Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Celui qui leur était descendu dans le désert (1) : « Les anges le porteront » (﴿تَحْمِلُهُ الْمَلَائِكَةُ﴾), c’est-à-dire qu’ils vous l’apporteront en le portant, et vous le verrez de vos propres yeux, afin qu’il constitue pour vous un signe de la part de Dieu et une preuve éclatante de la véracité de ce que je vous dis, ainsi que de la légitimité de ce roi pieux investi sur vous. C’est pourquoi Il dit : « En cela, il y a pour vous un signe, si vous êtes croyants » (﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَةً لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ﴾).

On raconte que lorsque les 'Amalécites s'emparèrent de ce Coffre – qui renfermait, selon certains, la quiétude (as-sakîna) et la bénédiction préservée –, il est également dit qu’il contenait la Torah. Une fois en leur possession, ils le déposèrent sous une idole qu’ils possédaient en leur pays. Mais le lendemain, ils trouvèrent le Coffre placé au-dessus de l’idole. Ils le remirent en dessous, et le jour suivant, il réapparut sur l’idole. Comme cela se répéta, ils comprirent qu’il s’agissait d’un signe émanant de Dieu – exalté soit-Il. Ils firent alors sortir le Coffre de leur territoire et l’installèrent dans un village à l’écart de leurs villes. Or, ils furent frappés d’un mal au cou, et lorsque cela s’éternisa, ils placèrent le Coffre sur une charrette, l’attachèrent à deux vaches et les laissèrent aller.

On raconte (2) que les anges guidèrent ces vaches jusqu’au milieu des Enfants d’Israël, sous leurs yeux, comme leur avait prédit leur prophète. Dieu sait mieux, cependant, comment les anges l’apportèrent réellement. L’apparence la plus probable – conforme au sens (3) du verset – est que les anges le portaient d’eux-mêmes. Dieu est plus savant. Néanmoins, la première version a été rapportée par de nombreux exégètes, voire la majorité d’entre eux (4).

« Lorsque Tâlût partit avec les troupes, il dit : “Dieu va vous éprouver par un fleuve : quiconque y boira ne sera plus des miens, et quiconque n’y goûtera pas sera des miens, à l’exception de celui qui puisera juste une poignée avec sa main” » (﴿فَلَمَّا فَصَلَ طَالُوتُ بِالْجُنُودِ…﴾). Ibn ‘Abbâs, ainsi que beaucoup d'exégètes (5), affirment qu’il s’agit du Jourdain, appelé aussi « ach-Charî‘a » (6). Tâlût, conformément à l’ordre de Dieu transmis par Son prophète, soumit ainsi son armée à cette épreuve : quiconque boirait de ce fleuve ce jour-là ne l’accompagnerait pas dans la bataille, à moins de se contenter d’une simple poignée d’eau dans le creux de sa main. Dieu – exalté soit-Il – dit : « Ils en burent donc, à part un petit nombre d’entre eux » (﴿فَشَرِبُوا مِنْهُ إِلَّا قَلِيلًا مِنْهُمْ﴾).

As-Suddî (7) raconte que l’armée comptait quatre-vingt mille hommes : soixante-seize mille d’entre eux en burent, et il n’en resta que quatre mille à ses côtés. Dans le « Sahîh » d’al-Bukhârî, selon le hadith rapporté par Israël, Zuhayr et ath-Thawrî, d’après Abû Is’hâq, al-Barâ’ ibn ‘Âzib a dit : « Nous, Compagnons de Mohammed (ﷺ), nous discutions du fait que le nombre des participants à la bataille de Badr correspondait à celui des compagnons de Tâlût qui traversèrent le fleuve avec lui. Seuls un peu plus de trois cents croyants (8) passèrent avec lui. »

