Mention de la remise en cause de la filiation des Fatimides par les imams de Bagdad et d’autres régions
Au mois de Rabîʿ al-Âkhir de cette même année, furent rédigés à Bagdad des procès-verbaux contenant l’attaque et la critique de la filiation des califes (1) – les rois d’Égypte – qui prétendent se rattacher aux Fatimides, alors qu’il n’en est rien. Leur ascendance remonterait, en réalité, à Dayṣân b. Saʿîd al-Khurramî (2). À cet effet, un groupe de savants, de juges, de jurisconsultes, de notables, d’éminents personnages, de traditionnistes, d’hommes dont la probité est attestée et de pieux rédigea des déclarations.
Tous attestèrent que le prétendant apparu en Égypte n’est autre que Manṣûr b. Nizâr, surnommé « al-Ḥâkim » – qu’Allah le voue à la ruine, à la destruction, à l’opprobre, au châtiment et à l’anéantissement – fils de Maʿadd b. Ismâʿîl b. ʿAbd ar-Raḥmân b. Saʿîd – qu’Allah ne l’agrée point – ; lorsqu’il atteignit les contrées du Maghreb, il prit le nom de ʿUbayd-Allah et se fit appeler « al-Mahdî ».
Ils déclarèrent [aussi] que ses prédécesseurs furent des imposteurs khârijites, dépourvus de tout lien de parenté avec la descendance de ʿAlî b. Abî Ṭâlib ﷺ, et ne tenant de lui aucun rattachement ; qu’ʿAlî b. Abî Ṭâlib est exempt de leur fausseté, et que la filiation qu’ils revendiquent à son égard est pure imposture et mensonge.
Ils affirmèrent, en outre, ignorer qu’aucun membre des maisons tâlibites se soit jamais retenu de déclarer, sans réserve, à propos de ces khârijites qu’ils sont des prétendants [menteurs].
Cette dénonciation de leur mensonge était, en effet, notoire dans les Deux Sanctuaires et, dès les débuts de leur mouvement au Maghreb, si largement répandue qu’elle empêchait quiconque d’être trompé par leurs mensonges ou de se laisser aller à les croire [dans leurs prétentions].
Ils témoignèrent également que ce prétendant d’Égypte, ainsi que ses aïeux, sont des mécréants, des pervers scélérats, athées zindîqs, négateurs de l’islam, adhérant à la doctrine dualiste (3) et au mazdéisme (4) ; qu’ils ont aboli les peines légales, rendu licites les parties honteuses, autorisé l’alcool, répandu le sang, insulté les prophètes, maudit les pieux prédécesseurs et revendiqué la divinité.
L’acte fut rédigé en Rabîʿ al-Âkhir de l’an quatre-cent-deux, et un grand nombre de personnes y apposèrent leur signature.
Parmi les ʿAlawites figurèrent : al-Murtadâ (5), al-Raḍî (6), Ibn al-Azraq al-Mûsawî, Abû Ṭâhir b. Abî Ṭayyib, et Muḥammad b. Muḥammad b