Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

à la manière de celui qui se prosterne devant le souverain (1). Il franchit donc la porte en présentant le dos, avançant pas à pas à reculons vers le roi ; [lorsqu’il fut arrivé devant lui], il se retourna et le salua. Le monarque reconnut alors [son intelligence et] l’éminence de son savoir et de sa compréhension, et l’honora grandement.

On rapporte encore que le roi fit apporter devant lui un instrument de musique, nommé « l’orgel » (2), afin de troubler son esprit. Dès qu’il l’entendit, le qâḍî [al-Bâqillânî] craignit qu’un mouvement inconvenant n’apparaisse de lui en présence du roi ; il s’efforça donc de se blesser la jambe jusqu’à en faire jaillir beaucoup de sang, de sorte que la douleur détourna son attention de la musique. Aucun signe de faiblesse ni de légèreté ne se manifesta alors sur lui, si bien que le roi s’émerveilla de la perfection de son esprit. Par la suite, [le roi] se renseigna sur l’affaire ; il découvrit qu’il s’était volontairement blessé pour s’absorber dans la douleur plutôt que dans la musique. Le roi fut ainsi convaincu de l’ampleur (3) de son savoir et de l’élévation (4) de son intelligence, [car cet instrument n’est entendu par personne sans qu’il soit ému, qu’il le veuille ou non].

Un évêque, présent auprès de leur roi, l’interrogea alors : « Qu’est-il advenu de l’épouse de votre Prophète ? Que s’est-il passé au sujet de l’accusation infâmante portée contre elle ? » Al-Bâqillânî répondit aussitôt : « Deux femmes furent calomniées : Marie et ‘Âʾicha. Dieu, exalté soit-Il, les a toutes deux innocentées. Celle-ci (5) était mariée mais n’a pas mis d’enfant au monde, tandis que celle-là (6) a enfanté sans être mariée. ‘Âʾicha est donc, à plus forte raison, digne d’être déclarée innocente, tout comme Marie ﷺ. [Toutes deux sont innocentes de ce qui a été colporté à leur sujet]. Si un esprit corrompu laisse poindre un soupçon [de doute] à l’endroit de celle-ci, il s’attachera plus promptement encore à celle-là ; or elles sont, [louange à Dieu], entièrement préservées, blanchies du haut des cieux par la Révélation de Dieu – Exalté soit-Il – – qu'Allah soit satisfait de lui –.

Al-Bâqillânî a rapporté le ḥadîth d’Abû Bakr b. Mâlik al-Qaṭî‘î, d’Abû Muḥammad b. Mâsî et d’autres encore. Un jour, al-Dâraqutnî l’embrassa entre les deux yeux et déclara : « Cet homme réfute les faussetés des gens des passions. » Puis il invoqua en sa faveur.

Al-Bâqillânî mourut le samedi, alors qu’il restait sept (7) jours de Dhû al-Qa‘da. Il fut d’abord inhumé dans sa demeure, puis transféré au cimetière de Bâb Ḥarb.

Muḥammad (8) b. Mûsâ b. Muḥammad, Abû Bakr al-Khwârazmî, doyen et juriste des ḥanafites, avait étudié auprès d’Abû Bakr Aḥmad b. ‘Alî al-Râzî, et la direction de l’école ḥanafite à Bagdad aboutit à lui ; il jouissait d’une grande considération auprès des souverains, et parmi

