubulla, puis, deux jours plus tard, pénétrèrent dans Baṣra.
Au cours de l’année, Maḥmūd ibn Subuktagīn entreprit également une expédition contre les territoires de l’Inde. Il se trouva face au « roi des rois » des Hindous et les deux armées livrèrent une bataille d’une extrême violence. Elle se solda par une lourde défaite infligée aux Hindous ; les musulmans y frappèrent à leur guise, s’emparèrent d’énormes richesses en pierreries, or et argent, ainsi que de deux cents éléphants, poursuivirent les fuyards et détruisirent un très grand nombre de forteresses. Maḥmūd rentra ensuite à Ghazna soutenu par l’assistance divine et victorieux.
Cette année-là encore, Sulṭān ad-Dawla confia le vizirat au « détenteur des deux félicités », Abū Ghālib al-Ḥasan ibn Manṣūr.
Nul habitant de l’Irak ne se rendit au pèlerinage cette année, en raison des désordres qui régnaient dans le pays et des exactions des Bédouins.
Parmi les notables décédés au cours de cette année :
– Rajāʾ ibn ʿĪsā ibn Muḥammad, Abū al-ʿAbbās al-Anṣināwī – du nom d’un village d’Égypte appelé Anṣinā. Il vint à Bagdad, y transmit le ḥadīth que les ḥuffāẓ recueillirent. Homme fiable, jurisconsulte, mālikite, équitable, agréé par les juges et hautement estimé, il retourna ensuite dans sa patrie où il mourut cette année, ayant dépassé quatre-vingts ans. Qu’Allāh lui fasse miséricorde.
– ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Abī ʿAllān, Abū Aḥmad, qāḍī d’al-Ahwāz. Doté d’une grande aisance, il composa plusieurs ouvrages, dont un intitulé « Des miracles du Prophète – paix et bénédictions d’Allāh sur lui – », dans lequel il recensa mille miracles. Il comptait parmi les principaux shaykhs des Muʿtazila. Il décéda cette année, âgé de quatre-vingt-neuf ans.
– ʿAlī ibn Naṣr ibn Abī al-Ḥasan, surnommé Muhaḏḏab ad-Dawla, seigneur des provinces des Marais (al-Baṭīḥa). Il possédait de nombreux mérites ; les gens, dans l’épreuve, trouvaient refuge auprès de lui, et il les accueillait avec bienfaisance. L’un de ses plus grands hauts faits fut le soutien qu’il apporta au Commandeur des croyants al-Qādir bi-Llāh lorsqu’il sollicita sa protection et séjourna chez lui dans les marais pour fuir at-Ṭāʾiʿ li-Llāh ; il le recueillit et le combla de bontés. Il demeura ensuite à son service lorsque al-Qādir accéda au califat, jouissant auprès de lui d’un mérite éminent. Il gouverna les Marais pendant trente-deux ans.