(1) At-Tabarī rapporte plusieurs opinions concernant l’interprétation du reste, dans son Tafsīr (tome 2, pp. 387-388). (2) Dans le manuscrit B : « saqūhumā » ; dans certaines copies : « saqāthatā ». (3) Dans l’édition T : comme il est compris avec le terme « al-junūd » (les soldats) dans le verset, avec l’ajout du mot « al-junūd » ici et sa suppression dans le verset suivant. (4) Tafsīr d’At-Tabarī (tome 2, pp. 388-389). (5) De « fa-lammā faṣala Ṭālūt » jusqu’à « wa kathīr min al-mufassirīn » ; absent dans le manuscrit B. (6) Les opinions sur l’interprétation de l’expression « mubtalīkum bi-nahr » dans le Tafsīr d’At-Tabarī (tome 2, p. 391). (7) Tafsīr d’At-Tabarī (tome 2, p. 292). (8) Le hadith dans Al-Bukhārī : n° 3958 dans al-Maghāzī, chapitre sur le décès de plusieurs compagnons de Badr. On le trouve également chez At-Tabarī dans son Tafsīr (tome 2, p. 393).
الذي كان نزل عليهم بالتيه (١) ﴿تَحْمِلُهُ الْمَلَائِكَةُ﴾ أي: تأتيكم به الملائكة يحملونه وأنتم ترون ذلك عيانًا ليكون آيةً لله عليكم وحُجةً باهرةً على صدق ما أقوله لكم وعلى صحّة ولاية هذا الملِك الصالح عليكم، ولهذا قال: ﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَةً لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ﴾. وقيل: إنه لما غلب العمالقة على هذا التابوت وكان فيه ما ذكر عن السكينة والبقية المباركة. وقيل: كان فيه التوراة أيضًا، فلما استقر في أيديهم وضعوه تحت صنم لهم بأرضهم، فلما أصبحوا إذا التايوت على رأس الصنم، فوضعوه تحته، فلما كان اليوم الثاني إذا التابوت فوق الصنم، فلما تكرر هذا علموا أن هذا أمر من الله تعالى، فأخرجوه من بلدهم وجعلوه في قرية عن قرأهم، فأخذهم داء في رقابهم، فلما طال عليهم هذا جعلوه في عجلة وربطوها في بقرتين وأرسلوهما؟ فيقال: إن الملائكة ساقتهما (٢) حتى جاؤوا بهما ملأ بني إسرائيل وهم ينظرون كما أخبرهم نبيهم بذلك، فالله أعلم على أي صفة جاءت به الملائكة. والظاهر أن الملائكة كانت تحمله بأنفسهم كما هو المفهوم (٣) عن الآية، والله أعلم. وإن كان الأول قد ذكره كثير عن المفسرين أو أكثرهم (٤) . ﴿فَلَمَّا فَصَلَ طَالُوتُ بِالْجُنُودِ قَالَ إِنَّ اللَّهَ مُبْتَلِيكُمْ بِنَهَرٍ فَمَنْ شَرِبَ مِنْهُ فَلَيْسَ مِنِّي وَمَنْ لَمْ يَطْعَمْهُ فَإِنَّهُ مِنِّي إِلَّا مَنِ اغْتَرَفَ غُرْفَةً بِيَدِهِ﴾ قال ابن عباس، وكثير من المفسرين (٥) : هذا النهر هو نهر الأردن، وهو المسمى بالشريعة (٦) ، فكان من أمر طالوت بجنوده عند هذا النهر عن أمر نبي الله له عن أمر الله له اختبارًا وامتحانًا أنّ من شَرِب عن هذا النهر اليوم فلا يصحبْني في هذه الغزوة، ولا يصحبني إلا مَن لم يَطْعمْه إلا غرفة في يده. قال الله تعالى: ﴿فَشَرِبُوا مِنْهُ إِلَّا قَلِيلًا مِنْهُمْ﴾. قال السدّي: كان الجيش ثمانين ألفًا، فشرب منه ستةٌ وسبعونَ ألفًا، وتبقّى معه أربعة آلاف. كذا قال (٧) . وقد روى البخاري في "صحيحه" عن حديث إسرائيل، وزهير، والثوري، عن أبي إسحاق، عن البَراء بن عازب قال: كنا -أصحابَ مُحمد ﷺ - نتحدث أنَّ عِدَّة أصحاب بدرٍ على عدة أصحاب طالوت الذين جاوزوا معه النهر، ولم يجاوز معه إلا بضعةَ عشرَ وثلاثمئة مؤمن (٨) .
(١) ساق الطبري عددًا من الآراء في تأويل البقية، تفسيره (٢/ ٣٨٧ - ٣٨٨). (٢) في ب: ساقوهما وفي بعض النسخ: ساقتها. (٣) في ط: كما هو مفهوم بالجنود من الآية، بزيادة لفظ (الجنود) هنا وحذفه من الآية القادمة. (٤) تفسير الطبري (٢/ ٣٨٨ - ٣٨٩). (٥) من يداية الآية الكريمة ﴿فَلَمَّا فَصَلَ طَالُوتُ﴾ إلى قوله: وكثير من المفسرين؛ ليسِ في ب. (٦) الآراء في تأويل قوله ﴿مُبْتَلِيكُمْ بِنَهَرٍ﴾ في تفسير الطبري (٢/ ٣٩١). (٧) تفسير الطبري (٢/ ٢٩٢). (٨) الحديث في البخاري: رقم (٣٩٥٨) في المغازي، باب عدة أصحاب بدر. وهو عند الطبري أيضًا في تفسيره (٢/ ٣٩٣).

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