Au cours de ce mois, la nouvelle parvint que l’Angle yéménite de la Mosquée sacrée avait été ébréché, qu’un mur situé devant la tombe du Prophète ﷺ s’était écroulé, et que le grand dôme s’était abattu sur le Rocher de Bayt al-Maqdis ; chose parmi les plus étonnantes et les plus singulières qui se soient produites.
Cette année-là, les chiites qui se trouvaient dans le pays d’Ifrîqiya furent massacrés, leurs biens pillés, et l’on n’épargna que ceux dont l’identité demeurait inconnue.
Au cours de la même année commença la domination des Alides en al-Andalus : ʿAlî ibn Ḥammûd ibn Abî al-ʿAÿš (1) l’Alide reçut le pouvoir. Il entra à Cordoue pendant le mois de Muḥarram de cette année, tua Sulaymân ibn al-Ḥakam l’Omeyyade, puis fit mettre à mort le père de ce dernier, qui était un shaykh vertueux. Le peuple lui prêta serment d’allégeance et il prit le titre d’al-Mutawakkil ʿalâ Allâh. Il fut ensuite assassiné dans un bain public le 18 Dhû l-Qaʿda de la même année, à l’âge de quarante-huit ans. Après lui, son frère al-Qâsim ibn Ḥammûd assuma le pouvoir, prit le titre d’al-Ma’mûn et régna six ans ; vinrent ensuite son neveu Yaḥyâ, puis Idrîs, frère de Yaḥyâ, puis de nouveau les Omeyyades, puis des étrangers, jusqu’à ce que l’Amîr des musulmans ʿAlî ibn Yûsuf ibn Tâshfîn s’installe sur le trône.
La même année, Maḥmûd ibn Subuktikîn, surnommé Yamîn ad-Dawla, s’empara du pays de Khwârizm après la mort de son souverain, le Khwârizm-Shâh [Maʾmûn ibn Maʾmûn].
Cette année encore, le Sultan ad-Dawla ibn Shujâʿ nomma Abû l-Ḥasan ʿAlî ibn al-Faḍl ar-Râmahurmuzî vizir à la place de Fakhr al-Mulk et lui fit revêtir les habits d’apparat de la vizirat.
Personne, cette année, ne se rendit au pèlerinage depuis les contrées d’Irak, du fait de l’insécurité qui régnait dans le pays et sur les routes, et des exactions des Bédouins.
[Parmi ceux des notables qui décédèrent cette année] se trouvait Aḥmad ibn Muḥammad ibn Yûsuf ibn Dûst (2), Abû ʿAbd Allâh al-Bazzâz, l’un des maîtres-mémorisateurs du ḥadîth, ainsi que [l’un] des jurisconsultes de l’école de Mâlik. Il échangeait des discussions savantes en présence d’ad-Dâraquṭnî et s’exprimait sur la science du ḥadîth. On rapporte que, pour cette raison, ad-Dâraquṭnî formula à son égard certaines critiques, tout comme d’autres, quoique rien de tout cela ne porte atteinte à son autorité de manière significative.
Al-Azhari a dit : « J’ai vu tous ses livres encore frais ; il disait que ses anciens manuscrits avaient été engloutis par les eaux. Il dicta le ḥadîth de mémoire, alors que al-Mukhlis et Ibn Shâhîn étaient encore vivants et présents. »
Il mourut au mois de Ramaḍân, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Qu’Allâh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
Le vizir Fakhr al-Mulk (3), Muḥammad ibn ʿAlî ibn Khalaf, Abû Ghâlib, le vizir, était originaire de Wâsiṭ, et son père