(1) Dans le texte (ṭ): « À Dieu – Exalté soit-Il – ». (2) L’arghoul : un instrument de musique à vent, doté de soufflets en cuir et de tuyaux pour la modulation du son, d'origine grecque. (3) Dans le texte (ṭ) : « sa détermination ». (4) Dans le texte (ṭ) : « sa résolution ». (5) Dans le texte (ṭ) : « ʿAïcha ». (6) Dans le texte (ṭ) : « Maryam ». (7) Dans certaines copies : « litasʿa » ; il s’agit d’une erreur. Ce que nous avons établi est conforme aux sources de sa biographie, parmi lesquelles le Taʾrīkh al-Khaṭīb et la ligne d’al-Dhahabī dans le Taʾrīkh al-Islām (9/65) (Bachār). (8) Taʾrīkh Baghdād (3/247), al-Muntaẓam (7/266), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (17/235), al-Nujūm al-Zāhira (4/234), al-Wāfī bi-l-Wafayāt (5/93), Shudhūrāt al-Dhahab (3/170).
كهيئة الراكع للملك (١) ؛ فدخل البابَ بظهره وجعل يمشي القهقرى إلى نحو الملك، [فلما وصل إليه] انفتل فسلَّم عليه، فعرف الملك [ذكاءه و] مكانه من العلم والفهم فعظّمه، ويذكر أن الملك أحضر بين يديه آلة الطرب المسماة بالأرغل (٢) ليستفزّ عقله [بها] ؛ فلما سمعها القاضي [الباقلاني] خاف أن يظهر منه حركة ناقصة بحضرة الملك فجعل لا يألوا جُهْدًا أن جرح رجله حتى خرج منها دمٌ كثير، فاشتغل بالألم عن الطرب، ولم يظهر عليه شيء من النقص والخفّة، فعجب الملك من كمال عقله، ثمّ [إن الملك] استكشف عن أمره، فإذا هو قد جرح نفسه بما أشغله عن الطرب، فتحقق [الملك] وُفورَ علمه (٣) ، وعُلوِّ فهمه (٤) ، [فإن هذه الآلة لا يسمعها أحد إلا طرب شاء أم أبى] ، وقد سأله بعض الأساقفة بحضرة ملكهم فقال: ما فعلت زوجة نبيكم، وما كان من أمرها فيما رميت به من الإفك، فقال [الباقلاني] مجيبًا له على البديهة: هما امرأتان ذكرتا بسوء: مريم وعائشة، فبرأهما اللَّه تعالى، وكانت هذه (٥) ذات زوج ولم تأت بولد، وأتت تلك (٦) بولد ولم يكن لها زوج، يعني أن عائشة أولى بالبراءة من مريم (رحمه الله) . [وكلاهما بريئة مما قيل فيها] . فإن تطرّق في الذهن الفاسد احتمال [ريبة] إلى هذه، فهو إلى تلك أسرع، وهما [بحمد اللَّه منزَّهتان] مبرأتان من السماء بوحي اللَّه – Exalté soit-Il – (رضي الله عنه) . وقد سمع الباقلاني الحديث من أبي بكر بن مالك القَطيعي، وأبي محمد بن ماسي وغيرهما. وقد قتله الدارقطني يومًا بين عينيه، وقال: هذا يردُّ على أهل الأهواء باطلهم، ودعا له. وكانت وفاة الباقلَّاني يوم السبت لسبعٍ (٧) بقين من ذي القعدة ودفن بداره، ثمّ نقل إلى مقبرة باب حرب. محمد (٨) بن موسى بن محمد أبو بكر الخُوارزميّ، شيخ الحنفية وفقيههم. وقد أخذ العلم عن أبي بكر أحمد بن علي الرازي، وانتهت إليه رئاسة الحنفية ببغداد، وكان معظّمًا عند الملوك، ومن
(١) في (ط): للَّه ﷿ . (٢) الأرغل: آلة موسيقية نفخية، بها منافيخ جلدية، وأنابيب لتنغيم الصوت وهي يونانية. (٣) في (ط): همته. (٤) في (ط): عزيمته. (٥) في (ط): عائشة: (٦) في (ط): مريم. (٧) في بعض النسخ: "لتسع" وهو خطأ، وما أثبتناه موافق لما في مصادر ترجمته ومنها تاريخ الخطيب وخط الذهبي في تاريخ الإسلام (٩/ ٦٥) (بشار). (٨) تاريخ بغداد (٣/ ٢٤٧)، المنتظم (٧/ ٢٦٦)، سير أعلام النبلاء (١٧/ ٢٣٥)، النجوم الزاهرة (٤/ ٢٣٤)، الوافي بالوفيات (٥/ ٩٣)، شذرات الذهب (٣/ ١٧٠).

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