Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ses provinces et ses territoires jouissaient d’une sécurité et d’une prospérité telles que, si le chameau ou la monture d’un voyageur venait à se fatiguer au point de ne plus pouvoir porter sa charge, celui-ci la laissait là, chargée de tout son fardeau, au milieu de la steppe ; on la lui rapportait, fût-ce longtemps après, sans qu’il en manquât quoi que ce fût.

Lorsque ses émirs se livrèrent à la corruption dans les contrées, il leur offrit un somptueux banquet qu’il leur présenta sans pain. Ils s’assirent donc à attendre le pain ; le temps passant, ils en demandèrent la raison. Il répondit : « Si, d’un côté, vous détruisez les cultures [et opprimez les cultivateurs], d’où pensez-vous que proviendra le pain ? » Puis il conclut : « Je n’entendrai plus dire, à partir d’aujourd’hui, que quiconque sème la corruption sur terre sans que je ne répande son sang. »

Au cours de l’un de ses voyages, il passa près d’un homme qui avait fagoté du bois et pleurait. Il lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? » L’homme répondit : « J’avais avec moi deux galettes destinées à ma subsistance ; un soldat me les a prises. » Il lui dit : « Le reconnaîtrais-tu si tu le voyais ? » – « Oui », répondit-il. Il se posta alors avec lui dans un défilé jusqu’à ce que les soldats y passassent ; lorsque survint celui qui avait pris les galettes, il dit : « C’est lui. » L’émir ordonna qu’on fît descendre l’homme de son cheval et qu’il portât ce fagot jusqu’à la ville. Le soldat voulut se soustraire à cette punition au prix d’une forte somme, mais l’émir refusa, jusqu’à ce que toute l’armée tire leçon de cet exemple.

Chaque vendredi, il dépensait dix mille dirhams(1) pour les pauvres, les veuves et les orphelins ; chaque mois, vingt mille dirhams pour ensevelir les morts. Chaque année, il consacrait mille dinars à vingt personnes qui accomplissaient le ḥajj pour ses père et mère, ainsi que pour ʿAḍud ad-Dawla, parce que celui-ci avait été la cause de son investiture. Il versait également trois mille dinars par an aux forgerons et cordonniers installés entre Hamadhān et Bagdad afin qu’ils réparent les chaussures des voyageurs et les harnais de leurs montures. Il attribuait encore cent mille dinars chaque année aux Deux Lieux Saints : aumônes destinées aux résidents, restauration des édifices, remise en état des points d’eau sur la route du Ḥiǧāz, libération des débiteurs, creusement et entretien des puits. Jamais il ne passait, lors de ses trajets [et voyages], près d’une eau courante sans y bâtir un village. Sous son gouvernement furent élevés plus de deux mille mosquées et caravanserails.

Tout cela venait s’ajouter à ce que son dīwān versait en traitements, dépenses, aumônes, bonnes œuvres et gratifications aux diverses catégories de la société : jurisconsultes, juges, muezzins, nobles, témoins, [pauvres et indigents], orphelins, faibles [et veuves].

En outre, il était d’une grande assiduité dans la prière et le rappel d’Allāh. Il possédait, réservées pour la cause d’Allāh, plus de vingt mille montures. Il mourut cette année-là [âgé de plus de quatre-vingts ans]. Son émirat dura trente-deux ans. Il fut inhumé au mausolée de ʿAlī. Il laissa quatorze mille bādara et un peu plus de quarante bādara – la bādara équivaut à dix mille –. Qu’Allāh, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.

Al-Ḥasan ibn al-Ḥusayn ibn Ḥamakan(2), Abū ʿAlī al-Hamadhānī, comptait parmi les fuqahāʾ shāfiʿites de Bagdad. Il se consacra d’abord au ḥadīth, et en entendit une grande quantité, au point que l’on dit qu’il écrivit à Baṣra auprès d’environ cinq cents shaykhs. Il se tourna ensuite vers le fiqh sous la direction d’Abū Ḥāmid al-Marwazī. Al-Azharī transmit de lui et déclara : « Il était faible, sans valeur en ḥadīth. »

