Cette année, la caravane d’Irak et du Khorâsân ne put accomplir le ḥajj, la route étant devenue dangereuse et Fakhr al-Mulk absent, occupé à restaurer les territoires.
Au cours de la même année, la monarchie omeyyade fut rétablie en al-Andalus ; Sulaymân b. al-Ḥakam b. Sulaymân b. ʿAbd al-Raḥmân al-Nāṣir al-Umawî en assuma le pouvoir, reçut le laqab de al-Mustaʿîn bi-Llâh et la population de Cordoue lui prêta serment d’allégeance (1).
La même année mourut Bahāʾ al-Dawla Abû Naṣr Fîrûz b. ʿAḍud al-Dawla b. Bûyah, Daylamite, souverain de Bagdad et d’autres territoires ; son fils Sulṭân al-Dawla Abû Shujāʿ lui succéda (2).
Cette année encore disparut le grand roi des Turcs, Īlik Khān (3) ; son frère Tughān Khān prit la direction de leurs affaires.
La même année, Shams al-Maʿālī Qâbûs b. Washmkîr (4) périt : on l’enferma dans une pièce glaciale au cœur de l’hiver, sans le moindre vêtement, et il y expira. Son fils Manûchihr lui succéda, reçut le laqab de Falak al-Maʿālî et fit prononcer la khuṭba au nom de Maḥmûd b. Subuktigîn. Shams al-Maʿālī Qâbûs était un savant éminent, homme de lettres et poète. De ses vers, citons :
Dis à celui qui nous blâme des caprices d’un destin trompeur,
Que le sort ne s’acharne jamais que contre l’homme de grand honneur.
Vois : sur les flots de la mer flottent les dépouilles sans valeur,
Tandis qu’au plus profond reposent les perles, trésors de splendeur.
Parmi ses pièces choisies, on relève encore :
Les éclats de ton souvenir apaisent et troublent mon âme,
Je les laisse couler doucement au secret de mon âme.
Il n’est membre en mon être qui ne brûle de la même flamme,
Comme si tout mon corps n’était qu’un seul cœur gagné par la flamme.
Parmi les notables qui s’éteignirent également cette année figure Aḥmad (5) b. ʿAlī, Abû al-Ḥasan al-Battî (6) ; il tenait la plume pour le calife al-Qādir lorsqu’il se trouvait à al-Baṭîḥa, puis rédigea pour lui au dîwân.