Il se récitait à lui-même, d’après le Ṣaḥîḥ, le ḥadîth suivant :
« Nul n’est blessé dans le sentier d’Allah — et Allah sait mieux qui est blessé dans Son sentier — sans qu’il ne se présente, le Jour de la Résurrection, la blessure saignant ; sa couleur sera celle du sang, mais son parfum sera celui du musc. »
Il avait, en effet, imploré Allah — aux tentures de la Ka‘bah — de lui accorder le martyre ; Allah exauça sa demande.
De ses poèmes, on rapporte :
Captif de mes fautes, à Ta porte je me dresse, rempli de frayeur ;
Tu connais tout mon secret, et c’est de ce savoir que vient ma frayeur.
Je crains des péchés qu’aucun voile ne cache à Ta rigueur ;
Pourtant j’espère en Toi, suspendu entre espoir et rigueur.
Ô mon Maître, ne m’humilie pas quand seront ouverts les feuillets du malheur ;
Si Ton pardon sans limite venait à se fermer, je périrais dans le malheur.
Puis s’ouvrit l’an quatre cent quatre.
Le jeudi, premier jour de Rabîʿ al-Awwal de cette année, le calife al-Qâdir bi-Llâh prit place, dans tout l’apparat du khalifat. On introduisit devant lui Sulṭân ad-Dawlah, fils de Bahâʾ ad-Dawlah, tandis que les chambellans se tenaient à ses côtés. Le calife lui conféra, selon l’usage, sept robes d’honneur, le coiffa d’un turban noir, lui remit une épée, une couronne incrustée de pierreries, un bracelet, un collier, et noua de sa propre main deux étendards avant de lui donner encore une épée. Puis il ordonna à un serviteur : « Ceins-le de cette lame ; c’est un honneur pour lui et pour sa descendance, par elle il ouvrira l’Orient et l’Occident de la terre. » La cérémonie fut mémorable, en présence des juges, des émirs, des vizirs, des notables et des grands personnages dans la Dâr al-Khilâfah.
La même année, Maḥmûd b. Subuktagîn lança une expédition contre les territoires de l’Inde : il conquit, tua, captura, pilla puis revint sain et sauf. Il écrivit au calife al-Qâdir bi-Llâh pour être confirmé dans le royaume du Khurâsân et dans d’autres provinces qu’il tenait déjà ; le calife accéda à sa requête.
Au cours de cette année encore, les Banû Khafâjah ravagèrent la région de Koufa. Son gouverneur, Abû l-Ḥasan b. Mazîd, sortit à leur rencontre, les engagea, en tua un grand nombre, fit prisonniers Muḥammad b. Thamâl et plusieurs de leurs chefs, tandis que le reste prenait la fuite. Allah envoya alors sur eux un vent brûlant qui fit périr cinq cents d’entre eux. Le pèlerinage de cette année-là fut conduit par Abû l-Ḥasan Muḥammad b. al-Ḥasan al-Aqsasî.