(1) Dans l'édition (ṭ), vingt mille. (2) Al-Muntazam (7/272), Wafayāt al-A'yān (2/75), Ṭabaqāt al-Subkī (3/133).
وكانت أعماله [وبلاده] في غاية الأمن [والطيبة] بحيث إذا أعيى جملُ أحدٍ من المسافرين أو دابته عن حمله يتركها بما عليها في البريّة، فَتُرَدُّ عليه ولو بعد حين لا ينقص منها شيء. ولمّا عاثت أمراؤه في البلاد فسادًا، عمل لهم ضيافةً حسنةً فقدّمها إليهم ولم يأتهم بخبز، فجلسوا ينتظرون الخبز، فلمّا طال ذلك سألوا عنه فقال: إذا كنتم تهلكون الحرث [وتظلمون الزرَّاع] فمن أين تؤتون بالخبز؟ ثم قال: لا أسمع بأحد أفسد في الأرض [بعد اليوم] إلا أرقت دمه. واجتاز مرّة في بعض أسفاره برجل قد حزم حطبًا وهو يبكي، فقال له: ما لك [تبكي] ؟ فقال: إني كان معي رغيفان أريد أن أتقوَّت بهما، فأخذهما مني بعض الجند، فقال له: أتعرفه إذا رأيته؟ قال: نعم. فوقف به في مضيق حتى مرّ عليه الجند، فلما اجتاز به ذلك الرجل الذي أخذ منه الرغيفين، قال: هذا هو، فأمر به أن ينزل عن فرسه، وأن يحمل هذه الحزمة عن الحطاب حتى يبلغ بها إلى المدينة، فأراد أن يفتدي من ذلك بمال جزيل، فلم يقبل منه حتى تأدّب به الجيش كلّهم. وكان يصرف في كلِّ جمعة عشرة آلاف (١) درهم على الفقراء والأرامل والأيتام، وفي كل شهر عشرين ألف درهم في تكفين الموتى، ويصرف في كلِّ سنة ألف دينار إلى عشرين نفسًا يحجّون عن والديه، وعن عضد الدولة، لأنه كان السبب في تمليكه، وثلاثة آلاف دينار في كل سنة إلى الحدَّادين والحذَّائين للمنقطعين بين هَمذان ويغداد يصلحون لهم الأحذية ونعال دوابهم، ويصرف في كل سنة مئة ألف دينار إلى الحرمين صدقة على المجاورين وعمارة المصانع، وإصلاح المياه في طريق الحجاز، وإطلاقًا لأهل المنازل، وحفر الآبار وإصلاحها، وما اجتاز في طريقه [وأسفاره] بماءٍ جارٍ إلَّا بنى عنده قرية، وعمر في أيامه من المساجد والخانات ما ينيف عن ألفي مسجد وخان. هذا كلّه خارجًا عما يصرف من ديوانه من الجرايات والنفقات والصدقات والبرّ والصلات على أصناف الناس من الفقهاء والقضاة، والمؤذّنين، والأشراف، والشهود [والفقراء والمساكين] والأيتام، والضعفاء [والأرامل] . وكان [مع هذا] كثير الصلاة والذكر، وكان له من الدواب المرتبطة في سبيل اللَّه ما ينيف عن عشرين ألفًا، وكانت وفاته في هذه السنة [عن نيِّف وثمانين سنة] ، ومدة أمارته اثنتان وثلاثون سنة، ودفن بمشهد علي، وترك من الأموال أربعة عشر ألف بدرة، ونيفًا وأربعين بدرة، -البدرة عشرة آلاف- رحمه اللَّه تعالى. الحسن بن الحسين بن حَمَكان (٢) أبو علي الهَمَذاني، أحد الفقهاء الشافعيين ببغداد، عُني أولًا بالحديث، فسمع شيئًا كثيرًا حتى قيل: إنه كتب بالبصرة عن نحو من خمسمئة شيخ، ثمّ اشتغل بالفقه على أبي حامد المروزي، وروى عنه الأزهري، وقال: كان ضعيفًا، ليس بشيء في الحديث.
(١) في (ط): عشرين ألف. (٢) المنتظم (٧/ ٢٧٢)، وفيات الأعيان (٢/ ٧٥)، طبقات السبكي (٣/ ١٣٣).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies