• ʿAmīd al-Juyūsh [le ministre] (1) al-Ḥusayn (2) ibn Abī Jaʿfar Ustādh Hurmuz, Abū ʿAlī, vizir de Bahāʾ al-Dawla. Il naquit en l’an trois-cent-cinquante, et son père comptait parmi les chambellans de ʿAḍud al-Dawla. Bahāʾ al-Dawla le nomma à la tête de son vizirat en 392. Les troubles étant alors nombreux et répandus, il pacifia le pays, inspira la crainte aux ʿayyārīn, et les affaires se stabilisèrent sous son autorité. Il ordonna à l’un de ses serviteurs de porter un plateau découvert rempli d’argent (3) d’un bout à l’autre de Bagdad, en pénétrant dans toutes ses ruelles ; si quelqu’un l’arrêtait, il devait le lui remettre et noter l’endroit. Le serviteur s’exécuta, et personne ne l’intercepta ; [le ministre] loua alors Allah et Le glorifia. Il interdit aux Râfiḍa les lamentations qu’ils faisaient d’ordinaire le jour de ʿĀshūrāʾ, ainsi que la célébration de la fête innovée – et la joie qu’ils y manifestent – le dix-huit de Dhū l-Ḥijja, appelée « fête de Ghadīr Khumm » (4). Il fut un gouvernant juste et équitable.
• Abū ʿUbayd al-Harawī (5), « l’auteur des Gharībayn » (6), Aḥmad ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn Abī ʿUbayd al-ʿAbdī, éminent philologue, figurait parmi les savants de référence en littérature et en langue. Son ouvrage « al-Gharībayn », consacré aux termes rares du Coran et du Ḥadith, atteste de son érudition et de sa profonde maîtrise dans ce domaine. Il fut l’élève d’Abū Manṣūr al-Azharī (7). Ibn Khallikān (8) rapporte qu’il aimait la tenue modeste, qu’il se livrait à certaines libations dans la solitude, et qu’il fréquentait les gens de lettres.
(1) Al-Muntaẓim (7/252), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (9/174-225), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (17/230), Al-Nujūm al-Zāhira (4/228), Shudhūr al-Dhahab (3/160). Dans une autre édition : cette biographie apparaît avant la précédente sans ajout ni omission notable.
(2) Dans cette édition : « al-Ḥasan » est une altération, d'après les sources que nous avons confirmées pour sa biographie (Bachār).
(3) Dans cette édition et dans les Siyar : « dirhams ».
(4) Ghadīr Khumm : une vallée entre La Mecque et Médine, où le Messager de Dieu ﷺ dit devant un groupe de Compagnons : « Ne savez-vous pas que je suis plus proche des croyants d’eux-mêmes ? » Ils répondirent : « Oui, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Celui dont je suis le maître (mawlā), celui-ci en est aussi le maître. Ô Dieu, sois l’ami de celui qui lui est ami, et l’ennemi de celui qui lui est ennemi. » Ce hadith est rapporté par Ahmad dans son Musnad (4/370), n° 19302, par sa chaîne de transmission jusqu’à Fitra d’Abu Ṭufayl. Il dit : « ʿAlī rassembla les gens à la plaine (al-Raḥba), puis leur dit : “Je jure par Dieu que tout homme musulman a entendu le Messager de Dieu ﷺ dire ce jour à Ghadīr Khumm...” » Le hadith est mentionné également par Ibn Ḥibbān, n° 6931, rapporté de ʿAlī, et il est authentique. Ahmad le rapporte aussi sous le n° 19279, et al-Tirmidhī sous le n° 3713 du témoignage de Zayd ibn Arqam ; ce hadith est authentique d’après ses chaînes et ses preuves (ʿaẓm).
(5) Wafayāt al-Aʿyān (1/90), Ṭabaqāt al-Subkī (4/84), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (17/146), Al-Nujūm al-Zāhira (4/228), al-Wāfī bial-Wafayāt (8/114), Shudhūr al-Dhahab (3/161).
Ibn Khallikān dit : « Al-Harawī, avec une ouverture du hāʾ et du rāʾ, renvoie à Harāt, l’une des grandes villes du Khurāsān. Elle fut conquise pacifiquement par al-Ahnaf ibn Qays de la part de ʿAbd Allāh ibn ʿĀmir. »
(6) Kitāb al-Gharībīn : son auteur rassembla les mots bizarres du Coran et du hadith, les classa selon l’ordre alphabétique, et réunit ce qui en ressort des livres précédents, produisant ainsi un ouvrage complet sur al-Ḥasan. Kashf al-Ẓunūn (2/1206).
(7) Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Azhar, savant en linguistique, décédé en 370 H. Wafayāt al-Aʿyān (4/334).
(8) Wafayāt al-Aʿyān (1/95).
(9) C’est-à-dire : ce qui est destiné à être porté comme vêtement (ʿaẓm).