Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Mûsawî le réprimanda ; il fit donc venir son fils al-Raḍî, lequel nia catégoriquement avoir jamais prononcé ces vers, et l’on sait que les Râfiḍites sont coutumiers de la dissimulation (taqiyya) (1).

Son père lui dit :
« Puisque tu ne les as pas récités, compose donc quelques vers dans lesquels tu affirmes que l’imâm al-Ḥâkim al-‘Ubaydî est un intrus dépourvu de toute filiation légitime. »
Il répondit :
« Je redoute les conséquences d’un tel propos », et il persista à ne pas dire ce que son père exigeait de lui. Les envoyés du calife allèrent et vinrent à ce sujet tandis qu’ils continuaient de nier, jusqu’à ce que le shaykh Abû Ḥâmid al-Isfarâ’înî et le qâḍî Abû Bakr fussent dépêchés auprès de lui ; ils le firent jurer par Allâh, sous les serments les plus solennels, qu’il ne les avait pas composés. Allâh sait mieux la réalité de l’affaire.

Il mourut le cinq Muḥarram de cette année, à l’âge de quarante-sept ans. Le vizir, les juges et les notables assistèrent à ses funérailles ; le vizir Fakhr al-Mulk dirigea la prière funèbre, puis il fut enseveli dans sa demeure attenante à la mosquée al-Anbari. Son frère, le šarîf al-Murtaḍâ, reçut les charges qu’il occupait, auxquelles s’ajoutèrent [d’autres fonctions] et divers postes comme nous l’avons mentionné. Son frère le pleura [dans une élégie d’un puissant effet et d’une belle ouverture] (2). Qu’Allâh lui fasse miséricorde.

Bâdis ibn Manṣûr ibn Bulukkin (3) ibn Zîrî ibn Manâd al-Ḥimyârî (4), surnommé Abû al-Mu‘izz — Manâd ibn Bâdis —, était le lieutenant d’al-Ḥâkim sur les terres d’Ifrîqiyyah et fils du précédent lieutenant. Al-Ḥâkim lui avait conféré le titre de Naṣr ad-Dawla. Il jouissait d’une grande prestance, d’autorité et d’un respect immense ; doué d’une bravoure et d’une noblesse d’âme remarquables, il brisait la lance lorsqu’il la brandissait.

Sa mort survint subitement, à l’improviste, dans la nuit du mercredi qui clôturait Dhû al-Qa‘da de cette année. On rapporte qu’un pieux invoqua contre lui cette nuit-là. Après lui, son fils al-Mu‘izz Manâd prit en main les affaires. Allâh est plus savant.

[Commence ensuite l’an quatre-cent-sept.]
Au mois de Rabî‘ al-Awwal, le mausolée de Ḥusayn ibn ‘Alî [à Karbalâ’] et ses portiques furent la proie des flammes. Les gardiens avaient allumé deux grandes chandelles ; dans la nuit, elles se penchèrent vers les tentures qui prirent feu, et l’incendie se propagea alentour, provoquant ce qui advint.
Durant ce même mois, la Dâr al-Quṭn de Bagdad brûla, de nombreux bâtiments furent détruits à Bâb al-Baṣra et la grande mosquée de Sâmarrâ’ fut elle aussi incendiée.

(1) Dans (Ṭ): falsification. (2) Addition de (B). Le cheikh al-Murtaḍā dit dans l’éloge funèbre de son frère : Ô hommes, quelle calamité soudaine a tranché ma main… Et j’aurais voulu qu’elle s’en aille sur ma tête. Ne niez pas dans l’abondance de mes larmes une larme… Car la larme est le meilleur soutien et consolateur. Dans un long poème. (3) Ibn Khallikān le restreint dans Wafayāt al-Aʿyān (1/287) en disant : avec un bāʾ uni et une lām, un kâf kasra doublé et un yāʾ sans point dessous suivi d’un nūn. Al-Dhahabī a également corrigé cette restriction dans son Tārīkh al-Islām (9/104) (Bachār). (4) Wafayāt al-Aʿyān (1/265), al-Kāmil fī al-Tārīkh (9/256). Le nom de son grand-père est mentionné dans (B) et Wafayāt : Baltakīn.
الموسوي يعاتبه، فأرسل إلى ابنِه الرضيّ، فأنكر أن يكون قال ذلك بالمرَّة، والروافض من شأنهم التقيّة (١) . فقال له أبوه: فإذا لم تكن قلتها فقل أبياتًا تذكر فيها أنّ الحاكم العبيدي دعيّ لا نسب له. فقال: إني أخاف من غائلة ذلك، وأصرّ على ألا يقول ما أمره به أبوه، وتردَّدت الرسل من الخليفة إليهم في ذلك، وهم ينكرون، حتى بعث الشيخ أبا حامد الإسفراييني والقاضي أبا بكر إليه فأحلفاه باللَّه وبالأيمان المؤكّدة أنّه ما قالها. واللَّه أعلم بحقيقة الحال. وكانت وفاته في خامس المحرم هذه السنة عن سبع وأربعين سنة، وحضر جنازته الوزير والقضاة والأعيان، وصلّى عليه الوزير فخر المُلْك، ودفن بداره بمسجد الأنباري، وولي أخوه الشريف المرتضى ما كان يليه، وزيد على ذلك [أشياء] ومناصب أخرى كما ذكرنا، وقد رثاه أخوه [بمرثاة قوية الوقع، حسنة المطلع] (٢) . رحمه اللَّه تعالى. باديس بن منصور بن بُلُكِّين (٣) بن زِيري بن منادِ الحِمْيري (٤) ، أبو المعزّ -منَاد بن بادِيس- نائب الحاكم على بلاد إفريقية وابن نائبها، ولقَّبه الحاكم نصرِ الدَّولة، وكان ذا هيبةِ وسطوةِ وحرمةٍ وافرةٍ، وشجاعةٍ وشهامةٍ وافرةٍ، وكان إذا هزّ رمحًا كسره. وكانت وفاته بغتة فجأة ليلة الأربعاء سلخ ذي القعدة من هذه السنة، ويقال: إن بعض الصالحين دعا عليه تلك اللَّيلة، وقام بالأمر من بعده ولده المعزّ مَناد. واللَّه أعلم. [ثم دخلت سنة سبع وأربعمئة] في ربيع الأول منها: احترق مشهد الحسين بن عليّ [بكربلاء] وأروقته، وكان سببه أنّ القومة أشعلوا شمعتين كبيرتين فمالتا في اللّيل على التأزير فاحترق، ونفذت النار منه إلى غيره حتى كان منه ما كان. وفي هذا الشهر أيضًا احترقت دار القطن ببغداد وأماكن كثيرة بباب البصرة، واحترق جامع سامراء.
(١) في (ط): التزوير. (٢) زيادة من (ب). يقول الشريف المرتضى في رثاء أخيه: يا للرجال لفجعة جذمَت يدي … ووددتها ذهبتْ عليَّ براسي لا تنكروا من فيض دمعي عَبرةً … فالدمع خير مساعدٍ ومؤاسِ في قصدة طويلة. (٣) قيده ابن خلكان في وفيات الأعيان (١/ ٢٨٧) فقال: بضم الباء الموحدة واللام وتشديد الكاف المكسورة وسكون الياء المثناة من تحتها وبعدها نون. وجَوّد الذهبي تقييده كذلك بخطه في تاريخ الإسلام (٩/ ١٠٤) (بشار). (٤) وفيات الأعيان (١/ ٢٦٥)، الكامل في التاريخ (٩/ ٢٥٦). وورد اسم جدّه في (ب) والوفيات: بلتكين.

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