Celui qui leur était descendu dans le désert (1) : « Les anges le porteront » (﴿تَحْمِلُهُ الْمَلَائِكَةُ﴾), c’est-à-dire qu’ils vous l’apporteront en le portant, et vous le verrez de vos propres yeux, afin qu’il constitue pour vous un signe de la part de Dieu et une preuve éclatante de la véracité de ce que je vous dis, ainsi que de la légitimité de ce roi pieux investi sur vous. C’est pourquoi Il dit : « En cela, il y a pour vous un signe, si vous êtes croyants » (﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَةً لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ﴾).
On raconte que lorsque les 'Amalécites s'emparèrent de ce Coffre – qui renfermait, selon certains, la quiétude (as-sakîna) et la bénédiction préservée –, il est également dit qu’il contenait la Torah. Une fois en leur possession, ils le déposèrent sous une idole qu’ils possédaient en leur pays. Mais le lendemain, ils trouvèrent le Coffre placé au-dessus de l’idole. Ils le remirent en dessous, et le jour suivant, il réapparut sur l’idole. Comme cela se répéta, ils comprirent qu’il s’agissait d’un signe émanant de Dieu – exalté soit-Il. Ils firent alors sortir le Coffre de leur territoire et l’installèrent dans un village à l’écart de leurs villes. Or, ils furent frappés d’un mal au cou, et lorsque cela s’éternisa, ils placèrent le Coffre sur une charrette, l’attachèrent à deux vaches et les laissèrent aller.
On raconte (2) que les anges guidèrent ces vaches jusqu’au milieu des Enfants d’Israël, sous leurs yeux, comme leur avait prédit leur prophète. Dieu sait mieux, cependant, comment les anges l’apportèrent réellement. L’apparence la plus probable – conforme au sens (3) du verset – est que les anges le portaient d’eux-mêmes. Dieu est plus savant. Néanmoins, la première version a été rapportée par de nombreux exégètes, voire la majorité d’entre eux (4).
« Lorsque Tâlût partit avec les troupes, il dit : “Dieu va vous éprouver par un fleuve : quiconque y boira ne sera plus des miens, et quiconque n’y goûtera pas sera des miens, à l’exception de celui qui puisera juste une poignée avec sa main” » (﴿فَلَمَّا فَصَلَ طَالُوتُ بِالْجُنُودِ…﴾). Ibn ‘Abbâs, ainsi que beaucoup d'exégètes (5), affirment qu’il s’agit du Jourdain, appelé aussi « ach-Charî‘a » (6). Tâlût, conformément à l’ordre de Dieu transmis par Son prophète, soumit ainsi son armée à cette épreuve : quiconque boirait de ce fleuve ce jour-là ne l’accompagnerait pas dans la bataille, à moins de se contenter d’une simple poignée d’eau dans le creux de sa main. Dieu – exalté soit-Il – dit : « Ils en burent donc, à part un petit nombre d’entre eux » (﴿فَشَرِبُوا مِنْهُ إِلَّا قَلِيلًا مِنْهُمْ﴾).
As-Suddî (7) raconte que l’armée comptait quatre-vingt mille hommes : soixante-seize mille d’entre eux en burent, et il n’en resta que quatre mille à ses côtés. Dans le « Sahîh » d’al-Bukhârî, selon le hadith rapporté par Israël, Zuhayr et ath-Thawrî, d’après Abû Is’hâq, al-Barâ’ ibn ‘Âzib a dit : « Nous, Compagnons de Mohammed (ﷺ), nous discutions du fait que le nombre des participants à la bataille de Badr correspondait à celui des compagnons de Tâlût qui traversèrent le fleuve avec lui. Seuls un peu plus de trois cents croyants (8) passèrent avec lui. »